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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 08:11

Je n'ai pas replié mon canapé-lit depuis exactement dix jours puisque je n'ai pas eu de jour de congés depuis exactement dix jours.


Je fais toujours la vaisselle, recouvre le lit proprement de sa couette et range la salle de bain au quotidien, mais au bout de dix jours sans passer le balai (bouh, pas bien), hum hum, il serait temps d'y passer un bon coup de propre. Ce sera pour aujourd'hui puisque je suis OFF.

Ça, et puis des courses, et m'acheter mon cadeau d'anniversaire, du parfum, et puis j'aimerais m'acheter des livres, aussi.


Il y a des années, mon cousin m'avait offert un flacon de parfum qui initialement ne m'était pas du tout destiné.

Au départ, j'avais conservé le flacon simplement parce que c'était le seul cadeau que j'avais jamais eu de ce  cousin et peut-être aussi parce que je me moquais de moi-même, faut-il être cruche pour être reconnaissante d'un cadeau par défaut, mais je détestais la fragrance. Et puis un jour je me suis mise à l'aimer avec la même ardeur  et je me moque toujours de moi-même pour l'attachement que j'ai envers ce souvenir de ce cousin que je ne vois plus.

Et puis un jour il a cessé d'être en vente (le parfum, parce que le cousin n'a jamais été à vendre). Bien dépitée j'ai été.

Et puis récemment il a été réédité. Un vrai cadeau ce sera d'en racheter, mais je dois me dépêcher.


Envie d'écrire dans mon cahier, des petites choses, ces moments où je réalise combien j'ai progressé, ces moments de fierté intense, précieuse, un peu dérisoire souvent et fugitive, ces moments où je patauge, encore et toujours.

Des petites choses, mais comme le dit Stockholm, ce sont elles qui sont importantes.

Écrire pour débriefer, écrire pour garder la trace et ne pas reproduire, ou pouvoir, au contraire, refaire, écrire parce que je n'ai personne à qui raconter (et même si j'avais quelqu'un dans ma vie, je ne suis pas sûre que je lui raconterais toutes ces petites choses.)

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 10:37

J'ai posé l'ancre de Fée des sept mers sur la face sud de l'île de toutes les plongées et nous avons fait ce que nous avions à faire, c'est à dire, plongé.


Je fais l'appel, toutes les palanquées sont remontées, alors on remonte l'ancre et puis on s'en va.

Harthur quant à lui est toujours mouillé sur la roche des barbus et ça fait un moment qu'en attendant mes plongeurs, je le regarde. Ça a l'air calme à son bord, et on n'entend rien à la VHF...

... Pour autant, il s'agissait pour eux d'une plongée profonde (qui dure toujours moins longtemps qu'une plongée dans la zone des 20 mètres) avec des plongeurs expérimentés qui mettent toujours moins de temps à se préparer que les débutants.

... Et puis eux, ils avaient le pilote-DP, Loup-Alpha, en sécurité surface, tandis que moi, j'ai dû assurer la sécu en attendant le retour d'un autre moniteur avant de partir moi-même plonger tandis que lui prenait le relai.


Bref, Harthur  aurait dû lever l'ancre et rentrer bien avant nous.


... en plus ces dernières semaines, les deux bateaux ont alternativement présenté des défaillances moteurs nous obligeant à remorquer alternativement l'un avec l'autre...

Loup-Alpha est expérimenté et fort capable de gérer toute situation, mais finalement, alors que j'ai quitté mon site depuis bien 500 mètres, je craque et l'appelle.

—  "Tout va bien ?"

Sa voix est joyeusement ironique

— "Tout va trés bien, j'en ai juste deux qui sont en train de mourir au palier."

—  "....  hein ???"

—  "Non, laisse tomber, Dragon d'eau, je te raconterai, mais rien de grave, tu peux remonter ton ancre et t'en aller" me dit-il en riant, comme si je n'avais pas  déjà procédé à ces deux étapes et n'étais pas  déjà à mi chemin du port.

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 15:08

Lorsque je regarde mon cahier de l'an dernier, je suis surprise par la rancoeur et l'amertume que j'étalais dans tous mes écrits.


Pourtant  j'appréciais beaucoup Typhon (qu'au début j'avais pseudotté Vador) qui bossait avec nous dans l'équipe l'an dernier et qui a toujours été trés sympa, quant à Mischaël, je crois bien que c'est depuis la première année que j'ai envie de faire crac-boum-hue avec lui.


