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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 00:04
Moi je savais quelle était ma place et j'y étais déjà.
L'avion a décollé et j'ai regardé l'altimètre grimper en essayant de calmer mes angoisses latentes.
À 2200 m nous avons laché un premier sauteur.
À 4000, tous les autres sont partis. Au signal de R...., je me suis accroupie à la porte, face au froid et au vent. À son signal j'ai sauté. Et là, magie, j'ai trouvé mes appuis, je me suis sentie bien. Et du coup j'ai bossé. Sans réaliser que R.... ne passait pas devant moi. J'ai tourné à droite et à gauche, j'ai contrôlé mon alti. À 2000 mètres je suis devenue plus vigilente, à 1500 j'ai tiré la poignée et vu R.... disparaître en dessous de moi.
J'ai fait mon circuit sous voile en voyant du dessus le VSAV des pompiers et avec l'idée que ce serait con qu'il faille en appeller un autre pour moi.
Je les ai vu partir lentement, j'ai atterri face au vent, comme d'habitude j'ai arrondi trop tôt et me suis laissé couler en souplesse. Je me suis relevée toute contente : pas besoin de VSAV pour moi !!!!

Devant R..., aprés, j'avais envie de rire et en même temps de rougir. Parce que je suis d'un côté, contente et fière d'avoir fait un beau saut tel que celui-ci. De l'autre, ben, un élève qui ne respecte pas les consignes, comme il me l'a longuement expliqué, c'est pas bien et ça l'oblige lui à se poser des questions et à se préoccuper de ma sécurité. Je comprends trés bien que ce ne soit pas glop du tout pour lui. Il a a été très gentil, trés pédagogue, et ça me change de certains de mes instructeurs de plongée qui parfois étaient fort durs en sortant de l'eau (souvenir d'avoir retenu mes larmes au retour de certaines plongées et parfois pas retenu les dites larmes).
Mais ça donne un peu honte. D'autant que L (voir ici qui est L) assistait au debriefing et que plus tard R... en a reparlé devant Franck. Et d'un autre côté je me dis que je me suis prise en charge, que j'ai géré ma chûte et fait des exercices et c'est pas mal. Bref, je suis partagée entre un peu de "honte" et la fierté. Et j'ai hâte de recommencer même si je sais que j'aurai à nouveau la frousse dans l'avion.
Et puis ce matin, météo bloquée. J'en discute avec R.... qui me dit gentiment qu'il pense que c'est foutu pour aujourd'hui et me conseille, la saison étant quasi terminée et le froid là, de reprendre l'an prochain. Il me confirme ce que je pensais, que je ne terminerai pas ma PAC dans les six sauts prévus. Donc, effectivement, on tombe d'accord qu'il sera préférable de reprendre en Avril-Mai, quand la météo sera bonne et que je pourrai prévoir plusieurs sauts d'affilée, dans de meilleures conditions car tout de même il fait froid en haut...




Avant de partir, je regarde N plier son parachute de base-jump.

BluesMontaud-0006.jpg
Photo site de la Fédération française de parachutisme.

Il m'a montré la veille, à moi et quelques autres présents, une vidéo où on les voyait, lui et quelques autres, sauter de je ne sais quel pont. Il a attiré notre attention sur le fait qu'il avait son hand-deploy (petit sachet en voile attaché à la poignée de déclenchement du parachute et dont le déploiement assure l'ouverture de la voile) à la main en sautant afin que l'ouverture soit plus rapide.

Je le regarde plier. Sur une question de ma part, il m'explique qu'il plie son "piège" comme un parachute de secours. [NB les parachutes "classiques" comportent toujours une voile principale et une voile de secours. la voile principale est celle classiquement utilisée. En cas de problème, elle est larguée et la voile de secours est ouverte. On considère donc que la voile de secours est LA voile salvatrice. Donc elle doit être pliée de façon à se déployer trés vite car si on tarde à effectuer la PDS, procédure de secours, on peut être assez bas quand on l'effectue et également de façon à ce qu'il n'y ait AUCUN risque de mauvais déploiement. Elle n'est pliée que par des gens ayant reçu une formation spéciale et selon une technique spéciale également.]
Toujours le regardant faire (au milieu du hangar désert et glacial en ce jour où on sent pointer l'hiver), je l'interroge sur l'usage de la dénomination "piège" pour un parachute : est-elle utilisée pour tous les parachutes ou seulement pour ceux de base-jump ?
Il rit et me répond qu'elle est utilisée pour tous les parachutes parce qu'une fois que l'on a testé le saut en parachute, on est piégé, on ne peut pas revenir en arrière.
Sur cette phrase qui est dans mon cas parfaitement avérée, suite au prochain numéro...

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commentaires

Driol 14/01/2008 09:10

Bonjour,
Sur la photo je ne pense pas que se soit un parachute, certainement un parapente.
Ton blog est bien, agréable et varié, mais piquer des photos c'est pas bien !
Voici mon blog de parachutiste : http://miss-air.over-blog.fr/

Bien cordialement
Jacques DRIOL

Dragon d'eau 14/01/2008 13:17

Bonjour et merci pour ton commentaireS'agissant de la photo tu as raison : en retournant sur la photothèque de l'AFP, le titre de la rubrique est bien "Parapente - parachute ascensionnel".Dis-moi, t'ai-je piqué des photos ? Si c'est le cas et que tu ne sois pas d'accord, je la retirerai (encore me faudrait-il savoir de laquelle il s'agit car j'ai un peu perdu le compte) et de plus, en ferai état publiquement...Mais, à mes yeux, mettre une photo avec, en dessous, le lien dont elle est tirée ne s'appelle pas réellement "piquer une photo"...Au plaisir de te lire... :)

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