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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 12:43

Quand j'arrive sur Ys, la ville où je travaille, j'ai le choix entre le boulevard et la route du bord de mer.


Le premier circule sur deux voies, à 50 km/H et est trés fréquenté.
La seconde est en bord de mer (ça vous aviez peut-être compris ?), elle est entourée de restaus qui ont leur cuisine à tribord et leur terrasse à babord (tribord, c'est la main où on a le pouce à babord, n'est-ce pas, je dis ça au cas où vous ne seriez pas au point sémantique-marinement parlant, ne me remerciez pas c'est cadeau), elle est entrecoupée de gendarmes couchés et on y circule à 30 km/H.


L'avantage de cette route c'est la vue et que parfois le soir elle circule mieux que le boulevard (le matin d'ailleurs aussi, à vrai dire ça dépend de l'heure à laquelle on passe mais moi je triche, je viens super tôt) (en revanche, si vous suivez, le soir, les cuisines sont à babord et les terrasses et donc la mer à tribord.)


Et donc moi le soir j'ai tendance à prendre le boulevard, je ne sais pas trop pourquoi (ou peut-être parce que mon collègue de travail avec qui j'ai fichtrement envie de faire crac-boum-hue mais lui pas passe par cette dite route du bord de mer et je me sens suffisamment transparente à ses yeux pour avoir envie de garder un peu de dignité), mais le matin, j'arrive par le bord de mer.


Et tous les matins, à côté de l'un des restaus de plage, il y a une voiture avec un couple en train de décharger tout le b...l dont on a besoin pour passer la journée à la plage et un chien attaché à la voiture

Une sorte de (à vue de nez voiture) batard de chien de chasse croisé de labrador, noir et roux avec des oreilles pendantes et la grande queue qui va bien, sage, qui attend patiemment.

Si je passe plus tard, la voiture n'y est plus, papy et mamie sont installés sous leur parasol et toutou est couché en sphynx sur le sable, toujours calme et sage.

C'est même pas le lever du soleil sur la mer, c'est même pas la vision de tous les voiliers au mouillage dans la baie, ni les gens qui se baignent, ni la mer, qu'elle soit d'huile comme ces derniers jours, ou agitée et moutonneuse.

Mon plaisir du matin, ces temps ci, c'est ce chien.

Et vous ?

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 11:52

Je suis toujours partagée entre l'envie d'écrire (j'écris toujours dans mon cahier du quotidien, et puis je trouve difficile d'avoir encore et toujours un blog en ligne mais de le laisser dépérir) et le reste (chronique manque de temps, manque d'énergie, perfectionisme qui fait que publier demande beaucoup de temps, pas envie qu'on puisse m'identifier).


Je vais essayer, peut-être, simplement de publier des morceaux de ce que j'écris dans mon cahier quotidien.

Mauvais-temps-05-20131.jpg


L'intérêt ? Me faire mousser ? Partager ? Oui, sans doutes, là encore, "encore et toujours". J'ai un profil sur le livre des visages, mais par choix j'en ai restreint trés fortement l'accés et du coup j'échange peu dessus et pas les mêmes choses.


Si quelqu'un passe par ici, qu'il n'hésite pas à laisser un petit mot, quel qu'il soit.

Pour le reste, je suppose que, comme d'habitude, je me pose trop de questions. J'aime toujours autant, quant à moi, lire les blogs des autres.

 


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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 13:29

Cétait une consultation de garde, il y a un certain temps, j'ai préféré laisser passer du temps pour digérer avant de poster, même si je l'ai écrit à chaud.


Une consultation banale sur l'instant, une de ces consults un peu chiante tout de même, parce qu'on a souvent et là en l'occurence plusieurs choix possibles, que les choix dépendent parfois de critères objectifs et parfois aussi du propriétaire et c'est pas toujours simple.

Un client dont j'ai mal jugé le statut vis à vis de son motif de consultationmais il ne m'a pas non plus expliqué.

 

 

Une consultation de nuit à laquelle j'ai passé du temps, beaucoup de temps, avant de rendre le chien en pleine nuit à cause de l'insistance du propriétaire, en bonne forme.

Le lendemain, je rentre chez moi pour une petite journée de congès.

 

 


Le surlendemain, je reviens, mon patron me dit que son confrère le vétérinaire traitant l'a appellé, lui a exposé les doléances du propriétaire. Lui a dit franchement au dit confrère  qu'il ne savait pas ce qui s'était passé, que le mieux était que le monsieur revienne discuter avec moi.

