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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 01:45
Pierre Pevel
Les ombres de Wielstadt /  Les masques de Wielstadt  /  Le chevalier de Wielstadt.

Pevel.jpg
"Presqu'invisible dans la tourmente hivernale, accroché à la falaise telle une gigantesque gargouille d'onyx dominant le vide et la nuit, le dragon veille.
il est immobile, assis, les serres fichées dans la pierre. Les lourds flocons qui tombent en tourbillons furieux depuis le crépuscule le recouvrent presque tout entier [...].
Les clochers de la ville proche ont déjà sonné minuit mais les heures qui ont passé sont pour le dragon des esquisses de secondes et le froid ne l'atteint pas.
Il semble attendre.
Il observe.
Car malgrés la nuit, malgrés la tempête, le dragon peut voir son territoire. [...]
Pour l'heure, par cette nuit glaciale et violente, le dernier des grands dragons d'Occident tient replié sur son flanc ses ailes de cuir.
"(1)

À l'hiver 1620, le lecteur fait ainsi la connaissance de Wielstadt, "ville immense et prospère"
(1) située sur la Rheinsee au niveau de l'estuaire du Rhin (je l'avoue je n'ai pas vérifié si ces notions géographiques sortaient de l'esprit de l'auteur ou étaient exactes). Wielstadt, protégée par un dragon et par une mystérieuse "dame en rouge", enserrée par des fortifications qui sont gardées par des centaures, la ville abrite des faunes qui cohabitent avec les humains.
Dans les premières pages du premier livre, le chevalier Kantz, recueille une fée-demoiselle poursuivie par un corbeau marqué du sceau de l'Ombre.
"Légère et gracieuse, elle mesure une douzaine de centimètres [...] Elle a replié ses ailes de libellule. Sa chevelure acajou remontée en un fouillis de chignon, elle se tient le dos bien droit, la nuque fière, comme ces ballerines n'oubliant jamais les rudiments d'une pose élégante. Une lueur, générée par elle, la nimbe. La sillouhette de son corps nu s'y dessine, un corps menu qui semble n'être qu'un peu de lumière façonnée."
(1) La petite fée est l'une des héroïnes de la trilogie. Personnage féminin muet, follet, qui refuse obstinément d'être nommée "clochette" dans le premier livre et sera baptisée "Chandelle", elle se dévoue à Kantz et le suivra avec fidélité, lui apportant parfois son concours pas forcément délibéré mais toujours utile.
Le chevalier Kantz est LE héros des trois récits.
"[...] un visage maigre, grave, marqué par la fatigue. Ses joues étaient râpeuses ; sa moustache et son bouc méritaient d'être rafraichis. L'homme devait avoir dépassé la quarantaine. Ses tempes grisonnaient sous la masse de ses cheveux noirs assez longs pour caresser le col largement étalé de sa chemise mousquetaire. Il était [grand], trés mince, le corps sec. Mais ce n'était pas sa stature ni son allure qui frappaient l'imagination [...]. C'était le feu terrible et calme de ses yeux gris, c'était ce regard qui vous pénétrait l'être, tisonnait l'âme, et laissait dans la mémoire comme la marque incandescente d'...."
(1)
C'est un personnage mystérieux, dont nul ne sait s'il a été prêtre ou homme d'arme avant de s'installer à Wielstadt où il vit dans une petite maison, entouré d'une vieille servante dévouée, Heide, et d'un valet, Stephan.
Armé d'une rapière que nul sauf lui ne peut dégainer, d'un pentacle sacré tatoué dans le creux de sa main gauche, d'une piété silencieuse et pas forcément sereine, Kantz mène, parfois seul, parfois aidé des chevaliers du temple, du Lieutenant criminel Von Regenhalt, chargé de veiller sur la paix de la cité, du Roi misère, une croisade patiente et obstinée contre les forces de l'Ombre.
chev-Wielst.jpg








