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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 01:14
dont j'avais commencé à parler ici...
Je ne m'étendrai pas plus sur "Passages" que j'ai donc lu, qui m'a déçue au début, plu au milieu, déçue à nouveau vers la fin. Je verrai si j'ai envie de le relire et si, en le relisant, le déclic se fait.
Mais laissez-moi vous faire un long (ou peut-être pas, laissons-courir les doigts sur le clavier....) commentaire de  "Sans parler du chien".

sans_parler_chien.jpg

Ce livre repose sur le thème du voyage dans le temps et du paradoxe temporel. C'est une quête et également un roman d'amour. Il regorge de dialogues, de situations savoureuses et magistralement traitées.

Personnellement, je l'adore et le relis régulièrement. Mais par exemple, mon père qui me l'a emprunté ne l'a pas fini. Il l'a trouvé lent, sans action, sans progression, essoufflant. [Et c'est d'ailleurs un peu ce que j'ai ressenti à la lecture de "Passages" donc à voir si en y revenant je change d'avis ou pas, donc. À ce sujet, mon père, donc, passé chez moi en mon absence, vient de me dire au téléphone qu'il m'avait piqué "Passages". Marrant.]

Voyons l'histoire : En (flute, en quelle année, déjà ? Elle commence mal ma fiche de lecture ! Bon, là comme ça de tête, je dirais en) 2057, le monde et la société ont bien évolué. Parmi ces changements, la découverte de la possibilité de voyage dans le temps qui est toujours l'objet de programmes d'études par les historiens, la vente de nombreux sites religieux et leur transformation en des établissements de destinations variées et également l'éradication de l'espèce féline par un leptovirus.
Mais tous ces éléments sont bien, je crois, à peu prés tout ce que nous apprendrons sur l'époque dite contemporaine, et le lecteur les apprend ou les déduit au fil des pages.
En effet quasiment  tout le livre a lieu dans le passé avec quelques sauts dans le "présent".

Ned Henry, un jeune historien, participe à un programme de recherches sur le voyage dans le temps, programme subventionné par Lady Schrapnell, une dame qui s'est mariée avec un pair du royaume, devenant ainsi une lady, et qu'une obsession anime.

Au début de l'histoire, donc, Ned est en train de fouiller les ruines de la cathédrale de Coventry (détruite par un bombardement
comme chacun sait) avec un collègue du nom de Carruthers.
    (Carruthers) — La véritable énigme, c'est pourquoi reconstruire la cathédrale de Coventry l'obsède à ce point.
    (Ned) — Son arrière-arrière-arrière-grand-mère l'a visitée et...
   (Carruthers) —  Je sais, je sais, cette expérience a bouleversé son existence. Et le jour où Lady Schrapnell a lu son journal intime, c'est sa vie qui a été bouleversée à son tour. Elle a aussitôt décidé de faire rebâtir les lieux tels qu'ils étaient avant l'incendie, en mémoire d'etc. Elle me l'a dit une centaine de fois. Et aussi que Dieu...
    (Ned) —  ...est dans les détails. J'ai horreur de cette citation.

L'ancienne cathédrale en voie d'être reconstruite, l'attention de Lady Schrapnell se focalise, donc, sur les détails, et notamment l'un :  retrouver l'objet dont la vision a changé la vie de son arrière-arrière-arrière-grand-mère, un beau jour de juin 1888, à Coventry, lors de sa visite de la cathédrale. Cet objet, c'est un vase, ou plutôt une urne cinéraire, qui a disparu dans l'incendie de la cathédrale de Coventry, en juin 1940.

