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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 13:57

Qui d'entre nous a lancé l'idée ?

Je ne sais pas. Mais le fait est, ou plutot les faits sont.

Que nous constituons nouslesneuf, un petit groupe sympa, convivial. Chacun ses particularités, chacun ses qualités et ses défauts, chacun ses façons d'être, chacun ses apports et sa présence dans le groupe, durant ou en dehors des cours.

Qu'actuellement nous passons ensembles entre 30 et 40 heures par semaine.

Que dans quelques jours [mais bon, ça s'est fait depuis belle lurette à l'heure où je publie] nous partons chacun de notre côté en stage. Prélude de la vraie séparation d'après l'examen de dansquelquesmois qui nous verra nous dire "définitivement" au revoir.

 

Donc, quelqu'un a lancé l'idée de se faire une plongée conviviale, tous les neufce sera la première fois qu'on plongera ensembles pour le plaisir — et c'est Terry qui a proposé le Post scriptum, un cargo plus connu sous un autre nom, coulé au large de Ssssss par 51 mètres de fond.


J'avais juste dit que je ne voulais pas plonger avec Coloc. Et ça, même si je me le reproche un peu, je l'ai dit à l'avance, c'était ferme et sans appelj'ai menacé, moitié plaisantine moitié hyper sérieuse, de les laisser tomber au dernier moment si j'étais avec elle — pour une raison accessoire (J'ai pas envie) et une principale : je n'ai pas assez confiance  pour plonger à 51 mètres avec elle.

 

Le matin dit, nous nous retrouvons chez Albine et Erwan. Gamin  avait déjà décrété, pour une raison connue de lui seul, qu'il ne viendrait pas, et au dernier moment, Coloc se désiste aussi. Bon ben génial  la cohésion de groupe, hein. Tant pis pour eux, notez bien.



Kyril me propose de plonger avec lui puisque Terry et Libellule veulent plonger ensembles, Graff et Motard aussi, et ça ne dérange pas Blanco de plonger avec un binôme "inconnu".

Si ça me convient ? Et comment ! Kyril, c'est mon voisin en cours, c'est un gars solide et sympathique, sérieux,  et en qui j'ai spontanément confiance ce qui ne veut pas dire que j'y aille les yeux fermés. Je ne pouvais pas trouver meilleur binôme pour cette plongée qui me fait très envie mais que je regarde avec respect.


Le PS est une épave plutôt célèbre dans le milieu des ploufeurs. C'est d'en avoir entendu parler qui m'a donné envie de grimper dans les niveaux ; c'est aussi  renommé pour être une plongée où il y a du courant. Une plongée profonde   (51 mètres,  même si évidemment on pourrait rester sur le dessus) avec paliers au parachute, en pleine eau.

C'est là qu'on va voire quel plongeur je suis, quoi. Les accidents sont semble-t-il relativement fréquents sur le PS et bien sûr je n'ai pas envie d'en faire partie.  Donc respect.

Sur le bateau, on discute avec Kyril : parcours, temps au fond, combien de paliers on accepte, comment on gère notre stock d'air, on vérifie chacun la configuration de l'autre, on vérifie qu'on a chacun un parachute [J'avoue, je n'avais pas le mien, j'en ai emprunté au dernier moment et j'ai m....dé, puisque je n'ai pas vérifié quelle longueur de bout il avait...] et on détermine que c'est moi qui le lancerai.  Erwan nous fait son briefing tandis qu'on arrive sur site.

 


On se prépare et puis  on saute à l'eau et on nage vers la bouée, dernière vérif, OK, on s'immerge et on descend tranquilles. L'épave, immense, se détache sous nos yeux à partir de, quoi, trente mètres ?

On descend encore, et on se retrouve le long de la coque, stabilisés à un mètre du fond. Je regrette fugitivement de ne pas avoir pris avec moi une bouteille pour recueillir du sable. Moi qui collectionne les petites bouteilles de sable, un échantillon provenant du PS, ça aurait été chouette, mais ce sera pour une autre fois. On palme comme on avait prévu vers l'arrière d'où Erwan nous a conseillé de regarder la perspective sur toute l'épave et les jeux de lumière, l'hélice sous laquelle on m'a dit qu'il était possible de passer. Il n'y a  pas de courant.


L'épave est très concrétionnée, avec de magnifiques gorgones bleues, plein de bancs de petits poissons ; je ne jette qu'un coup d'oeil à l'hélice sous laquelle il est visiblement impossible de passer sans abîmer la faune et la flore dont elle est couverte. De l'autre côté de l'épave, il y a un peu de courant, rien de catastrophique. Kyril me montre des dentis et me fait comprendre qu'il a vu un mérou entre deux tôles.

La plongée se déroule bien mais comme en rêve. Je crois que je suis consciente d'être en partie "pétée" et que de ce fait je me focalise plus sur la sécurité que sur le plaisir de la plongée. Je fais très attention à mon binome et à nos instruments, je ne profite sans doutes pas asez de la richesse et de la beauté de cette épave — ma première vraie épave.


