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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 15:05

21-08-07-caroline-aigle.jpgPhoto SIRPA Air.

Avec un peu de retard mais non moins de sincérité, à madame le Commandant Caroline Aigle de l'Armée de l'Air française, décédée le 21 août 2007.

En 1999, lorsqu'elle a été macaronée pilote de chasse, première femme française à parvenir à ce statut, où avais-je la tête ? Dans des cahiers ? À l'amour ? Au travail ?  Car cela ne m'a laissé aucun souvenir et pourtant  le (à l'époque) Lieutenant Aigle avait dù être trés médiatisée.

J'ai appris son décés sur un forum : un membre de son ancienne base aérienne y annonçait sobrement que, bien que la nouvelle ne fut pas officielle, elle était néanmoins tristement réelle : Caroline Aigle était décédée.

.... Mais ! Elle est trés jeune cette femme ? Accident ? Maladie ? Telles sont les questions que je n'ai pu m'empêcher de me poser.
Au fil des jours qui ont suivi, par d'autres fora, blogs et témoignages, j'ai appris ce qui s'était passé, une histoire triste et néanmoins d'une certaine façon  "belle".

Dans la postface du livre qui lui a été consacré voici peu (voir lien quelques lignes plus bas), son mari parle de "témoignages qui démystifient, qui humanisent celle dont le parcours parait si extraordinaire mais dont le côté humain paraît si ordinaire" et je ne suis pas du tout d'accord : derrière le personnage "public", à la carrière fulgurante, se profile une femme dont l'on devine le côté exceptionnel.

J'espère qu'il est rare qu'une jeune femme enceinte soit atteinte d'une maladie grave et ait à  "choisir" entre laisser mourir par IVG le bébé qu'elle porte pour tenter de sauver sa propre vie ou le porter le plus longtemps possible avec des risques pour elle-même. Mais c'est ce qui s'est produit pour Caroline Aigle et elle a choisi de garder son bébé comme cela est expliqué dans le livre paru récemment sur elle ainsi d'ailleurs que dans la seule interview que, à ma connaissance, son mari ait donné à la radio.

Ce livre, je l'ai acheté et je l'ai lu. Il est court, agréable à lire, on y trouve quelques belles photos, quelques écrits de Caroline Aigle elle-même, une  préface par le Général qui lui avait décerné son macaron de pilote de chasse, une post face de son mari.

Caro-Aigle-livre.gif

J'ai trouvé néanmoins que je restais sur ma faim. J'avais parcouru en long et en large le blog d'hommages de l'armée de l'air, et ses 1391 à ce jour hommages.
S'y dessinait le portrait saisissant d'une jeune femme doté d'une formidable volonté à atteindre son rêve, qui donnait énormément au sport, qui avait laissé une trace mémorable de par son formidable parcours mais aussi comme une empreinte lumineuse dans l'esprit des gens qui l'avaient connue et qui tous parlaient de simplicité, gentillesse, douceur, amitié, chaleur humaine.

J'ai trouvé que le livre restait à la surface des choses et n'apportait que peu par rapport à tout ce que j'avais lu. En fait, il se lit un peu trop comme un article de presse, veut aborder trop de choses sur le ton de récit, je trouve, je l'ai déjà dit,  qu'on reste sur sa faim.

Reste l'appréhension de ce personnage étonnant, capable de cumuler son travail militaire à Metz, de s'occuper à cette époque en célibat géographique de son petit garçon, de continuer le sport à fortes doses et de travailler sur une thèse tout en apprenant le russe.

Cette femme dont il est dit qu'elle n'était peut-être pas un pilote exceptionnel mais qu'elle a réussi à la volonté et au travail (et ça c'est trés réconfortant pour les gens comme moi qui n'ont rien d'exceptionnel et qui savent pouvoir compter plus sur leur ardeur au travail que leurs capacités pures...).
Reste la trés belle post face de son mari "Un livre sur Caro.... Sur "ma Caro". [...] Si je devais rajouter quelque chose dans cet ouvrage, je soulignerais surtout les aspects de la face "cachée" de Caro, de celle qu'elle ne dévoilait pas facilement, telle sa sensibilité et sa tendresse envers ses proches. Caro était belle : tant à l'extèrieur qu'à l'intèrieur."