Comment a-t-on appris que cet objet avait changé la vie de l'arrière-arrière-arrière-grand-mère de Lady Schrapnell ? Parce que celle-ci, qui se trouvait être une toute jeune femme en fleur surnommée Tossie , rédigeait un journal, dans lequel elle a expliqué le fait.
    (Ned) — Un instant. Pourquoi vous a-t-on envoyé ici ? [Ned a retrouvé dans le passé Verity, une magnifique jeune femme travaillant pour le même service que lui, mais qu'il ne connaissait pas auparavant...]
     (Verity) — Pour lire le journal de Tossie. Lady Schrapnell estime qu'il peut contenir des indices sur le lieu où se trouve la potiche de l'évêque.
J'aurais dû me douter qu'il était impossible de lui échapper aussi facilement.
    (Ned) — Quel est le lien entre Tossie et ce vase ?
    Une pensée me glaça.
    (Ned) — Ne me dites pas qu'elle est l'arrière-arrière-grand-mère  de Lady Schrapnell !
  (Verity) —  Arrière-arrière-arrière-grand-mère... C'est au cours de l'été 1888 qu'elle est allée à Coventry et a vu la potiche de l'évêque...
     (Ned)   Ce qui a bouleversé sa vie.
     (Verity) — En effet. Elle s'est ensuite constamment référé à cet évènement dans les journaux intimes qu'elle a tenus jusqu'à la fin de ses jours, ou presque. Ces écrits qui ont à leur tour boulversé la vie de Lady Schrapnell...
      (Ned)   Et les nôtres.

Au début de l'histoire, donc, Ned est en train de fouiller les ruines de la cathédrale. 
Complètement déphasé par un trop grand nombre de voyage dans le temps, il est rapatrié en urgence dans son propre temps et hospitalisé.
    J'eus une pensée et demandai avec espoir :
    (Ned) —  Pourriez vous me faire admettre à l'hôpital ? En isolement, une chose  de  ce  genre ?  [...]
    (L'infirmière) — En isolement ? Le déphasage temporel n'est pas une maladie contagieuse mais un simple déséquilibre biochimique dû au dérèglement de l'horlge et de l'oreille interne. Vous n'avez pas besoin d'un traitement médical, seulement  de repos.... à notre époque.

Sachant que Lady Schrapnell viendra sans tarder l'extraire de son lit d'hôpital pour le renvoyer dans le passé, Ned s'évade alors de l'hôpital et va demander du secours à son supèrieur hiérarchique qui lui confie une mission : ramener dans le passé un "cab" qu'une historienne a emmené par accident vers le présent.

Aprés une préparation subliminale "éclair", Ned, doté d'un nombre ahurissant de bagages et toujours déphasé se retrouve envoyé dans le passé en n'ayant qu'une idée trés vague de sa mission, du lieu qu'il doit rejoindre aussi bien que de l'identité de son contact sur place.
Il croit trouver son contact en la personne de Terence, jeune étudiant d'origine aristocratique, désargenté, tombé amoureux d'une certaine Tossie qu'il doit retrouver à Muchings end. Terence et Ned ainsi que Cyril, le bouledogue anglais de Terence, prennent donc la tamise sur un canot, récupèrent au passage le professeur Pedding, tuteur de Terence et après quelques aventures se retrouvent finalement invités chez les parents de Tossie.

Ned y retrouve son véritable contact, Vérity, en laquelle il reconnait l'historienne ayant commis l'erreur à l'origine de sa mission. Entre-temps, il a — bien involontairement — honoré ladite mission, (qui se trouvait être de amener le chat de Tossie, une femelle nommée "Princesse Arjumand" à sa maîtresse), tout aussi involontairement empêché la rencontre de Terence avec Maud Peddick, nièce de son tuteur et enfin favorisé les fiançailles de Tossie et de Terence. Fiançailles qui n'auraient à priori pas dû survenir....
    [Ned vient de retrouver Verity et elle lui apprend tout ce qu'elle sait]
    J'étais de nouveau perdu.
    (Ned) — Pourquoi accordez-vous tant d'importance à leurs initiales ?
    (Verity) Parce que cet été — et je dis bien cet été — [Tossie] épousera un "C" et quelque chose.

