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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 23:50
J'avais répertorié tout un tas d'anecdotes à raconter sur tous les petits trucs du quotidien qui me font criser mais je ne suis même pas sûre qu'elles soient, ni intéressantes, ni drôles. Enfin, là, je suis sur l'ordi du boulot, je verrai bien si je les ai conservées dans le perso et si je les conte à l'occasion.

J'avais de toutes façons prévu de rédiger un second billet sur ce thème, mais les commentaires reçus ont un peu orientés ce second billet, me portant à écrire des choses que j'aurais peut-être gardées pour moi encore...  

Sangui et le Toubib 
se demandent si je ne suis pas surmenée ou en burn out...  La réponse c'est "oui et non"...
 J'étais certes un peu à plat physiquement ces temps ci mais je ne crois pas que cela joue un si grand rôle que cela.
Peut-être que je me plante, peut-être que j'ai trop confiance en moi et que je me plante en pensant savoir ce qui se passe et gérer la situation.

Je sais en tous cas que j'ai toujours (depuis mon entrée dans la vie active) eu le sentiment que mon métier risquait de me bouffer si je n'y prenais pas garde ;

Gif pris ici

et qu'aujourd'hui, j'ai "juste" envie de faire autre chose. Ou de l'exercer (mon métier, pour ceux qui ne suivent, pas dans le fond) différemment.
Peut-être que je ne parviens pas à mettre en place la "bonne distance" avec mon métier et mes émotions. En tant que vétérinaire, je vis de temps en temps des trucs plus ou moins durs, et je soupçonne depuis longtemps que je ne dois pas les gérer correctement. Concrètement, 99.9 % du temps, tout va bien, tout va trés bien, je me la joue professionnelle, à l'écoute des maitres dans les moments durs mais pas atteinte dans mon être à moi et je suis même, grosso modo, capable de rire quasiment de tout... Mais quand mes défenses lachent, quand je me laisse prendre par le regard d'un animal, c'est un peu la cata (gros passage à vide et tutti quanti...)... Je ne sais pas si je suis un "cas" ou si d'autres sont comme moi... Mais je ne suis pas sûre que ce soit bien l'idéal. Je n'ai cependant pas trouvé mieux...

Je me dis de plus en plus que je n'aime pas les gens. Dis comme ça brut de décoffrage, c'est faux. Les gens que je n'aime pas, ce sont ceux qui sont irrespectueux et plus ou moins désagréables (témoin cette dame qui, à 14 H alors que la clinique ouvre à 15 H, profite de ce qu'elle m'entend, à l'intérieur, parler au téléphone avec un client pour toquer à la vitre et demander que je lui remette les médicaments pour sa voisine âgée et aveugle et s'énerve de plus parce qu'elle est pressée, que je ne suis pas au courant, que c'est pas prêt alors qu'elle estime que ça devrait l'être et tout simplement parce que, du fait qu'elle rend service à sa voisine, elle considère que tout lui est dû... Tout cela alors qu'elle passe en dehors des horaires ouvrés sans prévenir...).

Gif pris ici

Ceux qui sont incorrects, qui ne font pas soigner correctement leurs animaux,  qui ne respectent pas les rendez-vous, qui se pointent sans rendez-vous pour une connerie qui traine depuis plusieurs jours voir semaines et est devenue brutalement une urgence (enfin je ferais mieux de pas trop la ramener sur ce thème...), qui ont des demandes inconsidérées, qui me font répéter dix fois la même explication sous dix formes différentes (j'exagère, je suis en moyenne capable de deux à trois accés différents à la même explication, pas beaucoup plus), qui me posent dix mille fois les mêmes questions auxquelles je n'ai pas forcément de réponses "satisfaisantes" mais auxquelles j'ai répondu de mon mieux dés la première fois..., qui sont malhonnêtes...

En fait, je le sais, ma capacité de tolérance est relativement faible sur certains points. Pourtant, je suis capable de trésors de patience, d'ouverture, de gentillesse avec des gens sympathiques ou qui me le sont, en tous cas.

Aussi, je déteste les animaux "mal élevés" (ceux qui beuglent comme des putois, qui marquent leur territoire, mordent "sans raison", ne se laissent rien faire...)