Et des forces de l'Ombre, il y en a, à Wielstadt : goules ressuscitées d'entres les morts, profanateurs de tombes, voleurs, violeurs, assassins, démons, dont certains employés par la Sainte Vehme, mystérieuse organisation secrète "fondée au XIIIème siècle pour se substituer  aux autorités judiciaires défaillantes, dans une Westphalie
abandonnée à l'anarchie et au brigandage. Kantz, qui avait affronté la Vehme et ses sbires à plusieurs reprises ces dernières années, [...] savait en tous cas qu'elle n'était pas le tribunal intègre et rigoureux, épris de morale et soucieux d'ordre public, qu'elle prétendait être. Elle était un instrument de pouvoir au service des ambitions politiques de ses membres les plus éminents. Le chevalier soupçonnait en outre que des démons incarnés avaient, à Wielstadt, infiltré le sommet de sa hiérarchie.
Mais dans quel but ?
"
(1)
Des bas-fonds de Wielstadt où vit la Cour du Roi-misère aux hôtels particuliers de certains personnages avec lesquels il a affaire, en passant par la modeste chaumière dans laquelle il vit, le Chevalier nous fait découvrir une cité et sa vie médiévales tissées de fantastique, mélange de réalité historique, de merveilleux ou d'affreux...
Dans le dernier livre, le lecteur apprend entre deux lignes qui est réellement le Chevalier, comment il est devenu ce justicier implacable et si humain et comment...

"—  Et Liliana est la dernière d'entre nous. La dernière de vos protégés. La dernière des Hénokiens.
— Oui.
Alors prenez grand soin d'elle, Michel. Elle sauvera peut-être le monde. Quant à moi, mon rôle s'achève ici.
— Tu ne comprends donc pas que, si tu renonces, Lilith a gagné ?
Mais bien sûr, que Lilith a gagné" ricana tristement Kantz.
D'un claquement de langue, il lança sa monture au trot.
"Au revoir, Chandelle."
[...]

Comme prise de panique, Chandelle vola en direction de Kantz, s'arrêta, revint vers Liliana et le Pélerin.
Elle hésita, alla dans un sens puis dans l'autre, finit par s'immobiliser en l'air en jetant des regards éperdus au chevalier qui s'éloignait pour toujours, et à la gamine qui restait immobile et impassible.
Le coeur serré et l'âme à la torture, il lui fallait pourtant bien faire un choix.

Maintenant.
"
(1)masques-Wielst.jpg

Je ne sais pas si mes pauvres mots auront pu donner envie à quelques uns de lire ces trois petits bouquins que je possède en éditions Pocket Fantasy mais personnellement je les ai trouvés vraiment sympathiques à lire, bien menés, avec des personnages trés attachants et un humour parfois merveilleux. Alors c'est clair, c'est pas Guerre et Paix dont je ne me suis jamais approchée à moins d'un mètre (ou alors c'était en toute inconscience), ça se termine comme ça se termine, on choisit pas (moi j'aime bien les z-histoires qui finissent biennnnnnnnnnnnnnnnnnnnn-moue boudeuse)  mais l'ensemble est réellement attachant et figure désormais en bonne place parmi mes livres les plus lus et relus... [Ce qui me fait penser qu'il y a une autre histoire de dragons qu'il faudra que je conte mais là je ne suis pas tirée d'affaires....].


(1) donc, citations tirées de l'une ou l'autre des trois oeuvres ici citées de Pierre Pevel  que sont : "Les ombres de Wielstadt /  Les masques de Wielstadt  /  Le chevalier de Wielstadt."

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commentaires

Spierre 04/12/2007 21:01

ah y est j'ai lu le premier, "Les ombres de Wielstadat"... et j'ai aimé, oui, on s'attache à cet univers et ses personnages, et heureusement qu'il y a une suite sinon je crois qu'on resterait sur sa faim. Enfin ce sera peut-être le cas de toute façon !

Dragon d'eau 04/12/2007 23:07

Ah, contente que ça t'ait plu ! ;)

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