Mais l'an dernier, justement, y'avait Typhon, qui était sympa, travailleur, performant, et de plus un mec (comme quelqu'un me l'a fait remarquer récemment, la plongée est un milieu assez macho) et du coup Mischaël et lui s'entendaient bien ensembles, et moi j'étais la mascotte dont on plaisante gentiment et qu'on envoie à droite à gauche alors que j'aurais tellement voulu faire partie de l'équipe .


Je ne pilotais pas du tout Harthur  et même avec Fée des Sept mers, je n'étais pas à l'aise. S'agissant de choisir des sites de plongée, c'était la cata, et même en enseignement je n'étais pas expérimentée donc pas super performante.


Donc l'an dernier j'ai fait beaucoup de petits niveaux et me suis beaucoup morfondue en espérant faire autre chose, et ai développé beaucoup de rancoeur à ces sujets.


Cette année, dans l'équipe de moniteurs diplômés salariés, il y a Mischaël, Trois-pommes et moi. Trois-pommes est lent, a du mal à travailler au même rythme et de la même façon que les autres et ne fait pas réellement d'efforts à ce sujet, ce qui fait que des anticorps sont en train de se développer en Mischaël à son encontre, et en moi aussi.


Ce qui fait que du coup Mischaël compte plus sur moi et me manifeste plus d'attention et de gentillesse (en revanche s'il y a une chose que je me reproche c'est mon manque de maturité affective et mon impression d'avoir des côtés "je suis un petit chien en manque d'affection").

Par ailleurs, je suis devenue, par petites touches, et parce que l'expérience se met progressivement en place en moi, avec la confiance, plus performante, ce qui fait qu'il peut maintenant me confier plus facilement des plongées plus techniques et me faire confiance.


Et puis j'ai commencé à piloter Harthur, d'abord en pleine mer sous la direction de Mischaël puis pour sortir du port, puis parfois pour y rentrer ou une prise de coffre.


Ça peut paraître bizzare, mais je trouve Harthur, vedette accueillant 30 personnes, plus facile à piloter que fée des sept mers qui est un petit semi-rigide. Il est plus réactif, plus facile à faire changer de direction. Plus gros évidemment aussi, et la manoeuvre d'entrée dans la place est plus difficile. Mais l'un dans l'autre j'aime bien. [Et je suis mais carrément super fière de moi quand tout s'est bien passé et qu'en récapitulant je  réalise que j'ai bien positionné mon bateau, largué trois-pommes et ses plongeurs sur 25 mètres, attendu qu'ils se soient éloignés, posé mon mouillage, relevé mon mouillage, rentré Harthur au port... Sans stress, sans anicroches... pour moi qui ai rencontré la mer aussi tardivement dans ma vie, c'est une grande réussite, d'ailleurs trop peu fréquente mais encourageante].

 

Sauf que décidément je resterai toujours la même et aussi peu que la présence du patron sur le bateau m'intimide, autant celle de Mischaël m'inhibe et me porte à d'inconscientes manoeuvres d'auto-sabordage pitoyables qui font se demander quel âge j'ai dans la tête.

Nonobstant ceci, en tous cas, décidément, cette année, je me sens mieux, même si évidemment tout n'est pas tout rose tout le temps non plus.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 13:29

Cétait une consultation de garde, il y a un certain temps, j'ai préféré laisser passer du temps pour digérer avant de poster, même si je l'ai écrit à chaud.


Une consultation banale sur l'instant, une de ces consults un peu chiante tout de même, parce qu'on a souvent et là en l'occurence plusieurs choix possibles, que les choix dépendent parfois de critères objectifs et parfois aussi du propriétaire et c'est pas toujours simple.

Un client dont j'ai mal jugé le statut vis à vis de son motif de consultationmais il ne m'a pas non plus expliqué.

 

 

Une consultation de nuit à laquelle j'ai passé du temps, beaucoup de temps, avant de rendre le chien en pleine nuit à cause de l'insistance du propriétaire, en bonne forme.

Le lendemain, je rentre chez moi pour une petite journée de congès.

 

 


Le surlendemain, je reviens, mon patron me dit que son confrère le vétérinaire traitant l'a appellé, lui a exposé les doléances du propriétaire. Lui a dit franchement au dit confrère  qu'il ne savait pas ce qui s'était passé, que le mieux était que le monsieur revienne discuter avec moi.

