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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 20:44
Journée productive : ce matin j'ai passé les coups de fil nécessaires pour régler deux-trois trucs perso dont une opportunité géniale, aller travailler quelques semaines dans une ile, dans quelques mois.
Billets d'avion réservés, dragon d'eau commence à rêver.
J'en ai besoin, je suis fatiguée.
Je sature du boulot, même si c'est suffisamment calme pour travailler tranquillement et bien. Chirurgies, vaccins, radios, prises de sang, poses de perfusion, tout s'enchaîne gentiment, on est justement en zone que je qualifie de "semi-rurale" où, je ne sais pourquoi, on voit toujours plus de "cas" intéressants.
Les ASV, Laurine et Estelle, une dame d'âge mûr et une toute jeune femme sont compétentes et très sympas.
Là où je suis fatiguée, c'est que je loge chez le Dr Docteur et son épouse, qui sont chez eux actuellement. Ça pourrait n'être pas gênant. Mais pour aller dans ma chambre, je dois traverser toute la maison, notamment le salon. Avec des tas de portes qu'il faut ouvrir et fermer pour éviter les déperditions de chaleur, et qui grincent.
Ça me gêne. D'être chez eux et qu'ils soient là. De devoir traverser leur espace vital.
Je suis peut-être un peu trop sauvage ou bien intervient peut-être aussi la différence d'âge, de milieu, et le fait que je n'aie pas spécialement d'atomes crochus avec le Dr Docteur. Puis je suis aussi une petite nature pudique qui a besoin d'affinités avec les gens pour partager son intimité et la leur.
La chambre est grande, trés belle, richement meublée, pourrait-on dire (très grand lit, moquette et tapis, beaux meubles en bois d'aspect ancien, fouillis de vieux objets, vieux et beaux livres, un tas de belles lampes...) Ça, c'est très beau chez le Dr Docteur. Mais, donc,  je ne m'y sens pas à l'aise, et d'autant plus que c'est une vieille maison et qu'il y fait très froid. Enfin, très froid. Le soir, le chauffage se coupe vers les 20 heures, je dirais et la température chute trés vite. Le matin quand je me lève les radiateurs sont chauds — et j'ai de toutes façons toujours chaud au lever. C'est le soir que c'est affreux. Les premiers jours je n'arrivais même pas à m'endormir j'ai mis plusieurs jours à accumuler suffisamment de couches pour y parvenir, je mets même mes gants en soie pour dormiret comme je ne voulais pas que le Dr Docteur augmente le chauffage à cause de moi — ça lui aurait "coûté un bras" —   j'ai dit que, non, non, ça allait.

Bref, je rentre le moins possible et je campe à la clinique pour manger et tout et tout. C'est un choix, et je suis pas mal à la clinique, sauf que je fais tout (manger, pianoter sur l'ordi) sur mes genoux ou sur la table de consultation. Mais bon, grosso modo depuis que je suis là, j'ai pas de coin à moi, je ne quitte jamais vraiment le boulot ; là j'ai envie de rentrer chez moi, et c'est bientôt, tant mieux.


Envie de douceur et de tendresse, aussi, de tes bras autour de moi, et de tout ce que tu peux m'offrir  et  pour ça il faudra attendre encore un peu mais j'en rêve, c'est sûr.
Tout doucement, tout simplement, comme à chaque fois qu'on est ensembles.



Sinon, pour parler un peu d'autre chose, parce que faut pas croire on ne se laisse point abattre : ce soir, madame T, une petite vieille dame, arrive avec Nestor, un chat mâle tigré et blanc, THE chat des rues tels que tous les vétos le connaissent :
sec comme une trique et si musclé qu'on a du mal à attraper la peau du cou, de grosses bajoues de mâle, une paire de c... comme ça à l'arrière  (Au fait, j'espère que les enfants sont couchés ? Oui ? Savez vous, bonnes gens, à quoi on distingue un tout jeune adulte d'un mâle plus mûr ? — on parle toujours de chats, bien entendu —  À la taille des attributs. Oui, vous avez bien lu.  Sérieux. Un de ces jours faudra que j'écrive une thèse là-dessus. J'ai bien peur cependant, tout d'abord que l'étude statistique soit difficile étant donné la sale habitude qu'ont les vétos de castrer les chats — on rappelle  au passage que cette chirurgie a pour but principal de préserver les animaux en question des MST et autres maladies virales contractées principalementpar bagarres entre chats non castrés, ensuite  que l'originalité et le sérieux de mon étude restent éternellement méconnus, malheureusement. Mais passons.), le poil mité de croutes, coups de griffes, excréments de puces, chardons, brindilles...
Un chat mâle des rues, quoi.

Que nous soignons pour une gale d'oreille depuis quelques jours parce que la dame est incapable de lui faire les soins et que ma collègue a eu pitié de son porte monnaie donc lui a épargné le S..t..gld ou l'Ad...cte plus faciles à administrer mais plus onéreux  et d'elle donc elle lui a proposé de venir tous les jours pour les soins.

Madame T est une petite vieille dame charmante qui, hier, m'a demandé trés sérieusement si les deux oreilles communiquaient l'une avec l'autre. Je suis restée stoïque devant la multitude de possibilités qui s'offraient à moi — à vrai dire j'ai été tellement médusée d'une telle naïveté que l'idée de sourire n'est venue que bien plus tard — et lui ai expliqué non moins sérieusement que, non. J'ai failli ajouter qu'il y avait le cerveau entre les deux mais, là, ça aurait été limite moqueur et je ne voulais pas me moquer.


Cette magnifique photo provient du blog "Venise Sud Ouest blog"


Donc madame T pose Nestor sur la table et me dit "Vous savez Docteur, par rapport à ce que vous m'avez dit hier" (Euh.... Keskejaibienpudirehiermoi ?) 'Hé bien, je ne le trouve pas bien vaillant, Nestor. Il ne fait que dormir, et il ne mange pas"
— "Ah ? Depuis combien de temps ?"
(Hou, il est bien chaud, ce chat... Hop, Thermomètre !)
— "Hé bien, je dirais, depuis la piqüre qu'il a reçue l'autre jour."
Je reprends immédiatement avec un grand sourire : "Ah, ben si on vous l'a rendu malade avec la piqüre, alors !" et elle sourit aussi.
Pendant ce temps le thermomètre grimpe, grimpe, grimpe et pour une fois, et Nestor étant calme, je le laisse grimper...
— "Bon, il a de bonnes raisons de se sentir mal, votre Nestor  !" lui dis-je enfin en lui tendant le corps du délit, qui indique 40°9.

Rien d'autre à l'examen clinique, pas de déshydratation ; piqüre d'antibios et on verra demain, hein.

Et ce soir, une bonne douche pour le dragon d'eau et au lit, je suis claquée, moi...

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commentaires

vetonat 30/01/2009 18:55

J'ai déjà bien du mal à travailler avec quelqu'un avec qui je n'ai pas d'affinités, alors en plus vivre chez lui, c'est sur, je me sentirais mal aussi !Courage, c'est bientôt fini...

Dragon d'eau 30/01/2009 18:57


Merci ! Et toi, comment ça va ???


bellelurette 30/01/2009 09:20

Tu pourrais quand même dire à Dr Docteur qu'il mette de l'huile sur les gonds des portes qui grincent !!!Pffffffff, ne pas habiter chez soi, c'est sûr que c'est pas fastoche.

Dragon d'eau 30/01/2009 09:28





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