 


Mon coeur cogne en l'écoutant, mes jambes tremblent, je déteste les conflits, et,  oh, je savais bien que ça risquait d'arriver : quand j'ai dit au revoir au client, je me suis fait la réflexion que   certains connards    certains personnes savaient te faire comprendre que même si t'avais fait de ton mieux, donné ton mieux, ça n'était pas assez pour eux.

 


Je lui raconte tout, méthodiquement, chronologiquement.

Plus tard, je rappelle le client.


Rétrospectivement, et encore aprés la fin de cet entretien avec mon patron puis le client, je revois cette consultation qui  multiplie les incohérences : au téléphone, son épouse m'a demandé s'ils devaient venir consulter, c'est moi qui lui ai dit que c'était préférable, et maintenant il me reproche de n'être pas intervenu chirugicalement tout de suite (à moins que je ne sois la seule à voir un gouffre entre "est-ce qu'on doit venir consulter ou peut-on la surveiller à la maison ?" et "vous auriez dû ouvrir immédiatement").

 

Il ne m'a pas demandé de faire d'examens complémentaires (d'ailleurs pas forcément "obligatoires" dans ce contexte, m'enfin ça ça se discute et de toutes façons mon automate ne fonctionnait pas) mais il me reproche de ne pas en avoir faits.


Au passage il me dit que le confrère m'a enfoncée : j'ai facturé horriblement cher, j'aurais dû faire une prise de sang, et puis cette chirurgie se pratique toute seule et moi je lui ai dit que je devais appeller ma collègue.

Sur ce point là, je le rembarre immédiatement : oui, cette chirurgie peut se pratiquer seul, mais pas si on veut faire du bon boulot, et  je m'étonne que mon confrère ait osé prétendre cela lui ait dit cela.

Pour la prise de sang non plus il n'y a pas d'indication si évidente que mon connard de confrère le prétend.

Sur les autres points non : je sais bien qu'il n'a pas tort. Moi non plus d'ailleurs et je n'ai commis aucune erreur, juste mal évalué la situation. Qu'il ne m'avait pas non plus expliquée correctement.

 

 

Mon patron me dit que je n'ai à son sens pas commis d'erreur. Quand je lui rapporte certains propos de son confrère il lève les yeux au ciel et aprés coup m'avoue que, même si il s'agit d'un ami, le comportement dudit véto l'a beaucoup agacé.


Moi je me sens mal à l'aise, mal tout court. Parce que de nos jours on peut toujours craindre une plainte à l'ordre, un procés ou quoi que ce soit.


Parce que tout.  Parce que même si je dis toujours que ce métier  ne m'épanouit pas, j'y mets toujours toute ma conscience professionnelle, que j'estime ne pas avoir commis d'erreur — juste une mauvaise estimation.

 

Au moment où je rédige ces lignes, j'ai l'impression qu'on m'a marché dessus.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 22:21

 

C'est la fin de la saison et je cherche du travail : envoi de CV et de courriels de candidature, contacts téléphoniques, espoirs, déceptions Mais quelle vie j'ai choisie ? Mais quelle vie j'aurais si je n'avais pas choisie celle-là ? Je ne suis décidément pas faite pour la sécurité et la monotonie, même si parfois j'aimerais que les choses soient plus faciles et puis... Toute chose a sa part d'ombre et de lumière.

 

C'est la fin de saison  et, non, je n'en ai pas assez, et chaque fois qu'on me propose de rester sur la bateau, j'essaye d'aller à l'eau. Elle n'est pas trop froide encore et je profite de toutes mes plongées. Je serai bien assez enfermée après…

 

Discussion au repas  et Mischaël dit que lui il en a assez et qu'il faut qu'il pense à une reconversion mais laquelle ?  Il lui faut une activité où il voit le ciel, sinon ça ne va pas le faire. Coup au cœur, dans peu de temps moi  je serai enfermée, entre les trajets en voiture, le temps de travail et de sommeil, plus de 20 heures sur 24. Au secours.

Ne pas y penser.

Ou / et alors, se dire qu'"on" (moi) s'adapte à beaucoup de choses, qu'"on" (moi) l'a déjà fait, que finalement c'est pas si mal de naviguer entre des extrêmes et de rester toujours en tension.

