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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 07:28

Pour le concours de Moo  !

 

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Plantons le décor : Il y a wouatmille ans déjà, Dragon d'eau qui voulait passer son niveau wouatmille et qui à l'époque n'était pas douée du tout effectue une plongée d'entraînement en gravière, loindelamerlàhautenhaut et ça a son importance pour la suite de la savoir.


Immersion avec un "moniteur", tâtonnements, au bout d'un quart d'heure on trouve la profondeur recherchée de 38 mètres (je raconte aussi vite que possible parce que c'est pas ça l'histoire), on n'y voit que dalle parce qu'on est en lac à 38 mètres, le "moniteur" me fait un signe de demande d'assistance et on décolle.


Or, ami non plongeur, tu ne le sais peut-être pas, mais en plongée, (1) on ne doit pas remonter trop vite [nanananan, la remontée rapide est ton ennemie, la remontée lente est à savoir gérer, la remontée à bonne vitesse est ton amie], et surtout pas quand on a déjà passé un quart d'heure entre 20 et 40 mètres (2) pour ne pas remonter trop vite, il faut purger (vider) régulièrement l'air qu'on a dans nos gilets stabilisateurs (un par plongeur)

 

Et là ce jour là ça s'emballe. Je veux purger son gilet, je ne trouve pas sa purge, (il l'a coincée derrière sa lampe en rangeant celle-ci, même si sur le moment je ne le sais pas), je panique à moitié parce que les ordinateurs bipent et comme on remonte déjà trop vite on est déjà dans les bulles qu'on a expiré quelques instants auparavant.


Comme je panique, je ne pense pas qu'il y a plusieurs purges sur son gilet, que je peux interrompre l'exercice, purger mon gilet et le  laisser  se débrouiller, aprés tout il est censé être  "moniteur", je perds à moitié mon détendeur et je me noie à moitié, j'ai de l'eau dans mon masque, je ne gère plus rien, mon "moniteur" ne comprend rien et ne m'aide pas, il ne voit pas le signe que je lui fais, je me noie toujours plus qu'à moitié, je finis par le lâcher  et remonter à toute vitesse vers la surface.

 


Plus tard, tout le monde et surtout lui minimise l'incident, une remontée rapide ça arrive.

Moi je me sens épuisée, j'ai mal dans la poitrine mais c'est normal j'ai eu un gros flip et j'ai bu la tasse et puis je n'ai qu'une envie, me faire oublier.


Quand même, en rentrant, par sécurité, je vais consulter aux urgences.

Là, ouffffff...

Naïvement, je pensais.... Bon, je ne sais pas ce que je pensais, mais pour rester dans la théorie purement théorique,

                —  une remontée rapide de 38 mètres non suivie du protocole de sécurité décrit dans ce lien , c'est suspiscion d'accident de décompression et / ou de surpression pulmonaire qui sont tous deux des urgences pouvant évoluer de façon relativement sombre et justifiant donc une prise en charge rapide

                 —  aucun médecin ne peut émettre de diagnostic avant d'avoir examiné un patient


Alors je suppose que je pensais être examinée en deux temps trois mouvements par Ross ou Carter qui me diraient que j'étais venue pour rien et me renverraient à la maison.

 

Alors que là j'ai passé cinq heures à me morfondre sur un brancard, un peu affamée, toujours aussi épuisée mais ne me sentant même pas capable de somnoler, ayant mal partout et me répétant en boucle que j'étais aux urgences, qu'aux urgences y'avait un tri et que si on me laissait poireauter c'est qu'il y avait plus urgent que moi.

 

Qu'il fallait faire confiance aux médecins, que d'ailleurs je sentais bien que j'étais pas en train de mourir alors ferme ta g.... dragon d'eau et calmes-toi.

 

Quand finalement l'interne est venu me voir j'en avais tellement marre que je m'étais rhabillé et il a fini par m'avouer qu'il n'y connaissait rien en accident de plongée, et le médecin du saaaaamu non plus, que donc ils étaient en train d'appeler le centre de traitement hyperbare à 120 km de là, pour demander conseil au médecin de garde là-bas qui dirait s'il fallait m'y conduire en hélico.

