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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 22:57
Vous vous souvenez des sabliers ? Je n'ai plus retrouvé la règle de la session à laquelle j'avais participé mais j'y avais participé avec une première contribution et d'autres au fil des pages. Depuis il y avait eu au moins une session, à laquelle je n'avais point participé par manque d'inspiration. Cette année ce sont des sabliers givrés. L'amorce d'hier    ne m'a rien dit du tout (Vous allez me dire que ça ne cause pas, ce genre de choses, et vous aurez bien raison, n'empêche que j'ai cherché un grand moment quoi pondre dessus sans succès avant d'abandonner). Mais voici ma contribution du jour. Amorce choisie par Malgven et tirée du blog de Zub
 
Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes de sexe systématiquement opposé à ce qui est indiqué dans le corps du texte, et / ou des faits ayant réellement existés il y a quelques années voire même très récemment  serait purement le fruit du hasard.





"Lundi, je fus pris d’un grand coup de blues. Alors je suis allé faire un tour du côté de mes balades adolescentes.
Je ne sais plus exactement quel son, quelle image, quelle pensée a provoqué cette reviviscence (ça se dit, ça ? oui !!), mais je me suis brutalement retrouvé dans la cour du lycée, l’année de mes 18 ans, l’année précédant mon bac et mon entrée en médecine.
J'ai retrouvé l'adolescent trop sage, tendu vers un but qui avait longtemps été mal définiComme moi à l’époque, d’ailleurs.
Ni grand ni petit…
Ni laid ni beau
Mais affublé de quelques bons kilos en trop, d’une peau incertaine à tendance éruptivo-érythémato-séborrhéique, de lunettes épaisses, d’un manque pathologique de confiance en lui aggravé par de brulants désirs jamais réalisés d’être recherché, apprécié ainsi que la conscience de ne pas savoir s'habiller

Cette année là, j’avais deux excellents amis : Floriansca, belle, vive, dont j’étais secrètement, silencieusement, patiemment et sans espoir, amoureux, qui partageait mon banc en sciences naturelles lorsque j’étais assez rapide pour doubler Mario en m’installant. Floriansca qui était en couple avec Lilian et qui par la suite, opérée d’une tumeur au cerveau tardivement diagnostiquée, n’est plus jamais redevenue elle-même.
Et Tino, italien de petite taille, boulot et séduisant, vif et chaleureux, sympathique et drôle. Nous marchions tous deux dans la cour du lycée en discutant ; à huit heures la cloche sonnait, nous nous regardions et repartions pour un tour. Lorsque nous arrivions en cour d’anglais au quart bien sonné, le prof soupirait mélancoliquement « late again ».
Floriansca qui elle avait passé ces quelques minutes avant la cloche à tenir la main du studieux Lilian et qui avait gagné la salle de classe dès la sonnerie me regardait en souriant avec sympathie. Très sage et raisonnable, elle avait néanmoins quelque chose de vif, joyeux, incontrôlable, qui l’attirait vers notre paire de faux mauvais lascars.

Et puis il y avait Claude et Mélisandre et toute une bande avec lesquels je m’asseyais par terre ou sur les escaliers, buvais des cafés lyophilisés sans partager leurs cigarettes (quand je dis que j’étais sage !!) et discutais de rien à perte de voix sans savoir exactement quelle était notre amitié et ce qu’elle deviendrait — rien, en fait.
Époque mêlée de légèreté, de discussions adolescentes, de retards, de dessins débordant sur la prise de notes en cours et de sérieux car l’entrée en fac de médecine et son concours se profilaient, les dimanches et les soirées étaient studieuses et acharnées.


Lorsque je me sens, pour raison « x » ou « y », un peu perdu, il m’est bon de retrouver ce petit bonhomme mal dégrossi, un peu écorché vif, très innocent
, très maladroit en de multiples circonstanceset ça ça n'a pas changé. Bien sûr, je rougis honteusement de ses côtés godiches, un peu ridicule — et je rougis encore  plus honteusement lorsqu'aujourd'hui cela m'arrive encore et que je prends conscience, toujours trop tard, de m'être  très très stupidement comporté, toujours avec les meilleurs intentions du monde — l'enfer en est pavé, n'est-il pas ?  (1).
Bien sûr, je me souviens avec malaise et regret qu‘une dispute stupidissime m’a séparé de Tino et que la maladie m’a éloigné de Florianscapourtant, que de visites à l’hopital ou chez elle je lui ai rendu avant qu’un jour sa mère épuisée ne me rembarre et ne me demande de suspendre mes visites je ne leur ai jamais redonné signe de vie 
ensuite, je ne l'ai jamais revue.

Mais ce petit bonhomme, il a donné naissance à l’homme que je suis aujourd’hui, il a grandi, mûri, appris
, et il fait toujours partie de moi.
Et la vie est un chemin long et pas toujours facile même si ça parait bateau à dire quand on sait que comparativement à bien d'autres je n'ai jamais rencontré de "gros" problèmes sur le dit chemin.
Et il m'est bon, quelquefois, de mesurer le chemin déjà parcouru. Ça me permet, notamment, de me souvenir que rien n’est jamais complètement constant, ni le bon, ni le mauvais et qu’il est toujours possible et je crois souhaitable  d’évoluer...
À la recherche de ce qui  fait du bien, et du bonheur même si on ne sait pas trop de quoi il peut être fait, même si on a parfois du mal à y croire
, même si personnellement, je rage parfois de n'être que ce que je suis — avant de me dire qu'il me faut espérer être accepté(e) et aimé(e) comme je suis."



(1)spéciale dédicace et tendresse à celui que j'ai éveillé l'autre nuit alors qu'il était fort souffrant à tous sens du terme et que j'ai encore empêché de s'endormir la nuit suivante parce que j'étais mal à l'idée de m'éloigner de lui et que j'avais besoin de parler, et à qui je n'ai pas dit combien je me sens bête de ces deux avatars.

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commentaires

Malgven 14/01/2009 10:19

Bravo ! On s'y croirait...

Dragon d'eau 14/01/2009 23:51


Forcément  
Merci de ton commentaire !


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