 

 

La météo est difficile, du vent, de la houle… La grande Bleue est agitée et tumultueuse, toute moutonnante lorsqu'on la regarde depuis le port, magnifique. Une partie des plongeurs ont été annulés, quant à moi je plonge avec Pistou en formation niveau 1. Il est jeune et athlétique, très bien dans l'eau, je n'ai aucune inquiétude. À notre retour à la patate où devrait se trouver le mouillage, il n'y est plus, Mischaël a probablement dû le remonter parce que ça bougeait trop. Je lâche mon parachute et nous remontons tranquillement ; en surface, je veille à ce que Pistou garde son détendeur, la grande Bleue est toujours aussi agitée et c'est sportif pour regagner et remonter sur le bateau, mais je me sens bien.

Mon élève est doué mais aussi j'ai l'impression d'avoir bien travaillé avec lui. Il sort de l'eau heureux et moi aussi. C'est tellement simple, parfois !

Je me sens vivante sur ce bateau qui tangue, dans le vent qui serait tiède s'il n'était aussi intense et si nous n'étions pas mouillés, au milieu des vagues qui bousculent le bateau durant la traversée de la baie. 

 

grande bleue moutonnante


Je dis à mes parents que j'aime ce temps   et mon père a cette réflexion "quand les bouteilles tapent contre le bateau on se sent vivant". Oui, c'est presque ça, ou tellement ça, quand il y a du courant et mille poissons en suspension, quand la mer est tumultueuse sans être froide, quand il faut pousser sur ses palmes et se déhaler sur le relief et garder son détendeur en surface, s'accrocher à la ligne de vie pour ne pas trop galérer… Oui, je me sens vivante.

Un autre jour, une autre plongée.  Après les deux patates, dans la langue de sable et d'algues courtes folles, je cherche.

Je trouve très vite et sans doute par chance : forme de "s", couleur proche de celle des algues, plus marron que cet été, d'ailleurs, aspect cuirassé, petite tête parfaite de cheval des mers, c'est bien un hippocampe.

Ça faisait longtemps que nous n'étions pas venus sur ce site et ça me fait tout chaud au cœur. Savoir qu'il est là, qu'ils sont là car Typhon en a dénombré 4 au moins, c'est comme… C'est un peu de magie et de poésie sur cette terre, ou plutôt, à 12 mètres de fond dans une calanque de la grande bleue. Un peu de douceur, un peu de lumière, un peu comme si je savais où se trouve le nid d'une fée. Moi ça me réconforte toujours.

 

J'ai terminé la saison depuis un mois, je commence à reprendre du poids, je n'ai pas envie de me lever le matin  mais je ronge mon frein dix fois par jour, et je regrette ces moments sur le bateau, dans l'eau.

Pour autant, je me fais confiance, je saurai bien trouver mon chemin et retrouver la mer.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 11:57

L'autre jour, en plongée, nous avons croisé, trois plongeurs et moi-même, un sar pris par un hameçon.

Sally et moi l'avons regardé puis nous sommes regardées ; j'ai choppé le fil de pêche et elle le sar et puis j'ai tiré sur l'hameçon en me disant déjà dans ma tête que c'était pas forcément une idée salvatrice jusqu'à le sentir s'enlever, difficilement.

 

diplodus vulgaris-vl1

Photo ffessm.fr

 


Finalement le poisson est parti, je me suis dépêtrée du fil de pêche et on s'est éloignés.


Déjà sur le moment, mes sentiments étaient mélangés, d'une part parce que je me demandais si la malheureuse bestiole allait cicatriser de la blessure provoquée par moi l'hémaçon, mais l'un de mes plongeurs disait avec assurance, que oui, oui, les poissons cicatrisaient très bien.

 


Aprés, Typhon m'a fait remarquer avec réprobation et à juste titre, c'était ma seconde épine de conscience, qu'il y avait toujours des problèmes entre les pêcheurs et les plongeurs et que tout ce qu'on pouvait tirer de ce genre d'action, c'était de mettre un pêcheur de plus dans de mauvaises dispositions vis à vis des ploufeurs.

 

De toutes façons, c'est tellement dérisoire de vouloir sauver un poisson : il faut vraiment avoir un coeur d'artichaut.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 10:42

 

En me levant l'autre jour, j'ai appelé le centre de transfusion sanguine, expliqué comme d'hab depuis quelques mois que je connais mes jours de congés au dernier moment, toussa toussa, et est-ce qu'ils avaient de la place aujourd'hui  pour un don de plasma ?