Fiançailles qui pourraient également avoir un autre effet désastreux... [Tossie, Terence, Ned et Verity jouent au croquet, jeu auquel Tossie triche et au cours duquel Verity et Ned essayent simplement de s'isoler pour discuter de ce que Verity a appris au cours de son dernier "saut" au laboratoire.]
    (Ned) — [...] Qu'avez-vous appris d'autre ?
    Elle aligna son tir avec soin.
    (Verity) Qui Terence a épousé.
    (Ned) — Ne me dites pas que c'est Tossie ! [...]
   (Verity) Non, Maud Peddick. [Or, pour ceux qui ne suivent pas, Ned a influé sur le cours de l'histoire en empêchant Maud et Terence de se rencontrer...] [...]
     (Verity) Il y a pire, me dit Verity. Un de leurs petits fils, devenu pilote de la RAF, a participé au premier bombardement de Berlin.

Tandis que, dans le présent, l'équipe du laboratoire tente d'apprendre si ce pilote a eu une influence déterminante dans l'histoire mais également la date précise à laquelle Tossie a visité la cathédrale de Coventry, en 1888, Ned et Verity tentent d'influer le cours du destin. Ils apprennent le 14 juin que Tossie a visité la cathédrale le 15 et influencent Tossie et sa maman, madame Mering, pour aller visiter la dite cathédrale et mettre Tossie en présence de la potiche de l'évêque, dans l'espoir que l'histoire reprenne son cours.

    Je ne terminais pas ma phrase car je venais de la voir. [...] Une des dames de la guilde féminine des autels avait [...] fait de son mieux pour dissimuler sa partie supérieure sous de grosses pivoines tombantes, et en recouvrant de lierre les centaures ainsi qu'un des sphynx. L'éclat du neuf avait par ailleurs tendance à estomper certains détails que mettrait en relief la patine et je la trouvais moins pénible à regarder que cinquante ans plus tard.
Mais Verity ne l'avait encore jamais vue.
    (Verity) — Doux Jésus ! C'est ça ? C'est positivement hideux.
    (Ned) — Ça, nous le savions déjà. Et baissez la voix. [...]
    (Verity) Désolée.... J'ai subi un tel choc. 
    Elle me montra une des décorations, d'un doigt tremblant.
    (Verity) C'est quoi, ça ? Un chameau ?
    (Ned) Une licorne. Les chameaux sont du côté oppposé, avec Joseph vendu comme esclave et emmené en Egypte.
    (Verity) Et ça ? [...]
    (Ned) — L'exécution de Marie Stuart. Les victoriens aimaient l'art figuratif.
    (Verity) Et surchargé. Pas étonnant que Lady Schrapnell n'ait pu convaincre un artisan d'en faire une reproduction.
    (Ned) J'avais fourni des esquisses. Je crois que leur refus était fondé sur des considérations d'ordre moral.
    Verity l'examinait en inclinant le cou. [...]
    (Verity) Vous n'exagériez pas, en la déclarant indestructible. Ce n'est pas l'effondrement d'un toit qui l'ébrècherait. En outre, ne dit-on pas que ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont ? C'est une loi de la nature. Pas une seule bombe n'est tombée sur la gare St Pancras, pendant le Blitz. Pas plus que sur l'Albert Memorial. Et pour être laid, c'est laid.
    Je partageais ce point de vue.
    Tossie approcha, transportée de joie.
    (Tossie) — Oh ! Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau !
    [...] Tossie l'interrompit pour demander au vicaire :
    (Tossie) Vous le trouvez magnifique, n'est-ce pas ?
    (Le vicaire) — Certes. Voila qui démontre quels sommets peut atteindre l'art moderne. [...]
    (Tossie) Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau, dit Tossie.
    (Le vicaire) — Absolument. Il me rappelle l'Albert Memorial.
    (Tossie) — J'adore !

Malheureusement, à la fin de la journée, le constat est décevant pour Ned et Verity : Si son [Ned, qui est le narrateur, parle de Tossie] existence venait de changer, rien ne le laissait supposer.


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