Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 20:26

Repassée par l'appartement de làbasenbas et maintenant déjà sur un nouveau lieu de travail.

Ce retour sur le continent sonne décidément un peu comme une déroute.

 

Avant de reprendre du travail comme véto, j’aurais peut-être dû penser à me reposer un petit peu. Parce que, là, comme ça,j ‘aurais peut-être pu penser que, objectivement, quatre mois de moniteur de plongée, c’était « un peu » fatiguant.

 

Donc, oui, j’suis crevée. Crevée à avoir mal dans les jambes et du mal à me relever quand je m’accroupis, crevée à avoir la nuque comme un morceau de bois et mal au crâne en permanence, c’est charmant.

 

 

À part ça, depuis des jours et des jours, depuis que j’ai arrêté de plonger, en fait, ou presque, je dors super mal, je me réveille dix fois dans la nuit en étouffant, alors je me lève pour dénouer le nœud de mon diaphragme et puis je me pelotonne de nouveau sous la couette en essayant de faire le vide dans ma tête pour pouvoir me rendormir.

 

J’avais lu je ne sais plus quand ni ou que les pratiquants de sports subaquatiques dormiraient mieux que les autres (une histoire qu’ils sécréteraient de la sérotonine), mais c’est certainement moi qui somatise (j’ironise, là, au cas où quelqu’un ne suivrait pas).

 

 

Et puis je m’emmerde au boulot, je m’emmerde, (et je ne devrais pas le dire, déjà bien heureuse d’en avoir je devrais être, je le sais, et je le suis, d’ailleurs) les journées sont longues, longues, pourtant la structure est sympa, mon patron qui partage son temps entre la rurale et la canine, les horaires, les clients ne sont pas chiants.

 

 

Ma petite collègue de travail, blondinette aux angéliques yeux bleus, toujours charmante et qui jamais ne me reproche de lui poser une question dont j’ai la réponse sous les yeux, me dit de façon tout à fait incidente qu’elle trouve que les français sont des râleurs pathologiques, jamais satisfaits de ce qu’ils ont, pourtant, on est dans un pays où plein de choses ne sont pas si mal que ça, et il faudrait savoir apprécier les petits moments de bonheur qui se présentent pour ce qu’ils sont.

Je lui avoue franchement n’être pas meilleure que les autres sur ce point et en même temps je m’interroge , est-ce que je sais, ou pas, profiter des petits moments de bonheur qui se présentent ?

Non, je suis toujours trop en train de cogiter et en même temps je me revois profiter de certains moments cet été, et puis d’autres, avant et je me dis que, si, quand même, je sais être heureuse, des fois, pas tout le temps, évidemment.

 

 

Tandis que Plouf-ploufette stresse parce  qu’elle passe bientôt le même examen que moi il y a un an (et j’aurais envie de lui dire que le plus dur n’est pas l’exam, mais la suite, mais ça ne serait pas très sympa, et puis ça ne sera peut-être pas comme ça pour elle),  Blanco qui l’a eu en même temps que moi, le dit examen —, sur sa page faissbouch, commente mélancoliquement que le retour dans ch’nord est dur (comprendre, « après la saison de plongée en Maiditerranés »)  « à qui le dis-tu ! » me dis-je en souriant, et sans doute soucieux de ne pas trop se plaindre, précise en commentaire « reste plus qu’à se trouver une destination au soleil et à repartir », à quoi j’opine également.

 

 

Rackhamlerouge, un collègue cet été, m’avait dit « c’est dur pour vous les saisonniers, il vous faut beaucoup de force intérieure : vous êtes toujours en suspens, toujours sur vos gardes, toujours en train de devoir anticiper la saison prochaine » et je ne m’étais pas reconnue dans ce « vous, les saisonniers ».

 

Peut-être parce que, pour moi, il ne s’agit pas de force intérieure, justement, mais plutôt d’une fuite en avant, d’un refus de se poser, de s’engager.