 

Dans le temps, je donnais du sang total, ensuite j'ai donné des plaquettes et depuis quelques années, ils me prennent mon plasma. Il paraît que j'ai beaucoup d'anticorps contre l'hépatite B, c'est pour ça.

J'aime mieux, on peut donner plus souvent en plasma qu'en sang total, je me sens plus utile.

Par chance, il y avait de la place, donc je suis venue, la jeune secrétaire a fait mon admission et puis elle est revenue me demander si ça ne me dérangerait pas de donner en sang total, parce qu'ils manquaient terriblement, actuellement, de poches de sang total de mon groupe.

J'ai répondu que j'étais là pour donner ce dont ils avaient le plus besoin, et que sang total, non non, ça ne me dérangeait pas.

Ensuite, passage devant le médecin.

Une dame un peu plus âgée que moi, vaguement maternelle, potelée, soignée, joliment maquillée et habillée avec de petits talons, souriante, séduisante.

— "Vous pesez toujours 57 kg ?"

— "Oh, oui, docteur !"

Voici déjà quelques mois, l'un des médecins m'a incidemment appris qu'ils ne prélevaient pas de plasma sur des donneurs pesant moins de 57 kg ou peut-être 56, et depuis je dis à chaque fois que, non, non, mon poids n'a pas changé.

— "Hmmm…." (Regard scrutateur sur moi, j'aurais dû mettre autre chose que cette petite robe si décolletée) "j'en doute un peu… Passez sur la balance, s'il vous plaît."

— "Oh, non, docteur…"

  "Si si," me dit-elle en souriant, sortant un pèse-personne de dessous une table.

"52 kg toute habillée avec chaussures, ça fait 51 kg nue. Bon, hé bien ça tombe bien, on avait besoin de sang total de votre groupe et, si je ne peux pas vous prélever en plasma, je peux en sang total."

Bon (dépit et résignation, ça devait arriver, n'est-ce pas)…

— "Et ça signifie que je pourrai plus donner en plasma tant que je n'aurai pas repris de poids ?"

  "Effectivement."

 

Il va surtout falloir que je me débrouille pour passer devant un autre médecin qu'elle, et un peu plus habillée

 


49,8 kg sur la balance ce matin : qui a dit que le sport ne faisait pas maigrir ?

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 10:18

 

petite tour-copie-1

lever

 

pitou

 

 

 

pitou2

Quelques petites photos paisibles : une balise prés de laquelle nous plongeons souvent, entre 5 et 35 mètres, un site riche et poissonneux trés sympa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un lever de soleil sur le port

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pitou, le chat de mes propriétaires

 


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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 13:35

Hier n'a pas été du tout une bonne journée (évidemment à relativiser : ce que je vais raconter doit paraitre dérisoire à certaines personnes vivant des moments autrement plus difficiles).

Je ne devais pas plonger le matin, juste être DP-sécu surface mais dés le matin ça a été le bordel avec des gens qui n'étaient pas inscrits ou qui avaient appelé mais monsieur moustache ne les avait pas inscrits ou…

Et puis Saponin a dit, moi deux plongeurs avec Papyplongeur plus KarlMarx ça me fait trop. 

Saponin est encadrant dans la structure depuis belle lurette, Papyplongeur a dans les 80 ans et il fait peur tant il paraît fragile mais son médecin l'a autorisé à plonger alors on le fait plonger en faisant très attention et on prie que tout aille bien ; KarlMarx était le second plongeur prévu avec Saponin et deux plongeurs suisses s'étaient ajoutés.

 

  OK, je ne pouvais pas forcer Saponin même si ça ne m'arrangeait pas, je lui ai dit que j'allais me débrouiller et j'ai pensé que j'allais devoir me me mettre à l'eau, prendre les suisses avec moi ainsi que les deux touristes anglais qui souhaitaient être encadrés.

 

 

Alors j'ai réorganisé mon bateau, je me suis équipée pour plonger et dans tous ça j'ai pas pu réfléchir au site que j'allais faire. C'est tâche complexe et parfois difficile pour moi de choisir un site : entrent en compte la météo, car il faut placer le bateau autant que les plongeurs en sécurité, le niveau des plongeurs, débutants ou plus ou moins confirmés, et puis les désiratas de ceux-ci (autant que possible, on ne les place pas sur le même site plusieurs fois de suite, et on essaye de leur permettre une belle plongée)

 

Sur le bateau j'ai réfléchi : j'avais des ploufeurs confirmés qui allaient jusqu'à 20 mètres et voulaient faire une jolie ballade et des très débutants auxquels il fallait offrir une eau calme et peu profonde, un ancrage prés du bord pour qu'ils puissent descendre à la chaîne de l'ancre.