Et alors ? Ce que l'on ne peut changer, il faut s'en accommoder. La société est ce qu'elle est, les gens et les situations sont ce qu'ils sont... Il faut apprendre à composer avec... Mais voila : m'accommoder, me plier à mille situations qui m'exaspèrent, c'est justement  ce dont je ne me sens pas capable. C'est ballot, ça, Dragon d'eau...
Peut-être, voire certainement, le "problème" vient-il de moi. Et je sais que si je me décidais à franchir le pas de m'installer ou de m'associer (et encore, s'agissant de cette option, car il faut toujours "compter" avec ses associés...)  je pourrais peut-être gérer différemment une partie de tous ces trucs qui m'insupportent. Une partie seulement. Y'aurait toujours des "couacs".
Et puis pour s'installer (ou s'associer), il faut plein de sous, plein de motivation (voire même une dose  d'abnégation dans un premier temps) et un certain nombre d'autre choses. Et moi, quand je pense à ça, je me dis "M'installer ? Faire ça toute ma vie au même endroit ? Au secours !" Je ne tiendrais pas le coup. Je n'en ai aucune envie.
Et je sais trés bien, je suis la première à me dire que ni mes parents ni mes grands parents ne se sont posé ce genre de question. Ils avaient un travail, un moyen de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, ils ne se posaient pas de questions existencielles. La société change... Je ne dépends de personne, qu'il s'agisse de ma famille ou de qui que ce soit d'autre, et je ne trouve pas fondamentalement  déraisonnable de rechercher un équilibre au travail, fut-ce en en cherchant un autre, justement...

Lorsque j'ai choisi mon futur métier, à 17 ans, tous le monde me disait "C'est trés trés dur, vas-y si tu veux mais prépares-toi à l'idée de ne peut-être pas y parvenir."
Donc j'y ai été (au bac puis en prépa puis au concours puis en ENV) les yeux fixés sur un objectif lointain et que je croyais irréalisable.

Qu'est-ce que je savais de la "vraie" vie ? Qu'est-ce que je pouvais imaginer de ma future vie professionnelle ? Pas grand chose, je le pense honnêtement... Maturité de l'époque importante pour mon âge sans doute mais aucune conscience des réalités de la vie...  D'autant plus que j'étais obnubilée par mon but et n'entendais ou n'écoutais rien...

Et puis de mini échecs (0.5 en maths au premier contrôle de prépa, je ne l'ai pas vraiment vécu comme un "mini" échec" mais comme une cata, en tant que fille de mathématiciens) en mini échecs (des notes successives en dessous de la moyenne aux "colles") en mini succés (l'autorisation de repiquer la prépa, le succés à l'écrit puis à l'oral du concours, le passage en années successives d'ENV...) 7 ans après, je me suis retrouvée vétérinaire. Et comme tous le monde j'ai vécu les difficultés de l'entrée dans la vie active, les premiers remplas, les premières erreurs, les sueurs froides...
Edit : et aujourd'hui, j'aime mon métier. Mais. Mais tous les petits trucs qui me barbent et qui phagocytent tout ce qui me plait. Les trucs qui me plaisent ? Nombreux, certainement... Mais je suis bien en peine de citer des exemples... Il y a des moments fantastiques, de belles rencontres.... Mais il y a tous les gens que j'encaisse plus ou moins de plein fouet et à qui je voudrais dire tout ce que je pense d'eux. Il y a tous ces animaux qui me touchent ; il y a tous ceux pour qui je ne peux rien, ou pour qui je m'interdis de faire un geste   parce que une fois que l'on commence il n'y a pas de fin et que je n'ai pas l'abnégation de certain(e)s.... Il y a le fait que, lorsque je travaille, en m'éveillant le matin, je reste un moment dans mon lit, consciente qu'une journée de plus s'annonce, à chercher ce que, dedans, je vais pouvoir trouver de sympa. Toute ma vie comme ça ? Non, je ne peux pas.



Aujourd'hui, je pense pouvoir dire que mon degrés de maturité mental n'a (heureusement...) rien à voir avec ce qu'il était quand j'avais 17 ans.
Aujourd'hui je pense pouvoir dire en connaissance de cause que, non, je n'ai pas envie de faire ça toute ma vie. Même en aménageant. Peut-être qu'un jour j'aurais envie de revenir à la clinique vétérinaire mais aujourd'hui, j'ai surtout envie d'en sortir. [Quelqu'un me disait récemment en plaisantant à moitié "Médecin, ça mène à tout à condition d'en sortir" et je ne sais si c'est "vrai'" mais on peut dire la même chose de véto !]

