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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 13:35

Hier n'a pas été du tout une bonne journée (évidemment à relativiser : ce que je vais raconter doit paraitre dérisoire à certaines personnes vivant des moments autrement plus difficiles).

Je ne devais pas plonger le matin, juste être DP-sécu surface mais dés le matin ça a été le bordel avec des gens qui n'étaient pas inscrits ou qui avaient appelé mais monsieur moustache ne les avait pas inscrits ou…

Et puis Saponin a dit, moi deux plongeurs avec Papyplongeur plus KarlMarx ça me fait trop. 

Saponin est encadrant dans la structure depuis belle lurette, Papyplongeur a dans les 80 ans et il fait peur tant il paraît fragile mais son médecin l'a autorisé à plonger alors on le fait plonger en faisant très attention et on prie que tout aille bien ; KarlMarx était le second plongeur prévu avec Saponin et deux plongeurs suisses s'étaient ajoutés.

 

  OK, je ne pouvais pas forcer Saponin même si ça ne m'arrangeait pas, je lui ai dit que j'allais me débrouiller et j'ai pensé que j'allais devoir me me mettre à l'eau, prendre les suisses avec moi ainsi que les deux touristes anglais qui souhaitaient être encadrés.

 

 

Alors j'ai réorganisé mon bateau, je me suis équipée pour plonger et dans tous ça j'ai pas pu réfléchir au site que j'allais faire. C'est tâche complexe et parfois difficile pour moi de choisir un site : entrent en compte la météo, car il faut placer le bateau autant que les plongeurs en sécurité, le niveau des plongeurs, débutants ou plus ou moins confirmés, et puis les désiratas de ceux-ci (autant que possible, on ne les place pas sur le même site plusieurs fois de suite, et on essaye de leur permettre une belle plongée)

 

Sur le bateau j'ai réfléchi : j'avais des ploufeurs confirmés qui allaient jusqu'à 20 mètres et voulaient faire une jolie ballade et des très débutants auxquels il fallait offrir une eau calme et peu profonde, un ancrage prés du bord pour qu'ils puissent descendre à la chaîne de l'ancre.

 

J'aurais pu faire le site aux patates mais les touristes anglais avaient déjà  plongé là et auraient bien aimé changer et comme ils étaient adorables et que c'était possible au vu de la météo et des autres facteurs, je pouvais bien le faire.

Le vent était de je ne sais plus, si je ne faisais pas le site aux patates  il fallait me diriger vers la côte est de l'île de toutes les plongées ; là j'avais le choix entre le tombant des chinois ou la pointe pas glauque (wahou les pseudos tirés par les cheveux que j'invente !!!).

J'ai choisi le tombant parce que ça ferait une plus jolie plongée pour les confirmés.

 

Sur site il n'y avait pas de vent et j'aurais dû réagir.

Il y avait des pêcheurs installés exactement là où j'aurais voulu mouiller ; j'aurais pu aller un peu plus loin mais ça m'éloignait du tombant, et puis j'ai espéré que mon bateau s'éloignerait des pêcheurs une fois mouillé et puis là j'étais un peu submergée par tous les éléments de choix à prendre en compte alors j'ai mouillé juste devant les pêcheurs.

J'ai fait mon brief et les ploufeurs ont commencé à partir et mon bateau a commencé à se rapprocher des rochers et accessoirement des pêcheurs et ça ne me plaisait pas du tout.

 

Mais là j'étais coincée  avec les ploufeurs à moitié en train de partir et tout. Les pêcheurs faisaient la gueule, moi je me demandais si mon bateau allait se stabiliser suffisamment loin des rochers ou pas, si je devais relever le mouillage pour aller le reposer plus loin, j'essayais de régler le sondeur qui s'était réglé en pieds et non en mètres, du coup impossible de savoir quelle était la profondeur exacte sous l'hélice.

 

Des plongeurs m'ont fait remarquer que c'était pas cool pour les pêcheurs qui étaient là avant nous et qu'on les emmerdait. Moi je me sentais très seule parce que oui bien sûr ils avaient raison mais tout n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire quand on n'est pas celui qui décide et est responsable, et puis même, peut-être ils auraient fait mieux, eux, sauf que c'était moi avec mes capacités à moi qui avait fait et on n'est pas tous doués pour les même choses.

J'ai fait patienter ma palanquée, on allait faire partir celle de Saponin et  j'allais remanoeuvrer.

Dylane (la jeune femme présente sur le bateau pour assurer la sécu-surface) a eu une excellente idée : mettre un grappin à l'arrière du bateau pour le stabiliser. On fait souvent ça sur Harthur, la seule fois que j'ai essayé ça sur Fée-des-sept-mers ça a lamentablement capoté mais j'ai immédiatement adhéré : vue la configuration du fond, là ça aurait probablement plus de succés et puis j'irais le positionner moi-même sous l'eau pour que ça soit le cas.