 

J'aurais pu faire le site aux patates mais les touristes anglais avaient déjà  plongé là et auraient bien aimé changer et comme ils étaient adorables et que c'était possible au vu de la météo et des autres facteurs, je pouvais bien le faire.

Le vent était de je ne sais plus, si je ne faisais pas le site aux patates  il fallait me diriger vers la côte est de l'île de toutes les plongées ; là j'avais le choix entre le tombant des chinois ou la pointe pas glauque (wahou les pseudos tirés par les cheveux que j'invente !!!).

J'ai choisi le tombant parce que ça ferait une plus jolie plongée pour les confirmés.

 

Sur site il n'y avait pas de vent et j'aurais dû réagir.

Il y avait des pêcheurs installés exactement là où j'aurais voulu mouiller ; j'aurais pu aller un peu plus loin mais ça m'éloignait du tombant, et puis j'ai espéré que mon bateau s'éloignerait des pêcheurs une fois mouillé et puis là j'étais un peu submergée par tous les éléments de choix à prendre en compte alors j'ai mouillé juste devant les pêcheurs.

J'ai fait mon brief et les ploufeurs ont commencé à partir et mon bateau a commencé à se rapprocher des rochers et accessoirement des pêcheurs et ça ne me plaisait pas du tout.

 

Mais là j'étais coincée  avec les ploufeurs à moitié en train de partir et tout. Les pêcheurs faisaient la gueule, moi je me demandais si mon bateau allait se stabiliser suffisamment loin des rochers ou pas, si je devais relever le mouillage pour aller le reposer plus loin, j'essayais de régler le sondeur qui s'était réglé en pieds et non en mètres, du coup impossible de savoir quelle était la profondeur exacte sous l'hélice.

 

Des plongeurs m'ont fait remarquer que c'était pas cool pour les pêcheurs qui étaient là avant nous et qu'on les emmerdait. Moi je me sentais très seule parce que oui bien sûr ils avaient raison mais tout n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire quand on n'est pas celui qui décide et est responsable, et puis même, peut-être ils auraient fait mieux, eux, sauf que c'était moi avec mes capacités à moi qui avait fait et on n'est pas tous doués pour les même choses.

J'ai fait patienter ma palanquée, on allait faire partir celle de Saponin et  j'allais remanoeuvrer.

Dylane (la jeune femme présente sur le bateau pour assurer la sécu-surface) a eu une excellente idée : mettre un grappin à l'arrière du bateau pour le stabiliser. On fait souvent ça sur Harthur, la seule fois que j'ai essayé ça sur Fée-des-sept-mers ça a lamentablement capoté mais j'ai immédiatement adhéré : vue la configuration du fond, là ça aurait probablement plus de succés et puis j'irais le positionner moi-même sous l'eau pour que ça soit le cas.

 

 

Sauf que vraiment Fée-des-sept-mers se rapprochait trop de la roche pour qu'on puisse attendre plus alors j'ai fait partir Karl-Marx qui était prêt et en train de se déshydrater au soleil à l'eau  en prévenant Saponin qu'immédiatement après  je devais manoeuvrer, j'ai dit à Dylane de garder Papyplongeur sous le coude et j'ai fait bouger le bateau.

Et constaté avec  consternation que Karl Marx au lieu de s'éloigner de l'hélice s'en était rapproché (bon, il était à trois "bons" mètres, c'était suffisant pour qu'il ne soit pas immédiatement en danger de passer dans l'hélice mais en même temps beaucoup trop proche, et je savais bien que Mischaël n'aurait jamais laissé les choses en venir là…). Bon, ça s'est bien passé, mais Saponin a lancé tout haut "mais attends, l'hélice tourne, là ?" Ben oui, je viens de te dire que je devais manœuvrer.

 

 

Mais bon, j'ai repositionné mon bateau, on a lancé le grappin…

  quelque part dans tous ça je m'étais platement excusée auprès des pêcheurs qui m'avaient fait remarquer que pourtant y'avait de la place, oui monsieur, je suis vraiment désolée, excusez-moi, et si je pouvais tout vous expliquer peut-être vous ne m'en voudriez pas trop car vous avez l'air plutôt sympa mais là j'ai pas le temps mais excusez-moi, vraiment

 

  j'ai été assurer le grappin et effectué sans sourciller, au point où j'en étais, un premier yo-yo 18 mètres-la surface.