L'avantage, c'est que maintenant je le sais.
L'avantage c'est que maintenant les choix que je fais sont, je veux l'espérer, des choix muris.  L'avantage c'est qu'il n'est pas jamais trop tard (Il faut néanmoins une certaine dose d'optimisme dans ce type de phrases). L'avantage c'est que pour être véto -- à mon sens  -- il faut un esprit vif et curieux et une bonne dose de polyvalence et d'adaptabilité que la formation et la pratique renforcent encore. De bonnes qualités pour se reconvertir, ça. Et je serai toujours vétérinaire, je pourrai toujours revenir. Pas forcément facilement, pas sans recyclage mais je pourrai.  

Je n'oublie pas non plus que, quelque part, je suis une privilégiée d'avoir un métier, du travail, un toit.
J'essaye d'avancer.

La suite au prochain numéro, en essayant, promis, d'éviter les noeuds au cerveau !



NB1 : Pour revenir à des choses plus légères et pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, je suis dans une période "Soldat Louis"... :))
Ecoutez la flute, la guitare et la basse, la cornemuse (c'est bien une cornemuse, non ?) Sur "Cheyennes" et bien sûr "femmes de légende"... Moi, je m'envole.... Mais s'il y en a qui ont "trop plein les oreilles" de Soldat Louis... Faut le dire, hein.
NB2 : Désolée pour mes deux abonnés à la parution des nouveaux articles (Yesssssssss ! Deux abonnés, quelle richesse !) qui ont sans doute reçu "x" "avertissements" vus les "x" modifications et ajouts que j'ai effectué.... Je ne sais pas pourquoi OB renvoie l'avertissement à chaue fois comme il m'indique le faire...


NB3 : J'ai vu que les commentaires n'étaient initialement pas autorisés, c'était pas fait exprés, sorry !!!!

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Published by Dragon d'eau - dans Boulot
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commentaires

Malgven 18/07/2008 16:48

On a tous nos moments de doute, entre vétos on se raconte nos clients pénibles ou irrespectueux (envers nous ou envers leurs animaux), et parfois les petits bonheurs ne compensent pas l'agacement ou la peine ou autre chose encore... alors si tu envisages de changer de métier ou de manière de l'exercer, je te souhaite bon courage et bonne chance, et que tu te fasses plaisir.

Julie et sa Nina 15/07/2008 20:51

Que c'est complexe d'être heureuse de s'accomplir professionellement ! je pense que tu as tout pour y arriver ...sauf les gros sous mais ça ça va venir centime après centime!

Dragon d'eau 15/07/2008 23:10


Hello Julie ! Merci...


mia 14/07/2008 22:36

Tu as réussi à décrire exactement ce que je ressens ces temps-ci !
Marre du manque de respect, marre de passer toute la journée à la clinique à écouter des gens se plaindre, trop peu de temps à consacrer à sa vie privée...
Entre les journées bien remplies, les astreintes et les week-ends de garde, ce n'est pas facile de prenre du recul.
je ne crois pas que le problème vienne de toi, ne t'accable pas. Et l'association ne changera pas les réactions des gens.
Alors oui, il y a bien des choses qu'on aime dans ce métier, mais ils sont souvent ocultés par des événements négatifs. Parfois il faut arreter de se poser des questions...
Bon courage, ne te fais pas trop de noeuds au cerveau :)

Dragon d'eau 14/07/2008 22:46


Merci..../ Et bienvenue sur mon blog ?


Sophie 14/07/2008 13:54

Tu as mis les mots sur les maux et sentiments de beaucoup de véto exerçant en clientèle, je n'y échappe pas non plus... Quand on conjugue des journées de garde bien remplies, quelques clients pas très corrects, deux-trois animaux pas très sympas, on ressent tout ça... Passera, passera pas ? J'en sais rien, mais c'est vrai que, par moments, ras le bol !
Bon courage !

Dragon d'eau 14/07/2008 14:18


Chacun sa voie, chacun son chemin.... Dans la spécialité exigeante qui est la tienne, je ne doute pas que tu n'échappes pas aux gens pénibles.... Bon courage à toi aussi ! Amicalement.


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