Un moment plus tard nous nous retrouvons sur le haut de l'épave, nous n'avons pas tout à fait atteint les paramètres fixés mais j'ai un peu froid, l'eau n'est pas bien chaude et il faut penser au palierje fais signe à Kyril qu'on remonte. Il contrôle son propre ordi, hésite un peu, semblant ne quitter le fond qu'à regret — il me dira après qu'en fait il a été surpris de découvrir que c'était déjà finiles joies de la narcose, probablement. On entame la remontée au bout mais une autre palanquée s'y trouve déjà et Kyril me propose par signes de nous éloigner d'eux.


En arrivant dans la zone des 6 mètres, je suis surprise par le temps de palier indiqué par mon ordi, bien supérieur à nos prévisions alors qu'en théorie on a quitté le fond "à temps". Si l'on ne suivait que les indications de l'ordi de Kyril,on pourrait sortir de l'eau bien huit minutes plus tôt : oufffff !!!!  Pas catastrophique, car nous ne manquons pas d'air [Nous avions prévu de quitter le fond, au premier atteint de deux critères différents, soit "15 minutes de paliers", soit "90 bars restant dans le bloc", en fait j'ai fait signe à Kyril à 12 minutes, et on avait encore 120 bars pour moi et 100 pour lui, donc en fait, arrivés au palier, on a largement assez d'air pour assurer le surcroit imprévu] mais qu'est-ce qui s'est passé ? Je sais que je n'ai pas commis d'erreur type yoyo, alors... Sans doutes sommes nous remontés trop lentement, et le palier profond effectué en suivant les préconisations de l'ordi de mon binôme a pu aussi perturber  le mien.


On se retrouve donc comme prévu suspendus au milieu de nulle part, avec que du bleu autour de nous, l'épave et le fond disparus dans le bleu, et des bulles. Seuls éléments solides autour de moi : le bout du parachute et mon binôme. Pour lequel je m'inquiète un peu, car il tremble violemment de froid. Moi aussi j'ai froid, mais visiblement pas autant. Cependant, je vois bien aussi qu'il gère et quand je lui demande — peut-être même un peu trop  régulièrement, il me dira après que, chaque fois qu'il parvenait à oublier la sensation de froid, je lui demandais s'il allait bien, le ramenant ainsi à la réalité —  s'il va bien, il me répond toujours fermement "OK". Je surveille attentivement mon ordi, mon manomètre et le sien.


Au bout d'un moment qui me semble très long, je n'ai enfin plus de paliers et on peut sortir avec un beau signe OK. Pour découvrir, à quelques mètres de nous, le bateau qui nous attend — je ne l'ai certes pas entendu arriver et ne soupçonnait pas sa présence — et  Erwan qui guette notre sortie.


C'est bien en bas, c'est bon de ressortir et de retrouver des têtes amicales ! Et tandis que le bateau repart, et alors qu'on s'est tous changés et qu'on discute de cette super plongée, je pense déjà à revenir ! :-)

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commentaires

Pupucefreewoman 31/05/2010 13:42



A lire ton récit on s'y croit, c'est étonnant et vraiment chouette ! Merci



Dragon d'eau 04/06/2010 19:32



Et c'est sympa à toi de me dire ça ! Bises !



Alex 28/05/2010 23:50



Coucou Dragon,


Bien sympa ton récit, merci de nous faire partager cette expérience intense qui t'a visiblement marquée - et dans le bon sens du terme :)


ça me donnerait presque envie de ploufer, tiens !


je t'embrasse, et te dis à bientôt - par mail cette fois.


Alex



Dragon d'eau 04/06/2010 19:32



Bises :-)



Mony 28/05/2010 15:02



bonjour dragon d'eau !


ouahhh, la plongé ? extra !!


je viens mettre un article avec la cicatrice de Fionan (dans ses sourcils, tu te souviens ?)


bisous à toi, Dragon d'eau.


qu'est-ce que tu en penses ?



Dragon d'eau 04/06/2010 19:32



Je t'ai répondu, je le trouve superbe ton blondinet ;-)



l'asv de Charlie 27/05/2010 20:33



Merci de nous faire partager cette plongée... ça donne envie d'y aller! Mais je comprends ton obsession de la sécurité. J'ai une copine qui fait de la plongée, et, si c'est l'épave à laquelle je
pense, il parait qu'il y a souvent du courant... Je serais tentée de te dire que tu as de la chance, mais comme dis mon meilleur ami, la chance, on se la tricote...


 



Dragon d'eau 28/05/2010 08:07



Hé bien, c'est certainement l'épave à laquelle tu penses, et je suis bien contente si ce petit récit plait !


"La chance, on se la tricote" ? C'est joliment dit, et c'est aussi un peu ce que je pense !


Merci d'être passée :-)



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