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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 16:41

 

J'aime tout spécialement les congres.

Je fais actuellement la saison là où j'ai effectué mon stage pédagogique, voici deux ans. Nous allons plonger sur les mêmes sites qu'à l'époque ; dardanus calidus-so1sur l'un de ces sites (la calanque carrée), par dix mètres de profondeur, il y a une pierre carrée sous laquelle se trouvent un bernard l'hermite (techniquement, en fait un grand pagure),

 

 

Photo ffessm.fr

 

une murène et un congre, "c'est un ménage à trois, ça fait quatre ans qu'ils sont là."

Ça, c'est ce que dit Mischaël dans ses briefs.

Moi, je ne l'avais jamais vu, ce ménage à trois, et pourtant à chaque plongée sur ce site, j'avais explorées toutes les pierres de la zone. Le congre s'absentait-il ? Était-ce moi qui cherchait mal  ?

 

Conger-conger-7

Un jour, récemment, quelqu'un me l'a montré et j'ai eu ma réponse : j'avais mille fois ou peut-être une dizaine seulement, regardé sous cette pierre.  

 

Photo ffessm.fr

 

 

Le diable sait pourquoi je ne l'ai jamais vu.

 

Depuis, des congres, j'en ai vu des tas — comme si le fait d'avoir vu le premier avait débloquée ma capacité à les trouver, j'aimerais qu'il en soit autant des grandes cigales et des corbs et des mérous  —  , et j'adore leur tête timide et anxieuse.

 

muraena helena-ob1


Ce qui est curieux, d'ailleurs, c'est que la murène (aussi bestiole serpentiforme qu'on trouve dans les trous) aussi a un air inquiet (yeux fous d'anxiété, oui, je sais, c'est de l'anthropomachinchose, gueule ouverte...), pourtant elle ne m'inspire aucune sympathie.

 

Photo ffessm.fr

 


 

Pour en revenir à nos moutons poissons, depuis quelques jours, le congre de la calanque ronde (car nous avons nos chouchous que nous visitons à chaque passage sur le site) a un hameçon planté dans la gueule, un sacré morceau de ferraille d'aprés Riton — moi je n'ai vu que le fil de pêche qui sortait de dessous la pierre et éprouvé de la main que quelque chose y était accroché ; comme je venais de voir le congre rentrer sous la pierre, la triste conclusion était toute faite.

 

Nous nous sommes concertés pour savoir ce que nous pourrions faire pour lui mais personne ne veut prendre le risque de se faire mordre (en quoi ils ont sans doutes raison)  et nous ne ferons finalement probablement rien.

C'est stupide — Y'a tellement de misère autrement plus grave sur terre — mais ça me fait de la peine. Alors je mets de côté.

En fait, tout ce qui renvoie à l'absence, à la mort, me rend malade. Alors je mets de côté.


Quand quelque chose fait mal, il suffit de faire comme si on avait un précipice autour de son jardin : l'isoler par une grande cloison, même pas spécialement solide, mais complètement étanche. On ne voit plus le précipice, on ne sait même plus qu'il est là. Il suffit de ne pas s'approcher, jamais, jamais, de la cloison. Évidemment plus facile à dire qu'à réaliser.


À relier à mon incapacité à fonder un couple et à mon isolement : j'ai peur de perdre, tellement que quelque chose en moi me fait rester seule, parce que mieux vaut être seul que risquer de perdre ce / ceux qu'on aime.

Théorie de comptoir ? N'empêche que ça fait un moment qu'elle s'applique, la théorie de comptoir.

N'empêche que ma mère a perdu la sienne très jeune et n'a jamais été capable de m'en / nous en parler et moi de la pousser à le faire. C'est normal, de ne pas parler de ce qui fait mal ?

N'empêche que mon père a été séparé du sien trés jeune par sa mère qui, aprés son divorce, a soigneusement évité de laisser son fils voir son ex-mari. Là encore, silence radio.

Et ce n'est pas maintenant que, sans prévenir, mes parents semblent eux-mêmes se transformer  à vitesse grand V en vieillards, que je vais en parler avec eux.

Ils ont toujours nié que j'aie un quelconque problème psychopaslogique  — alors que tout le monde en a... et moi j'ai toujours (suite également à un début d'analyse, voici quelques années) pensé qu'une bonne partie de mes fractures internes, (qu'on les considère ridiculement bénignes ou pas) sont d'origine familiale.


Je n'ai pas envie de me disputer avec mes parents ; ils ont fait de leur mieux avec ce qu'ils étaient,  moi je n'ai pas été capable plus tôt de parler avec eux et maintenant je n'en ai pas envie.


D'aprés mon oncle par alliance et sa compagne qui elle est ma tante, mes parents sont trés fiers de moi — de tout ce que je suis. Certes, je veux bien le croire — mais j'aimerais bien que cela se manifeste au quotidien parce que, moi, je perçois au mieux indifférence ou rejet des activités qui me tiennent à coeur et du coup les sujets de conversation ne sont pas nombreux.

 


Difficile de se dépétrer de son enfance dont pourtant tout porterait à croire qu'elle a été rose.

J'aimerais parvenir à faire la paix en moi vis à vis de tout cela de façon à ne plus leur en vouloir de tant de "choses" confuses. Des fois, j'ai l'impression d'être sur le chemin.

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commentaires

Malgven 01/09/2012 17:38


Coucou ! Je repasse par là après quelque temps...


Cette histoire familiale laisse sans doute des traces, l'essentiel est peut-être ce chemin dont tu parles.

Dragon d'eau 03/11/2012 22:40



:-)



Nanie, à la ramasse 13/08/2012 12:07


Ben, c'est gai tout ça ! Moi, j'occulte ce qui ne va pas (ce qui revient à dresser les cloisons dont tu parles). C'est ça qui me permet de passer/penser à autre chose et d'aller de l'avant.
L'isolement, j'ai connu aussi, ne pas s'attacher... jusqu'à être prise au piège. On s'en protège comme on peut, mais dur dur de grandir dans une famille où on ne dit rien... Bref, ce commentaire
ne sert à rien, surtout pas à t'aider. Mais je te souhaite bon courage tout de même.

Dragon d'eau 15/08/2012 11:04



Merci :-)


 



La Mante 01/08/2012 21:23


pas facile ! courage !

Dragon d'eau 09/08/2012 13:35



Merci



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