 


Mon coeur cogne en l'écoutant, mes jambes tremblent, je déteste les conflits, et,  oh, je savais bien que ça risquait d'arriver : quand j'ai dit au revoir au client, je me suis fait la réflexion que   certains connards    certains personnes savaient te faire comprendre que même si t'avais fait de ton mieux, donné ton mieux, ça n'était pas assez pour eux.

 


Je lui raconte tout, méthodiquement, chronologiquement.

Plus tard, je rappelle le client.


Rétrospectivement, et encore aprés la fin de cet entretien avec mon patron puis le client, je revois cette consultation qui  multiplie les incohérences : au téléphone, son épouse m'a demandé s'ils devaient venir consulter, c'est moi qui lui ai dit que c'était préférable, et maintenant il me reproche de n'être pas intervenu chirugicalement tout de suite (à moins que je ne sois la seule à voir un gouffre entre "est-ce qu'on doit venir consulter ou peut-on la surveiller à la maison ?" et "vous auriez dû ouvrir immédiatement").

 

Il ne m'a pas demandé de faire d'examens complémentaires (d'ailleurs pas forcément "obligatoires" dans ce contexte, m'enfin ça ça se discute et de toutes façons mon automate ne fonctionnait pas) mais il me reproche de ne pas en avoir faits.


Au passage il me dit que le confrère m'a enfoncée : j'ai facturé horriblement cher, j'aurais dû faire une prise de sang, et puis cette chirurgie se pratique toute seule et moi je lui ai dit que je devais appeller ma collègue.

Sur ce point là, je le rembarre immédiatement : oui, cette chirurgie peut se pratiquer seul, mais pas si on veut faire du bon boulot, et  je m'étonne que mon confrère ait osé prétendre cela lui ait dit cela.

Pour la prise de sang non plus il n'y a pas d'indication si évidente que mon connard de confrère le prétend.

Sur les autres points non : je sais bien qu'il n'a pas tort. Moi non plus d'ailleurs et je n'ai commis aucune erreur, juste mal évalué la situation. Qu'il ne m'avait pas non plus expliquée correctement.

 

 

Mon patron me dit que je n'ai à son sens pas commis d'erreur. Quand je lui rapporte certains propos de son confrère il lève les yeux au ciel et aprés coup m'avoue que, même si il s'agit d'un ami, le comportement dudit véto l'a beaucoup agacé.


Moi je me sens mal à l'aise, mal tout court. Parce que de nos jours on peut toujours craindre une plainte à l'ordre, un procés ou quoi que ce soit.


Parce que tout.  Parce que même si je dis toujours que ce métier  ne m'épanouit pas, j'y mets toujours toute ma conscience professionnelle, que j'estime ne pas avoir commis d'erreur — juste une mauvaise estimation.

 

Au moment où je rédige ces lignes, j'ai l'impression qu'on m'a marché dessus.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 13:35

Hier n'a pas été du tout une bonne journée (évidemment à relativiser : ce que je vais raconter doit paraitre dérisoire à certaines personnes vivant des moments autrement plus difficiles).

Je ne devais pas plonger le matin, juste être DP-sécu surface mais dés le matin ça a été le bordel avec des gens qui n'étaient pas inscrits ou qui avaient appelé mais monsieur moustache ne les avait pas inscrits ou…

Et puis Saponin a dit, moi deux plongeurs avec Papyplongeur plus KarlMarx ça me fait trop. 

Saponin est encadrant dans la structure depuis belle lurette, Papyplongeur a dans les 80 ans et il fait peur tant il paraît fragile mais son médecin l'a autorisé à plonger alors on le fait plonger en faisant très attention et on prie que tout aille bien ; KarlMarx était le second plongeur prévu avec Saponin et deux plongeurs suisses s'étaient ajoutés.

 

  OK, je ne pouvais pas forcer Saponin même si ça ne m'arrangeait pas, je lui ai dit que j'allais me débrouiller et j'ai pensé que j'allais devoir me me mettre à l'eau, prendre les suisses avec moi ainsi que les deux touristes anglais qui souhaitaient être encadrés.