Je suis partie plonger, Fée-des-sept-mers était en  sécurité et les plongeurs aussi, ça au moins c'était bon.

J'ai passé une bonne partie de la plongée à chercher des trucs à montrer à mes plongeurs : j'avais l'impression qu'ils s'emmerdaient et ça ne faisait qu'ajouter au reste.

J'ai croisé vers la fin de ma plongée un de mes stagiaires pédagogiques et un peu fait la grimace à part moicar il partait seulement pour son second tour (il avait deux élèves qu'il ne pouvait pas prendre ensembles donc il effectuait deux tours) et ça ne m'arrangeait pas du tout : il allait encore y avoir de l'attente pour des plongeurs qui en avaient déjà trop eu, là où je n'avais qu'une envie, ramener ce foutu bateau et réfléchir à tout ce que j'aurais pu ou dû faire  pour que ça ne  m….douille pas ainsi.

 

J'ai ramené mes plongeurs au bateau, je suis restée un moment dans l'eau, heureusement agréablement tiède  et puis j'ai dit à l'Expert que j'allais arranger le grappin. J'avais dans l'idée juste de le remonter sur le rocher parce que tel que je l'avais laissé en partant, on n'aurait pas pu le remonter depuis le bateau, il aurait fallu aller le chercher ou le laisser dans l'eau. J'ai donc fait toujours sans sourciller un troisième (en comptant la plongée) yoyo 18 mètres, la surface.

 

 

Seulement on s'est mal compris avec l'Expert (en fait parce que j'avais été imprécise) et ils ont complètement remonté le grappin, et évidemment le bateau est revenu vers les rochers. Comme la mer était calme, je leur ai dit de remonter l'échelle tribord qui risquait de cogner et  suis restée entre la rive et le bateau pour protéger celui-ci.

 

Mon stagiaire entre-temps était revenu sous le bateau et là, comme en plus Dudu, un moniteur venu plonger pour lui me disait qu'il fallait que je reprenne les commandes, je suis redescendue à 3 mètres, j'ai fait signe au stagiaire de remonter et comme il arrivait en surface et discutait avec son élève, je leur ai demandé de remonter sur le bateau immédiatement...

 

 

Après j'ai encore palmé pour repousser le bateau loin de la roche le temps de remonter dessus   et on est rentrés sans encombre.

 

Sur le chemin Dudu qui est un ancien moniteur professionnel très expérimenté m'a expliqué gentiment que quand, comme aujourd'hui, il n'y avait pas de vent, c'était la houle provoquée notamment par les bateaux passant au large qui provoquait ce qui m'était arrivé. Et qu'il aurait fallu mouiller plus loin de la roche.

 

 

Du coup je lui ai expliqué pourquoi j'avais pris les décisions que j'avais prises.

 

 

Récemment, j'ai décidé d'arrêter de me prendre le choux chaque fois que les choses ne tournent pas aussi rond que je le voudrais ; de noter ce qui n'allait pas pour le mettre à profit puis, cela fait, de  retenir le positif.

 

Ce qu'il y a à retenir aujourd'hui,

  c'est le fait que finalement il n'y a pas eu d'incidents / accidents ;

  que  les touristes anglais ont été contents de leur plongée avec moi ;

…  et aussi les deux  suisses qui s'étaient rajoutés et à qui en plus j'avais fait diminuer leur lestage et ils m'ont dit que ça allait bien mieux comme ça ;

 

Et au diable tous ceux qui donnent l'impression qu'ils auraient fait mieux..

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 16:41

 

J'aime tout spécialement les congres.

Je fais actuellement la saison là où j'ai effectué mon stage pédagogique, voici deux ans. Nous allons plonger sur les mêmes sites qu'à l'époque ; dardanus calidus-so1sur l'un de ces sites (la calanque carrée), par dix mètres de profondeur, il y a une pierre carrée sous laquelle se trouvent un bernard l'hermite (techniquement, en fait un grand pagure),

 

 

Photo ffessm.fr

 

une murène et un congre, "c'est un ménage à trois, ça fait quatre ans qu'ils sont là."

