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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 21:46
Je travaillais dans une clinique où, à côté du travail quotidien, j'assurais pas mal de gardes de nuit et de week-end.
Je voyais tout passer, le pire comme le meilleur, le chiot amené le samedi soir à 23 heures parce qu'il avait d'affreuses démangeaisons depuis une semaine, les gens qui viennent frapper le dimanche midi pour acheter une plaquette de médicaments, les animaux tapés par des voitures, chiens mutilés par des sangliers... Des gens gentils, des gens pénibles, des stressés, des stressants...
Je me souviens d'un vieux caniche noir que j'avais soigné tout un week end. Il avait une diarrhée hémorragique et mal au ventre. Il trottinait sagement derrière moi quand je le sortais. Il se couchait sur le dos et je caressais un moment son ventre rondouillard aux poils clairsemés avant de le laisser dans sa cage. Il grondouillait doucement comme si ça lui avait fait du bien. Ça me faisait un peu de peine, d'ailleurs, de le laisser en cage (
mais bon, on ne va pas ramener tout le monde dans son propre lit...) ... Rentré à la clinique en bien mauvais état, il est ressorti sur ses quatre pattes  derrière une mamie toute contente.

Un soir les policiers municipaux de Moyennevilledistantede20km m'ont appellée en me disant qu'ils avaient trouvé un porc, que pouvaient-ils en faire ?
— "Alors, vous prenez la voie rapide direction M..., vous sortez à la deuxième sortie de F...., vous passez le rond point et c'est la première à gauche !"

J'ai donc ainsi récupéré un porc noir chinois grassouillet plein de doubles mentons au premier soir d'un grand WE.
Le mettre en cage n'était pas un souci.
Le nourrir.... ??? Euh... C'est omnivore, un porc, non ?  Alors, si ça veut manger, ça mangera des croquettes pour chien. Et ça boira de l'eau. Ensuite fallait le sortir pour qu' "il" fasse ses besoins. On avait plein de colliers pour chiens récupérés dans une caisse. J'ai fini par en attacher deux ensembles dont j'ai ceinturé le corps de la bestiole (Ben oui, parce qu'il n'avait quasiment pas de cou, mon porcchinois !). Celle-ci ne voulait généralement pas avancer et je la portais plus souvent qu'autre chose.
Un peu de stress en constatant que, si elle (j'ai appris par la suite que c'était "elle") urinait abondamment, en revanche elle n'émettait aucun besoin solide : "Ne vas pas me faire une occlusion, toi !" me disais-je en la regardant... Pour que le transit se fasse, il faut remuer tout ça (sinon la pulpe elle reste au fond !) donc qui est-ce qui s'est coltiné de ballader (à reculons en ce qui la concernait le plus souvent) la bestiole ? Ben oui, moi.
Gros soulagement quand au soir du troisième jour elle a enfin posé un magnifique besoin bien formé.
Le quatrième jour, je n'étais pas là quand son maître, prévenu par une annonce publiée dans le quotidien régional est venu la chercher. Il parait qu'elle s'appellait Peggy et qu'elle a grogné de "plaisir" en le voyant.

Un jour j'ai hospitalisé un petit terrier femelle qui ne parvenait pas à mettre ses chiots au monde.
Je l'ai placée en cage avec une perfusion et j'ai laissé à côté de la cage la boite de gants d'examen dont je savais que je ferais grand usage,
ainsi que divers médicaments aptes à favoriser le travail. Ça m'a évité de courir partout dans les heures qui ont suivi.
Je suis parvenue, à force d'injections et de patience, à faire naître quatre petits chiots femellles superbes et en bonne santé. Vingt-quatre heures aprés, j'ai dû déchanter : le cinquième n'avait pas l'intention de m'épargner la césarienne.
C'était un petit mâle (Oserais-je préciser le commentaire que je me suis fait en le retournant ? C'était "Pffffft, j'aurais dû m'en douter..." ;-) ), né en pleine forme. J'étais contente de moi ! La maman, à peine éveillée, a continué à allaiter tout ce petit monde sans se poser de questions (c'est un privilège humain, ça, de se poser des questions...).

Une autre fois encore, j'ai hospitalisé, en début d'aprés midi un rat femelle de deux ans et demi, ce qui en faisait un rat trés âgé. Elle avait perdu du sang par la vulve ; par ailleurs, elle avait fait crac-crac avec le rat mâle du petit ami de sa maîtresse (tout le monde a suivi ?) quelques temps auparavant.
À la palpation, elle semblait tout ce qu'il y a de plus gestante (on parle de "gestation" et de "mise-bas" pour les animaux, les termes "grossesse" et SURTOUT "accouchement" étant réservés à la Femme).
J'avais plein de monde et j'étais trés sceptique sur ses chances de survie. J'ai tenté des injections pour faire sortir les petits, sans succés.
Le soir je n'ai eu fini de travailler qu'à 21 heures et je n'avais aucune envie de pratiquer une césarienne sur un animal ayant peu de chances de survie. Mais ces maîtres y tenaient beaucoup. Je me suis plongée dans mes bouquins pour trouver un protocole d'anesthésie (on n'endort pas un rat tous les jours et personne ne peut tout savoir...). J'ai placé ma ratte sur des bouillottes avant la chirurgie. J'ai extirpé un unique ratton énorme (et malheureusement décédé :(( ) et bien tout refermé. J'ai perfusé ma ratte sous la peau avec du sérum tiède pour l'aider à éliminer l'anesthésie, et je l'ai laissée sur des bouillottes se bagarrer. (Quelqu'un d'autre la surveillait de nuit.)
Je suis repassée au matin ; elle était toujours sous l'effet de l'anesthésie mais vivante. Reperfusion SC, re-bouillottes.
Elle a mis trois jours à se réveiller. Ses maîtres étaient heureux.

Des fois, oui, des fois, c'est un chouette boulot...

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Published by Dragon d'eau - dans Boulot
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