 

 

Alors j'ai réorganisé mon bateau, je me suis équipée pour plonger et dans tous ça j'ai pas pu réfléchir au site que j'allais faire. C'est tâche complexe et parfois difficile pour moi de choisir un site : entrent en compte la météo, car il faut placer le bateau autant que les plongeurs en sécurité, le niveau des plongeurs, débutants ou plus ou moins confirmés, et puis les désiratas de ceux-ci (autant que possible, on ne les place pas sur le même site plusieurs fois de suite, et on essaye de leur permettre une belle plongée)

 

Sur le bateau j'ai réfléchi : j'avais des ploufeurs confirmés qui allaient jusqu'à 20 mètres et voulaient faire une jolie ballade et des très débutants auxquels il fallait offrir une eau calme et peu profonde, un ancrage prés du bord pour qu'ils puissent descendre à la chaîne de l'ancre.

 

J'aurais pu faire le site aux patates mais les touristes anglais avaient déjà  plongé là et auraient bien aimé changer et comme ils étaient adorables et que c'était possible au vu de la météo et des autres facteurs, je pouvais bien le faire.

Le vent était de je ne sais plus, si je ne faisais pas le site aux patates  il fallait me diriger vers la côte est de l'île de toutes les plongées ; là j'avais le choix entre le tombant des chinois ou la pointe pas glauque (wahou les pseudos tirés par les cheveux que j'invente !!!).

J'ai choisi le tombant parce que ça ferait une plus jolie plongée pour les confirmés.

 

Sur site il n'y avait pas de vent et j'aurais dû réagir.

Il y avait des pêcheurs installés exactement là où j'aurais voulu mouiller ; j'aurais pu aller un peu plus loin mais ça m'éloignait du tombant, et puis j'ai espéré que mon bateau s'éloignerait des pêcheurs une fois mouillé et puis là j'étais un peu submergée par tous les éléments de choix à prendre en compte alors j'ai mouillé juste devant les pêcheurs.

J'ai fait mon brief et les ploufeurs ont commencé à partir et mon bateau a commencé à se rapprocher des rochers et accessoirement des pêcheurs et ça ne me plaisait pas du tout.

 

Mais là j'étais coincée  avec les ploufeurs à moitié en train de partir et tout. Les pêcheurs faisaient la gueule, moi je me demandais si mon bateau allait se stabiliser suffisamment loin des rochers ou pas, si je devais relever le mouillage pour aller le reposer plus loin, j'essayais de régler le sondeur qui s'était réglé en pieds et non en mètres, du coup impossible de savoir quelle était la profondeur exacte sous l'hélice.

 

Des plongeurs m'ont fait remarquer que c'était pas cool pour les pêcheurs qui étaient là avant nous et qu'on les emmerdait. Moi je me sentais très seule parce que oui bien sûr ils avaient raison mais tout n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire quand on n'est pas celui qui décide et est responsable, et puis même, peut-être ils auraient fait mieux, eux, sauf que c'était moi avec mes capacités à moi qui avait fait et on n'est pas tous doués pour les même choses.

J'ai fait patienter ma palanquée, on allait faire partir celle de Saponin et  j'allais remanoeuvrer.

Dylane (la jeune femme présente sur le bateau pour assurer la sécu-surface) a eu une excellente idée : mettre un grappin à l'arrière du bateau pour le stabiliser. On fait souvent ça sur Harthur, la seule fois que j'ai essayé ça sur Fée-des-sept-mers ça a lamentablement capoté mais j'ai immédiatement adhéré : vue la configuration du fond, là ça aurait probablement plus de succés et puis j'irais le positionner moi-même sous l'eau pour que ça soit le cas.

 

 

Sauf que vraiment Fée-des-sept-mers se rapprochait trop de la roche pour qu'on puisse attendre plus alors j'ai fait partir Karl-Marx qui était prêt et en train de se déshydrater au soleil à l'eau  en prévenant Saponin qu'immédiatement après  je devais manoeuvrer, j'ai dit à Dylane de garder Papyplongeur sous le coude et j'ai fait bouger le bateau.

Et constaté avec  consternation que Karl Marx au lieu de s'éloigner de l'hélice s'en était rapproché (bon, il était à trois "bons" mètres, c'était suffisant pour qu'il ne soit pas immédiatement en danger de passer dans l'hélice mais en même temps beaucoup trop proche, et je savais bien que Mischaël n'aurait jamais laissé les choses en venir là…). Bon, ça s'est bien passé, mais Saponin a lancé tout haut "mais attends, l'hélice tourne, là ?" Ben oui, je viens de te dire que je devais manœuvrer.