 

 

Sauf que vraiment Fée-des-sept-mers se rapprochait trop de la roche pour qu'on puisse attendre plus alors j'ai fait partir Karl-Marx qui était prêt et en train de se déshydrater au soleil à l'eau  en prévenant Saponin qu'immédiatement après  je devais manoeuvrer, j'ai dit à Dylane de garder Papyplongeur sous le coude et j'ai fait bouger le bateau.

Et constaté avec  consternation que Karl Marx au lieu de s'éloigner de l'hélice s'en était rapproché (bon, il était à trois "bons" mètres, c'était suffisant pour qu'il ne soit pas immédiatement en danger de passer dans l'hélice mais en même temps beaucoup trop proche, et je savais bien que Mischaël n'aurait jamais laissé les choses en venir là…). Bon, ça s'est bien passé, mais Saponin a lancé tout haut "mais attends, l'hélice tourne, là ?" Ben oui, je viens de te dire que je devais manœuvrer.

 

 

Mais bon, j'ai repositionné mon bateau, on a lancé le grappin…

  quelque part dans tous ça je m'étais platement excusée auprès des pêcheurs qui m'avaient fait remarquer que pourtant y'avait de la place, oui monsieur, je suis vraiment désolée, excusez-moi, et si je pouvais tout vous expliquer peut-être vous ne m'en voudriez pas trop car vous avez l'air plutôt sympa mais là j'ai pas le temps mais excusez-moi, vraiment

 

  j'ai été assurer le grappin et effectué sans sourciller, au point où j'en étais, un premier yo-yo 18 mètres-la surface.

Je suis partie plonger, Fée-des-sept-mers était en  sécurité et les plongeurs aussi, ça au moins c'était bon.

J'ai passé une bonne partie de la plongée à chercher des trucs à montrer à mes plongeurs : j'avais l'impression qu'ils s'emmerdaient et ça ne faisait qu'ajouter au reste.

J'ai croisé vers la fin de ma plongée un de mes stagiaires pédagogiques et un peu fait la grimace à part moicar il partait seulement pour son second tour (il avait deux élèves qu'il ne pouvait pas prendre ensembles donc il effectuait deux tours) et ça ne m'arrangeait pas du tout : il allait encore y avoir de l'attente pour des plongeurs qui en avaient déjà trop eu, là où je n'avais qu'une envie, ramener ce foutu bateau et réfléchir à tout ce que j'aurais pu ou dû faire  pour que ça ne  m….douille pas ainsi.

 

J'ai ramené mes plongeurs au bateau, je suis restée un moment dans l'eau, heureusement agréablement tiède  et puis j'ai dit à l'Expert que j'allais arranger le grappin. J'avais dans l'idée juste de le remonter sur le rocher parce que tel que je l'avais laissé en partant, on n'aurait pas pu le remonter depuis le bateau, il aurait fallu aller le chercher ou le laisser dans l'eau. J'ai donc fait toujours sans sourciller un troisième (en comptant la plongée) yoyo 18 mètres, la surface.

 

 

Seulement on s'est mal compris avec l'Expert (en fait parce que j'avais été imprécise) et ils ont complètement remonté le grappin, et évidemment le bateau est revenu vers les rochers. Comme la mer était calme, je leur ai dit de remonter l'échelle tribord qui risquait de cogner et  suis restée entre la rive et le bateau pour protéger celui-ci.

 

Mon stagiaire entre-temps était revenu sous le bateau et là, comme en plus Dudu, un moniteur venu plonger pour lui me disait qu'il fallait que je reprenne les commandes, je suis redescendue à 3 mètres, j'ai fait signe au stagiaire de remonter et comme il arrivait en surface et discutait avec son élève, je leur ai demandé de remonter sur le bateau immédiatement...

 

 

Après j'ai encore palmé pour repousser le bateau loin de la roche le temps de remonter dessus   et on est rentrés sans encombre.

 

Sur le chemin Dudu qui est un ancien moniteur professionnel très expérimenté m'a expliqué gentiment que quand, comme aujourd'hui, il n'y avait pas de vent, c'était la houle provoquée notamment par les bateaux passant au large qui provoquait ce qui m'était arrivé. Et qu'il aurait fallu mouiller plus loin de la roche.

 

 

Du coup je lui ai expliqué pourquoi j'avais pris les décisions que j'avais prises.

 

 

Récemment, j'ai décidé d'arrêter de me prendre le choux chaque fois que les choses ne tournent pas aussi rond que je le voudrais ; de noter ce qui n'allait pas pour le mettre à profit puis, cela fait, de  retenir le positif.

 

Ce qu'il y a à retenir aujourd'hui,

  c'est le fait que finalement il n'y a pas eu d'incidents / accidents ;

  que  les touristes anglais ont été contents de leur plongée avec moi ;

…  et aussi les deux  suisses qui s'étaient rajoutés et à qui en plus j'avais fait diminuer leur lestage et ils m'ont dit que ça allait bien mieux comme ça ;

 

Et au diable tous ceux qui donnent l'impression qu'ils auraient fait mieux..

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Published by Dragon d'eau - dans Boulot
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