 

Ou peut-être, à contrario,  parce que je ne perds pas espoir de pouvoir vendre l’appartement là-hautenhaut et me racheter une maison à moi, avec mes jolis meubles, mes cadres, et mes pierres, et tout ce qu’il y a de féminin en moi que je ne peux pas exprimer l’été quand je passe mon temps entre combinaison néoprène et maillot de bain. Une maison pour pouvoir revenir entre deux saisons, deux remplas—ACD… 

 

Quand j’avoue à mamandragon rêver devant les maisons sur les sites Internet d’immobilier, elle me répond, inquiète, qu’il me faut d’abord trouver une région où je pourrais avoir du travail en plongée au moins une partie de l’année. [Quel que soit l’âge de leurs enfants, les mamans sont toujours la voix de la raison]. J’opine en me disant que de toutes façons rêver n’engage à rien, de toutes façons effectivement je n’ai aucune idée où les vagues me porteront à l’avenir et pas de sous pour une maison.

 

 

Parfois je suis découragée et souvent je me dis que j’en ai marre de me bagarrer et que j’aimerais disparaître sans manquer à personne, sans laisser autre chose que de la lumière dans le cœur de mes proches.

 

Souvent aussi je réalise la chance que j’ai d’être celle que je suis, là où je suis, en bonne santé. Et qu’il faut croire en ses rêves et savoir être gourmand, que vouloir tout et son contraire, c’est être vivant et qu’à ma façon patiente et obstinée je saurai bien trouver mon chemin en ce monde.

 

 

En attendant, au cours des quelques jours que j’ai passé à mon appartement de là-bas-en-bas, j’ai rincé  et fait sécher toutes mes  affaires de plongée en attendant le prochain départ et pris un nombre considérable de pantalons, jupes, robes et chaussures, sans oublier de jolis collants multicolores et des chaussures à talons, beaucoup plus que n’en nécessitent un mois pas tout à fait et demi d’assistanat, suffisamment pour satisfaire toutes mes envies de féminité.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Nanie 10/10/2011 09:28



C'est quand on n'a plus d'idée du tout, plus de questionnement pour nous faire avancer qu'il faut s'inquiéter. La route de la vie n'est jamais tout droit tracée.
Je m'ennuie à mourir dans mon boulot, mais je me contente de pouvoir gagner ma vie. Et je ne désespère pas de trouver un jour le job ou l'activité qui me passionnera et me fera vivre.
Rien à voir avec la choucroute, mais j'ai une photo des ongles des mes orteils peints en violet quelque part (en ref. à un de tes articles de cet été)



Dragon d'eau 12/10/2011 14:13



:-)


Tu sais quoi, la photo en question, je l'avais faie et jamais publiée, parce que de prés, il y avait vraiment TROP d'imperfections d'application pour que ce soit joli. Ce qui me rappelle que a
fait des mois que je ne me suis pas fait les ongles. Faut dire qu'après l'été en mer, ils sont dans un état.


Mais je veux bien voir la photo des tiens : un article, un article !!! ;-))


Et par rapport au boulot, peut-être effectivement pourrais-je me satisfaire d'un job ennuyeux si j'avais une vie privée plus remplie... Quoi qu'il en soit, tu as raison dans tout ce que tu dis.
Merci de ton comm et à bientôt pour la photo ? Amicalement



La Mante 09/10/2011 20:48



mm fais un enfant !



Dragon d'eau 12/10/2011 14:19



Et hop, en plein dans le mille ! Ou pas car à l'heure actuelle, c'est plus d'un homme que j'aurais envie.... Ou pas :-)


Mais voilà qui demanderait des pages et des pages de réflexion...


Merci de ton passage et bravo pour la psychologie


Amitiés



Dragond'eau En Quelques Plumes

  • : un dragon entre deux eaux...
  • un dragon entre deux eaux...
  • : Un peu de tout, un peu de rien, beaucoup de moi !!!
  • Contact

J'aime Les Lire...