 

 

Mais bon, j'ai repositionné mon bateau, on a lancé le grappin…

  quelque part dans tous ça je m'étais platement excusée auprès des pêcheurs qui m'avaient fait remarquer que pourtant y'avait de la place, oui monsieur, je suis vraiment désolée, excusez-moi, et si je pouvais tout vous expliquer peut-être vous ne m'en voudriez pas trop car vous avez l'air plutôt sympa mais là j'ai pas le temps mais excusez-moi, vraiment

 

  j'ai été assurer le grappin et effectué sans sourciller, au point où j'en étais, un premier yo-yo 18 mètres-la surface.

Je suis partie plonger, Fée-des-sept-mers était en  sécurité et les plongeurs aussi, ça au moins c'était bon.

J'ai passé une bonne partie de la plongée à chercher des trucs à montrer à mes plongeurs : j'avais l'impression qu'ils s'emmerdaient et ça ne faisait qu'ajouter au reste.

J'ai croisé vers la fin de ma plongée un de mes stagiaires pédagogiques et un peu fait la grimace à part moicar il partait seulement pour son second tour (il avait deux élèves qu'il ne pouvait pas prendre ensembles donc il effectuait deux tours) et ça ne m'arrangeait pas du tout : il allait encore y avoir de l'attente pour des plongeurs qui en avaient déjà trop eu, là où je n'avais qu'une envie, ramener ce foutu bateau et réfléchir à tout ce que j'aurais pu ou dû faire  pour que ça ne  m….douille pas ainsi.

 

J'ai ramené mes plongeurs au bateau, je suis restée un moment dans l'eau, heureusement agréablement tiède  et puis j'ai dit à l'Expert que j'allais arranger le grappin. J'avais dans l'idée juste de le remonter sur le rocher parce que tel que je l'avais laissé en partant, on n'aurait pas pu le remonter depuis le bateau, il aurait fallu aller le chercher ou le laisser dans l'eau. J'ai donc fait toujours sans sourciller un troisième (en comptant la plongée) yoyo 18 mètres, la surface.

 

 

Seulement on s'est mal compris avec l'Expert (en fait parce que j'avais été imprécise) et ils ont complètement remonté le grappin, et évidemment le bateau est revenu vers les rochers. Comme la mer était calme, je leur ai dit de remonter l'échelle tribord qui risquait de cogner et  suis restée entre la rive et le bateau pour protéger celui-ci.

 

Mon stagiaire entre-temps était revenu sous le bateau et là, comme en plus Dudu, un moniteur venu plonger pour lui me disait qu'il fallait que je reprenne les commandes, je suis redescendue à 3 mètres, j'ai fait signe au stagiaire de remonter et comme il arrivait en surface et discutait avec son élève, je leur ai demandé de remonter sur le bateau immédiatement...

 

 

Après j'ai encore palmé pour repousser le bateau loin de la roche le temps de remonter dessus   et on est rentrés sans encombre.

 

Sur le chemin Dudu qui est un ancien moniteur professionnel très expérimenté m'a expliqué gentiment que quand, comme aujourd'hui, il n'y avait pas de vent, c'était la houle provoquée notamment par les bateaux passant au large qui provoquait ce qui m'était arrivé. Et qu'il aurait fallu mouiller plus loin de la roche.

 

 

Du coup je lui ai expliqué pourquoi j'avais pris les décisions que j'avais prises.

 

 

Récemment, j'ai décidé d'arrêter de me prendre le choux chaque fois que les choses ne tournent pas aussi rond que je le voudrais ; de noter ce qui n'allait pas pour le mettre à profit puis, cela fait, de  retenir le positif.

 

Ce qu'il y a à retenir aujourd'hui,

  c'est le fait que finalement il n'y a pas eu d'incidents / accidents ;

  que  les touristes anglais ont été contents de leur plongée avec moi ;

…  et aussi les deux  suisses qui s'étaient rajoutés et à qui en plus j'avais fait diminuer leur lestage et ils m'ont dit que ça allait bien mieux comme ça ;

 

Et au diable tous ceux qui donnent l'impression qu'ils auraient fait mieux..

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 13:24

Au téléphone, il s’agit d’une jeune femme. Elle a trouvé un chien, elle voudrait savoir s’il a une puce électronique.

Moi j’étais au téléphone avec mon patron, parce que j’essaye de faire des radios à un chien et j’ai un problème de développement.

Je lui dis, OK, qu’elle peut me l’amener pour voir s’il a une puce, mais je sens venir le plan foireux s’il n’a pas besoin de soins je ne pourrai pas le garder. Justement, me dit-elle, elle lui a donné à manger, et il a des difficultés à manger, justement ; elle a l’impression qu’il est blessé.

