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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 13:47
C'est marrant quand même.
Quand j'étais en classe préparatoire, j'avais entendu un jour une de mes camarades dire que plus tard elle se dépêcherait d'oublier ces années de prépa et quelle galère elles avaient représenté. Et je m'étais fait tout de suite la réflexion que, moi, non, je ne penserais jamais ainsi.
Je savais déjà que dans ces deux années il y aurait des moments et des gens à conserver.
À cette époque ("que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître") la classe prépa était censée durer un an. La plupart d'entre nous la redoublaient, devenant ainsi des "carrés" ou même la triplaient (devenant des "cubes"). Comme sanction : le concours d'entrée en école vétérinaire, qui avait lieu en mai pour les écrits et en juin pour les oraux. Environ un quart de reçus (de mémoire, qui peut bien évidemment me tromper) à cette époque.
Mes parents étant profs, nous avions triché dans mes dossiers de candidature en classe prépa. Triché un peu, pas beaucoup : Le candidat au bac devait choisir trois classes prépa dans lesquelles il (elle...) souhaitait être admis. Le dossier était soumis au comité de sélection de la première prépa : soit il était accepté soit le dossier partait vers le comité de sélection du second choix et idem vers le troisième choix. Si aucun des trois comités de sélection ne "voulait" du candidat, celui-ci devait dire "au revoir" à ses espoirs d'entrer en prépa cette année-là.
Mes parents trouvaient mes résultats un tantinet moyen pour quelqu'un qui voulait passer ce concours là ; aussi avions rédigé en fait trois dossiers rigoureusement semblables qui avaient chacun été adressés à une seule prépa. Le résultat était finalement le même, c'est à dire que le dossier avait été au total soumis à trois prépas mais il y avait été soumis en simultané au lieu de passer de l'une aux suivantes.
Et j'aurais (au conditionnel) finalement été admise dans les trois. J'ai choisi les premiers à avoir répondu et qui étaient également mon premier choix.
J'avais 17 ans et 11 mois et ce jour là maman m'a demandé de descendre dans le bureau de papa qui avait quelque chose à me dire.
Nous deux arrivées en bas, papa a un peu bougonné, et c'est elle qui lui a suggéré de me dire ce que le professeur principal de la prépa de Tours avait dit au téléphone.
Le brave homme avait en effet téléphoné pour demander si réellement je n'avais qu'un seul choix de prépa (voir mes explications précédentes) et dire que, de toutes façons, j'étais prise. J'étais toute heureuse.
La fille d'une collègue de maman se trouvait dans la même prépa et c'est par elle également que j'avais trouvé mon logement : une grande et belle chambre dans un hotel particulier appartenant à un couple de retraités, lui ancien médecin, elle ayant probablement élevé leurs sept enfants..
J'y ai vécu deux ans. J'étais interne externée (me semble que c'était l'expression usitée), c'est à dire que je prenais tous mes repas au lycée tout en vivant au dehors. À l'époque, l'internat du LDT était réservé aux garçons.
Et je garde un bon souvenir de ces deux années.
Certes il y avait beaucoup de travail, beaucoup d'incertitudes, de la fatigue. Mais j'étais motivée. Je terminais les cours affamée et rentrée chez moi je me préparais un thé bouillant avec lequel je mangeais des petits cake d'une certaine marque tout en commençant à travailler.  Le soir je quittais la table du repas trés vite et rentrais seule en me disant qu'une bonne soirée de travail m'attendait.
Nous avions une petite salle de travail "véto" au troisième étage du batiment central ; la première semaine, le prof de physique avait posé un problème pour lequel la définition d'un terme manquait à tout les bizuths. Mais dès les premier soir elle était affichée sur le tableau de cette sallle...
Je n'ai pas connu d'esprit concours mais de la solidarité et de jolis moments. Comme cette fois où j'avais laissé un sac quelques heures à deux garçons internes et où, étant passée le chercher, j'avais subitement été entourée d'une dizaine d'internes rigolards "Hé ! Une aventure dans l'air ! Dragon d'eau drague Robin ou Thomas ! Lequel des deux ? Hé Dragon d'eau tu nous avais caché ça !!!!" C'était spontané et sympa.
Nous avions des "colles" deux fois par semaine. Je n'ai jamais été régulièrement brillante mais une fois j'ai eu un sujet qui m'a bien convenu et pour lequel j'ai trouvé un plan original. Mr G, souriant largement, m'a félicitée et mis un 17. Robin qui préparait à côté son propre sujet m'a gentiment charriée aprés. Il était content pour moi et ça se voyait.
Un samedi des premiers temps j'ai reçu un paquet au lycée. J'ai été le chercher durant la récréation. Un paquet plat avec l'écriture de maman dessus. Je l'ai ouvert, juste un peu, pour voir qu'il y avait une tarte dedans. Une belle tarte — techniquement en fait une tourte — maison, aux pommes, feuillettée. J'avais cours de français aprés, je suis arrivée légèrement en retard toute contente et mon paquet serré contre moi. Le regard de Mdlle DLM, notre fantastique prof, montrait qu'elle comprenait ce que signifiait ce paquet pour moi.
Il y avait des bacs blancs, notamment dans la pèriode de Noël. Je me souviens de l'amphi avec un sapin de Noël dedans et de l'atmosphère studieuse qui régnait. Je me souviens d'une pause entre deux épreuves, et j'avais été chercher le courrier et j'avais deux cartes.
Il y a eu des tas de bons moments, et même si ce n'avait pas été le cas ? Rires ou larmes, tristesse ou bonheur, tout ce que nous vivons nous construit. Pourquoi vouloir oublier ces moments...

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Published by Dragon d'eau - dans Boulot
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