Ça, c'est ce que dit Mischaël dans ses briefs.

Moi, je ne l'avais jamais vu, ce ménage à trois, et pourtant à chaque plongée sur ce site, j'avais explorées toutes les pierres de la zone. Le congre s'absentait-il ? Était-ce moi qui cherchait mal  ?

 

Conger-conger-7

Un jour, récemment, quelqu'un me l'a montré et j'ai eu ma réponse : j'avais mille fois ou peut-être une dizaine seulement, regardé sous cette pierre.  

 

Photo ffessm.fr

 

 

Le diable sait pourquoi je ne l'ai jamais vu.

 

Depuis, des congres, j'en ai vu des tas — comme si le fait d'avoir vu le premier avait débloquée ma capacité à les trouver, j'aimerais qu'il en soit autant des grandes cigales et des corbs et des mérous  —  , et j'adore leur tête timide et anxieuse.

 

muraena helena-ob1


Ce qui est curieux, d'ailleurs, c'est que la murène (aussi bestiole serpentiforme qu'on trouve dans les trous) aussi a un air inquiet (yeux fous d'anxiété, oui, je sais, c'est de l'anthropomachinchose, gueule ouverte...), pourtant elle ne m'inspire aucune sympathie.

 

Photo ffessm.fr

 


 

Pour en revenir à nos moutons poissons, depuis quelques jours, le congre de la calanque ronde (car nous avons nos chouchous que nous visitons à chaque passage sur le site) a un hameçon planté dans la gueule, un sacré morceau de ferraille d'aprés Riton — moi je n'ai vu que le fil de pêche qui sortait de dessous la pierre et éprouvé de la main que quelque chose y était accroché ; comme je venais de voir le congre rentrer sous la pierre, la triste conclusion était toute faite.

 

Nous nous sommes concertés pour savoir ce que nous pourrions faire pour lui mais personne ne veut prendre le risque de se faire mordre (en quoi ils ont sans doutes raison)  et nous ne ferons finalement probablement rien.

C'est stupide — Y'a tellement de misère autrement plus grave sur terre — mais ça me fait de la peine. Alors je mets de côté.

En fait, tout ce qui renvoie à l'absence, à la mort, me rend malade. Alors je mets de côté.


Quand quelque chose fait mal, il suffit de faire comme si on avait un précipice autour de son jardin : l'isoler par une grande cloison, même pas spécialement solide, mais complètement étanche. On ne voit plus le précipice, on ne sait même plus qu'il est là. Il suffit de ne pas s'approcher, jamais, jamais, de la cloison. Évidemment plus facile à dire qu'à réaliser.


À relier à mon incapacité à fonder un couple et à mon isolement : j'ai peur de perdre, tellement que quelque chose en moi me fait rester seule, parce que mieux vaut être seul que risquer de perdre ce / ceux qu'on aime.

Théorie de comptoir ? N'empêche que ça fait un moment qu'elle s'applique, la théorie de comptoir.

N'empêche que ma mère a perdu la sienne très jeune et n'a jamais été capable de m'en / nous en parler et moi de la pousser à le faire. C'est normal, de ne pas parler de ce qui fait mal ?

N'empêche que mon père a été séparé du sien trés jeune par sa mère qui, aprés son divorce, a soigneusement évité de laisser son fils voir son ex-mari. Là encore, silence radio.

Et ce n'est pas maintenant que, sans prévenir, mes parents semblent eux-mêmes se transformer  à vitesse grand V en vieillards, que je vais en parler avec eux.

Ils ont toujours nié que j'aie un quelconque problème psychopaslogique  — alors que tout le monde en a... et moi j'ai toujours (suite également à un début d'analyse, voici quelques années) pensé qu'une bonne partie de mes fractures internes, (qu'on les considère ridiculement bénignes ou pas) sont d'origine familiale.


Je n'ai pas envie de me disputer avec mes parents ; ils ont fait de leur mieux avec ce qu'ils étaient,  moi je n'ai pas été capable plus tôt de parler avec eux et maintenant je n'en ai pas envie.


D'aprés mon oncle par alliance et sa compagne qui elle est ma tante, mes parents sont trés fiers de moi — de tout ce que je suis. Certes, je veux bien le croire — mais j'aimerais bien que cela se manifeste au quotidien parce que, moi, je perçois au mieux indifférence ou rejet des activités qui me tiennent à coeur et du coup les sujets de conversation ne sont pas nombreux.