On discute trois minutes, je suis de sale humeur mais je crois parvenir à rester pro et à la cacher, entre ce problème de développement de radios, la chienne au chenil-je-sais-absolument-pas-ce-qu’elle-a-et-ça-m’emmm-fortement, et puis ça.

 

Les animaux errants, c’est LA tuile sur laquelle je déteste tomber (enfin quand on y réfléchit, y’a pas mal de tuiles sur lesquelles je déteste tomber).

 

Bon, parce que, en trois mots, les animaux errants, c’est censé être le problème de la municipalité. Qui me semble-t-il devrait « avoir »  un chenil de fourrière contactable 24 heures sur 24 et puis un vétérinaire dédié.

 

Sauf que tout ça c’est coûteux et souvent les animaux errants c’est le cadet des problèmes du maire ou en tous cas c’est l’impression que tu as toi le véto dans ton coin (je remercie à ce sujet par avance mes honorables lecteurs de ne pas polémiquer, j’ai bien parlé d’ « impression » sous entendu « personnelle » et quand je mentionne « toi le véto dans ton coin » c’est en fait de moi que je parle).

Et souvent en tous cas dans mon expérience personnelle c’est le bordel.

 

Si on t’amène un chien (NB dans les paragraphes suivant, à peu prés toutes les mentions « chien » pourront être heureusement remplacées par « chat ») errant à toi le véto dans ton coin, tu regardes s’il est identifié, tu regardes s’il a besoin de soins.

Si non identifié et besoin de soins (sous entendu de « soins relativement importants »), t’es dans la merde. Parce que, faut pas croire, t’as un cœur et t’aimerais bien le soigner. Mais t’es aussi patron d’une entreprise qui ne peut pas travailler à perte — ou un employé de cette structure qui essaye de travailler aussi dans l’intérêt de l’entreprise, donc pas à perte.

 

Et on ne parle pas d’un chien errant par ci par là, parce que si tu commences à les soigner gratos, ça va très vite être la suite de Fibonacci, le nombre de chiens et chats que t’auras à soigner gratos sans compter tous les gens qui t’amènent un animal en disant qu’ils l’ont trouvé alors que c’est le leur.

 

La jeune femme me dit qu’elle n’a pas de voiture, elle verra lundi avec son véto ; le problème temporairement réglé, je retourne à ma radio.

Elle me rappelle plus tard, j’ai à peine terminé avec mon chien à radio, je sais toujours pas ce qu’a la chienne que j’ai dans le chenil et j’ai pas eu le temps de rappeler maman-dragon pour le cadeau d’anniversaire de mademoiselle-petite-fleur.

 

Finalement elle (la jeune femme au téléphone, tout le monde suit ?) ne peut pas garder le chien chez elle, elle me l’amène. Avec un sentiment croissant d’anxiété, je lui répète que si le chien n’a pas besoin de soins je ne pourrai pas le garder (et s’il a besoin de soins, je fais comment, et s’il n’a pas besoin de soins, ai-je le cœur de le renvoyer dans la rue).

 

Quand j’ouvre la porte, un moment plus tard, ce sont deux ados et une jeune femme à peine plus âgée qui sont sur le seuil.

Dans les bras de la jeune fille, un petit chien probablement tondu de pas si longtemps, et qui a l’air tout décati, jaune très clair, ou blanc, peut-être, la barbe tâchée d’une hypersalivation pas récente.

La jeune fille qui le porte me remercie de l’accueillir et je ne réponds rien à cela, super gênée en mon for intérieur.

 

On le pose sur la table, je pose deux-trois questions, j’enfile des gants et ouvre la gueule du petit toutou sympa.

Que je referme avec une exclamation de dégoût désolé à mi-voix, manquait plus que ça.

La petite bête ne porte pas de puce électronique mais un tatouage est lisible dans son oreille.

Qui renvoie à un numéro de téléphone d’un monsieur ou madame Crue-d’hiver, à quelques 600 km d’ici.

Au téléphone, une voix de femme sympa. Non, elle ne possède pas de chien, juste un chat, et comme je progresse dans mes tentatives pour comprendre, elle me dit ne pas  s’appeler Crue-d’hiver et qu’elle a toujours eu ce numéro de téléphone fixe, depuis son emménagement dans son domicile en 2004.