Pour finir, je reste partagée entre une grande admiration pour la militaire et sportive de haut niveau et une non moins grande admiration voire de l'affectionsi je puis me permettre —  pour la femme plus jeune que moi, qui a poursuivi ses objectifs avec une telle pugnacité, qui a vécu à Mach2 en permanence, a réussi à concilier une belle carrière professionnelle et aussi à se marier et à donner la vie à deux magnifiques (j'en suis sûre) petits gars.

La jeune femme d'aspect presque frèle, blonde au regard transparent et pur que l'on voit rayonnante sur cetaines photos. La jeune femme dont on entend la voix douce dans une interview à la radio. La jeune femme portant son petit Marc sur le dos dans le livre.

Jusqu'où se serait-elle élevé si elle avait vécu ? Une question stérile, "stupide", et néanmoins brûlante... Jusqu'aux étoiles, dit-on, et ce à plusieurs égards, peut-être.

Caro-aigle2.pngCopyright Aerodream, photo de Gunman sauf erreur de ma part...

Quant à moi j'espère simplement pour elle qu'elle a été heureuse sur terre et bien que je ne sois pas croyante au sens classique, religieux, du terme, je pense qu'elle veille certainement de prés sur ceux qu'elle aime.
Au revoir, madame le Commandant, respectueusement,
et bon vol à vous, Caroline, avec amitié.


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commentaires

Julie et sa Nina 07/01/2008 21:05

Cette histoire me touche mais je n'ai pas tout compris ...cette histoire de bébé à quelque chose à voir avec sa mort?

Dragon d'eau 07/01/2008 21:21

J'ai sans doutes mal expliqué mais je pensais l'histoire connue, preuve que non.En fait cette (sur ce point) malheureuse jeune femme, étant enceinte, s'est vue découvrir un cancer. Or la grossesse entraîne, me semble-t-il, une augmentation du métabolisme qui peut accélérer l'évolution de la maladie.D'autre part, je pense que toutes les femmes enceintes le savent : beaucoup de médicament sont déconseillés au cours d'une grossesse.Donc, si j'ai bien compris, elle a dû réfléchir à une interruption de grossesse qui aurait permis de tenter de la sauver (quoiqu'à lire  le bouquin, il semble que le pronostic ait été quasiment désespéré d'emblée, dés le premier diagnostic) ou lui aurait permis de "gagner quelques mois"/ Mais elle a décidé de garder le petit le plus longtemps possible. Elle n'a donc été traitée qu'aprés la naissance prématurée du petit Gabriel. [Faut que tu lises le livre quand même, si tu t'y intéresses ! ;) ]

Julie 07/01/2008 16:59

Ben ça alors! Je ne savais pas qu'elle était décédée... j'en suis émue. Ca me donne des frissons. Ton article est vraiment très beau et lui rend bien hommage.
Par contre, moi j'avais bien la tête à Mach2 quand on lui a décerné son macaron de pilote de chasse... mais peut être parce que je fais partie d'une famille de pilote de chasse et autres métiers de l'aéro...

Dragon d'eau 07/01/2008 21:23

Merci pour ton commentaire !Moi c'est quand j'ai lu le blog de l'armée de l'air  (http://armee-de-lair.over-blog.fr/ et je vais rajouter le lien dans l'article) que j'ai eu des frissons...

clem 07/01/2008 14:37

Rien à voir avec ton post, mais je te souhaite aussi une très bonne année, avec plein de bonnes choses !!!
Bisous !
PS : tu peux stoppper l'avis de recherche, je suis de retour ! ;-)

Dragon d'eau 07/01/2008 21:15

Ouf ! Merci pour tes voeux et bisous aussi !

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