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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 00:04
En fait, je me fais un peu de souci pour ma nièce et filleule, mademoiselle petite fleur.
Elle a 9 ans. Toute petite, elle était blonde, fine, avec de merveilleux yeux bleus, trés rieuse et culottée. Mes parents racontent de temps en temps l'avoir vu
un jour de leurs yeux horrifiés faire une glissade tête en bas le long de l'accoudoir d'un fauteuil et se relever rieuse en déclarant d'une petite voix flûtée : "Z'avez vu ? Rigolo, hein ?"
Elle grandit. Maman (la mienne) la décrit comme d'une grande, trop grande gentillesse, elle a le coeur sous la main et si je comprends bien, elle se ferait un peu manger (notamment par sa petite soeur, mademoiselle Leeloo).



Moi, ce que je constate lors de mes visites, c'est que ma petite fleur est devenue timide, qu'elle manque de confiance en elle. Elle est grassouillette (euphémisme pour dire que  le pédiatre a ordonné qu'elle perde du poids par rapport à sa taille actuelle) et affreusement gourmande.
Je la regarde et je me demande si je projette sur elle. Je me souviens très bien qu'entrée au collège, en 6ème,  j'entendais des petits condisciples m'appeller "la grosse" dans la cour. J'en ai gardé ad vitam aeternam le sentiment que j'étaisà l'époque  grassouillette et donc vilaine.

S'ajoute là dessus le fait que maman (la mienne toujours) a, objectivement, dirais-je même si il m'est difficile d'affirmer l'être, un problème avec l'embompoint. Qu'est-ce qui me permet d'affirmer ça ? Les faits suivants : un ) maman a toujours cherché à sinon perdre du moins éviter de prendre du poids. (Bon, c'est faible comme argument, nous en sommes toutes là !)
Deux, Frangine (ma soeur, la maman de Mademoiselle petite fleur), présente de gros, gros problèmes de poids et le comportement de maman à ce sujet est malheureusement trés évocateur. Je ne demande jamais à Frangine quel est son poids exact mais il suffit de la regarder pour la déclarer "obèse". Sans jugement de valeur. Son poids a une grande importance du point de vue de sa santé, mais à part ça ? Si elle est (si elle était...) heureuse malgrés ses kilos en trop, quelle importance ont ceux-ci ? On n'apprécie pas, on n'aime pas quelqu'un parce qu'il pèse 60 ou 90 kg, parce qu'il est blond ou brun, grand ou petit, mais parce qu'il est ce qu'il est.... Alors entendre maman se désoler sur le poids de sa fille ainée me désole moi-même parce qu'elle m'en parle à moi, qu'elle ne peut s'empêcher de faire sentir à Frangine qu'elle n'accepte pas son poids et comment Frangine pourrait s'apprécier et s'aimer elle-même si son entourage, sa propre mère, lui renvoient une image négative d'elle même ?

Et quand je suis à la maison, je me désole souvent des petits trucs que j'entends, qui pour quelqu'un d'hyper sensible aux nuances comme je le suis, renvoient des images négatives.... Que ce soit de Frangine ou de Mademoiselle petite fleur. Je me demande si c'était comme ça pour moi aussi quand j'étais petite. Je me dis qu'un enfant devrait pouvoir compter sur l'amour inconditionnel de ses parents, devrait pouvoir voir dans leurs yeux qu'il sera toujours dans leur coeur, qu'il soit beau, qu'il soit laid, qu'il soit gros ou mince, qu'il réussisse socio-professionnellemnt ou un peu moins.
Mais j'ai pas le sentiment que ça ait été comme ça pour moi (j'ai le sentiment depuis longtemps que j'ai sub-consciemment orienté ma vie en fonction de ce que je savais devoir faire la fierté de mes parents alors que mes aspirations actuelles qui existaient déjà sous la surface de mon adolescence m'auraient porté complètement ailleurs....) et j'ai un peu peur que ça ne soit pas comme ça pour mademoiselle petite fleur.
L'autre jour, maman m'a dit qu'elle avait de gros problèmes à l'école et donc avec ses parents. Qu'elle travaillait bien en français mais mal en maths et qu'elle ramenait toujours des punissions. Que Frangine s'était dernièrement fachée tout rouge et l'avait privé de son stage de "la passion actuelle de mademoiselle petite fleur et Mademoiselle Leeloo".
Nous en avons discuté un long moment. Maman m'a dit en être malade. Elle me dit que la petite est terriblement tête en l'air, toujours le nez sorti de ses cahiers au lieu de s'appliquer au travail. Qu'actuellement un point de non retour était atteint, qu'elle s'en foutait d'avoir des punitions.
Nous avons discuté du fait que punir sans cesse n'était pas une solution mais quelle solution préconiser ? Il est si facile de parler quand on n'est pas en situation...
Je n'ai pas osé demander si la petite était accompagnée ? Parce que, tout de même, ce qui se passe en classe est une chose, c'est le travail de la maitresse... Mais Mademoiselle petite fleur a certainement des devoirs à la maison et dans ce cas les parents (Frangine et Beau-frère pour ne pas les citer...) devraient s'en occuper... S'ils ne suivent pas le truc, ce n'est pas étonnant que les devoirs ne soient pas correctement faits.
Mais bon. maman m'en a parlé parce qu'elle en avait besoin. Moi, j'ai le sentiment que ce serait me mêler de ce qui ne me regarde pas que de poser des tas de questions à ma soeur (je lui ai demandé l'autre jour si les petites allaient bien, elle ne m'a parlé de rien, ce qui signifie, soit que le prblème est moins important que ce que dit maman, soit qu'elle ne souhaite pas m'en parler...). Il faudrait que je trouve le moyen de lui en reparler sans verser dans l'inquisition ni patauger avec de gros sabots là où on n'a pas besoin de mon intervention.


Ce qui me cause surtout souci, c'est ma Mademoiselle petite fleur.

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J'ai quelquechose à dire à son sujet. Je m'entends mal avec Frangine. Je l'aime mais que nous
sommes souvent trop différentes pour nous entendre et combien de fois en discutant avec elle, je la traite de c-n-sse en mon for intérieur parce que je ne suis pas d'accord avec elle et que ce qu'elle me dit me blesse.
Mais il y a parmi quelques autres une chose dont je lui suis reconnaissante : c'est de m'avoir fait la marraine de Mademoiselle petite fleur. Moi qui n'ai pas d'enfants et n'en aurai sans doutes pas, j'ai tout de même, indirectement, la responsabilité d'une. J'ai une héritière, que ce soit matériellement ou dans l'esprit. J'ai une petite à aimer, à choyer, qui a avec moi un lien
social particulier..
Je m'inquiète pour elle parce que je me demande si elle est heureuse. C'est bien sûr présomptueux de ma part : ce n'est pas à moi
en priorité de me soucier de ces choses là. Il n'empêche que je me pose la question et que je me dis confusément que je devrais m'occuper plus d'elle.
Mais (c'est idiot....) je ne sais pas comment. Lorsque je lui téléphone, je ne sais pas trop de quoi lui parler. Je lui pose des questions sur ce qu'elle a fait dans la journée et elle ne sait pas trop quoi me raconter.
Je voudrais lui écrire mais je ne sais pas de quoi lui parler.
OK, de toutes façons, y'a pas de secret, y'a pas de recette toute prête pour tisser des liens avec une petite princesse, c'est à moi de me creuser la tête pour y parvenir.
Si cependant certains parmi vous ont de bonnes idées...

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