 


Difficile de se dépétrer de son enfance dont pourtant tout porterait à croire qu'elle a été rose.

J'aimerais parvenir à faire la paix en moi vis à vis de tout cela de façon à ne plus leur en vouloir de tant de "choses" confuses. Des fois, j'ai l'impression d'être sur le chemin.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 10:33

de la publicité a été publiée dessus : merci, j'avais remarqué.

Je tiens beaucoup à cet espace et déteste le voir ainsi "défiguré"... La solution est simple, recommencer à l'entretenir régulièrement  :  Je ne comprends pas pourquoi j'y ai du mal ainsi.

J'écris toujours dans mon cahier personnel, je lis toujours les blogs d'autres personnes avec autant de plaisir.  Bon, il va falloir trouver une solution, mais comme toute chose cela se fera à son rythme.

 

 

 

 

 

"C'est une aprés midi de travail classique qui se termine. L'eau est froide mais comme d'habitude, nous enchaînons les baptêmes, encore le rythme estival n'est-il pas encore à son apogée...


Je fais surface à la proue de Harthur le bateau, renvoie mon dernier baptisé sur le bateau et remarque que Typhon attend dans l'eau.  Typhon est l'un de mes deux collègues de travail et son pseudo est plutôt à l'opposé de sa personnalité apparente. C'est un grand jeune homme musclé et plutôt maigre ; il a de magnifiques cheveux longs et frisés, un grand nez et un visage  sympathique, il est d'une grande gentillesse même s'il est capable de tacler les gens qui dépassent ses bornes des limites.

Il est souvent gelé dans l'eau et ça se voit à la rigidité de sa posture, à ses frissons et à ses lèvres grelottantes. Comme là par exemple.

 


... Hmmm.... Qu'est-ce qu'il attend ? Y-aurait-il encore du boulot ?

Non, me dit-il, mais il a vu un hippocampe dans l'eau et il attend Mischaël pour le lui montrer.

 

Un hippocampe ! Oui, un de ceux qui ont de petites excroissances formant crinière, les plus jolis, me dit-il.

Mischaël qui arrive justement et comme moi renvoie son dernier baptisé sur le bateau, demande si c'est loin. C'est lui le DP aujourd'hui, et il a à coeur de ne pas faire attendre les gens.

Non, non, précise Typhon,  de toutes façons on y va en palmant vite et sans flaner, il nous montre la bestiole, ça ne prendra pas longtemps !


Ils y vont en surface et moi qui me suis réimmergée sans réfléchir, je les suis par en dessous en palmant ferme puis comme eux pique à 12 mètres de profondeur.

Sur le fond sablo-pierreux avec des algues, nous cherchons quelques minutes ; Typhon fait un geste d'impuissance et de déception : c'était là !


Mischaël lui fait signe qu'il ressort (il nous dira ensuite qu'il n'avait plus d'air) mais avec Typhon nous cherchons encore un peu (ou plutôt il cherche et moi je fais semblant, surtout pour le plaisir de rester encore un peu sous l'eau et pour ne pas avoir de regrets ensuite) et puis subitement je l'entends pousser une exclamation et le vois me faire signe, il a trouvé !


Je me retourne, rattraper Mischaël pour qu'il le voie aussi, mais il est déjà loin.

Entre les algues, une petite tête parfaite de cheval des mers. Je crains tellement de trop m'en rapprocher, de le perturber que je ne le vois qu'à peine et ne me souviendrai même plus ensuite si j'ai vu sa nageoire dorsale, sa queue.

 

hippocampus-guttulatus-14

 

Un joli instant suspendu, magique et puis mon ordinateur bippe, qu'est-ce qui lui prend à celui-ci ? Ah oui, plus que 48 bars dans ma bouteille, et je prends conscience que moi aussi je suis gelée, que sur le bateau, les clients nous attendent, l'aprés midi n'est pas fini.


Typhon me fait signe qu'on doit y aller et j'acquiesce à contre coeur.

 

Cet aprés-midi là, avant les baptêmes, j'avais vraiment galéré avec quatre petits piou-piou plongeur en formation, et j'avais vraiment eu l'impression d'avoir fait du boulot pas top même si j'avais fait ce que j'avais pu compte tenu des conditions. L'hippocampe, ça m'a sauvée ma journée.

 


Je n'aurais jamais cru en voir un "pour de vrai" dans la grande Bleue."

 

Photo  Ffessm.fr

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