 

Moua-a-a-a-a-a-arf.

Alors là comment dire, "docteur".

Voyons voyons.

Évidemment vous n'êtes pas plongeur, sinon vous sauriez que n'importe quel accident de plongée de type remontée rapide / accident de décompression c'est oxygène-aspirine-hydratation et aprés seulement on réfléchit et on contacte les secours médicaux. C'est du secourisme de plongée, bête comme chou, maintenant si c'est vous les secours médicaux en question, on, enfin moi quoi, n'est pas tiré d'affaires.

Parce que laisser attendre cinq heures sans une goutte d'oxy une suspiscion d'accident de plongée, c'est pas trés pro de votre part.

Après, envisager un transport en hélico cinq heures après, hmmm, OK j'adorerais prendre l'hélico, mais y'a un peu foutage de gueule, là : l'hélico c'est pour les urgences, c'est pas cinq heures après. Au prix de l'heure d'hélico, quoi.


En fait j'ai rien dit de tout ça parce qu'encore une fois j'étais pas mourante, et puis je comprenais très bien qu'on peut pas tout savoir sur tout, et puis tout ce qui m'importait était d'être prise en charge.

 

Finalement, j'ai eu droit à de l'oxygène (Bravooooooooo, z'êtes trop forts les gars !), une prise de sang artériel (j'ai eu un maaaaagnifique bleu aprés et pourtant la dame elle avait bien comprimé l'artère pour essayer de l'éviter même que j'avais fini par lui dire "vous m'faites MAL, là, à comprimer comme ça"),  un scanner thoracique.

 

Comme sur ma prise de sang y'avait augmentation des enzymes cardiaques, j'ai eu droit à la visite du cardiologue de garde et à 24 heures d'hospitalisation.


J'avais tellement pas confiance qu'au bout d'un moment j'ai retiré l'oxy : s'ils n'y connaissaient rien en accident de plongée, est-ce qu'ils connaissaient l'effet Lorrain-smith ? (Dans cette page, va à la lettre "L" pour savoir ce que c'est !).


Après ces 24 heures plus stressantes et fatiguantes qu'autre chose, je suis sortie avec mon scanner sous le bras et même pas un arrêt de travail que je n'aurais de toutes façons pas pu respecter, ce qui fait que j'étais de retour quatre jours aprés pour me faire examiner de nouveau.

 

Parce que, maintenant, je le sais, une surpression pulmonaire, même une petite sans lésions objectivables au scanner, hé bien ça fait quand même mal. Très mal. De façon insidieuse et lançinante et épuisante, et longtemps (bien deux mois).

 

Mais c'est pas ça qui m'a arrêtée ;-)))

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commentaires

Jane 03/12/2010 21:11



il n'aurait quand même pas fallu une brusque aggravation , une bulle où je ne sais quoi. Sont nuls quand même. fallait pas arriver en forme !



lo 10/11/2010 20:34



pfiou!! Ma seule visite aux urgences a été pour accompagner ma mère qui s'était cassé le poignet un dimanche, c'est bête, pas de cabinet de radio de garde : bilan, 4h d'attente avant d'avoir une
radio, puis re 1h pour voir l'interne pour qu'il redise "c'est cassé" (ce que le manipulateur radio avait déjà dit) et encore 1h pour un plâtre...


Après cette expérience, en garde véto, je souligne toujours la rapidité d'action  ("dans 5 minutes on a les
résultats de la prise de sang", "je fais la radio, je la développe je suis là dans 5 minutes")



Dragon d'eau 14/11/2010 11:24



:-) c'est vrai que sur pas mal de points, nous pouvons être considérés comme  opérationnels  et efficaces rapidement.


Tout mode de fonctionnement a ses avantages et invonvénients :-)



Moo 10/11/2010 19:12



Merci pour ta participation !



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