Le chien a été tatoué en 2000, de toutes façons, alors il est fort possible que son maître  ait eu ce numéro de téléphone, avant de déménager et d’omettre le changement de coordonnées, comme beaucoup de gens.

 

Je prends mon courage à deux mains pour expliquer aux jeunes gens que je suis désolée mais que je ne peux rien pour eux.

 

Que ce chien a certes des problèmes de santé, mais qui ne sont aucunement liés à un accident ou quelque chose comme ça, et qui ne nécessitent pas une hospitalisation. Je vais lui faire des injections pour dire que j’ai fait quelque chose le soulager, et il faut qu’ils l’amènent à la poolice municipale qui le confiera à la SPAAA.

La jeune fille me demande si elle ne pourrait pas avoir le numéro de téléphone que je viens de composer : peut-être la poolice pourrait-elle retrouver l’ancien propriétaire…

Mais, non : si des policiers (municipaux) viennent me le demander, je leur donnerai, mais pas à des particuliers — puisque ce téléphone n’est plus attribué aux propriétaires du chien, je ne pense  pas être autorisée à le dévoiler à des particuliers.

 

Je lui explique que cette pauvre bête a un gros problème de langue, probablement une tumeur de la langue.

 

Si on ne retrouve pas ses maîtres — seuls à même de décider comment le soigner à priori — rapidement, il faudra peut-être  l’endormir pour éviter qu’il ne souffre, mais moi je n’ai pas le droit de le faire, là, ce soir, et eux ne peuvent rien de plus pour lui, à part le confier justement à la fourrière qui fera ce qu’il faut.

Je suppose que je devrais peut-être leur demander une participation symbolique aux soins mais je ne le fais pas.

Ils repartent le chien dans les bras et elle me remercie de nouveau.

Moi j’ai honte de ne pas pouvoir / vouloir faire plus. J’ai mal au cœur pour ce pauvre chien. Dans ce genre de circonstances, je sais très bien que je ne suis qu’une pauvre tâche qui rêverait de pouvoir sauver le monde et qui n’assume pas de ne pas se donner les moyens de sauver au moins quelques animaux errants par ci par là. Vaste sujet de réflexion.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 11:34

Que je vous raconte. C'était un beau samedi aprés midi de garde et tout s'annonçait pour le mieux (c'est à dire que le dragon d'eau, ayant dévoré un tranquille repas de midi parce que, quand on est de garde, il vaut toujours mieux manger quand on en a le temps, ça sera peut-être plus pareil plus tard, était en train de se lover douillettement sous la couette pour la tranquille sieste de l'aprés midi.)

Le téléphone sonne, urgences vétérinaires du jour, bonjour, c'est monsieur Chasseur-que-je-ne-connais-ni-d'Ève-ni-d'Adam qui a un chien blessé par un sanglier, la discussion est trés brève, je suis, ses deux collègues qui vont m'amener le chien et le numéro de rappel qui va bien, au cas où je ne les verrai pas arriver.

Un peu plus tard, deux messieurs d'âge (et à la bedaine) plus que mûrissant(e)  sont devant la porte, tenue typique des chasseurs, c'est à dire, grosses bottes, vêtements de chasse dans des tons neutres et magnifiques parkas orange fluo avec bandes réfléchissantes, histoire de bien signaler à tout sanglier qui passerait qu'ils sont chasseurs et au bout d'une laisse le chien de chasse moyenmaigre, l'air de rien, les oreilles pendantes et la tête basse parce qu'on ne la leur fait pas, à eux les chiens de chasse, ils savent très bien quand ils sont  devant une clinique vétérinaire et que ça sent mauvais pour leur matricule.


Nom de code Globule, deux ans au compteur

Bonjour, entrez, je referme la porte à clef, toujours, chien sur la table, jeune, trop maigre comme tous les chiens de chasse que je connais (oui, je l'ai déjà dit), des oreilles duveteuses trés longues trés lourdes trés douces qu'on aurait envie de se frotter dessus, pardon je m'égare.

 

 

Examen clinique rapide pour vérifier qu'il n'y a rien d'autre, points de suture à prévoir mais bon, rien de bien méchant, juste une petite suture pour se mettre en jambes pour le WE.


Aparté : Monsieur-patron-mon-patron détestant les impayés a développé comme pas mal de vétos ses propres techniques, parmi lesquelles l'établissement pré-opératoire d'un devis à faire signer par le propriétaire.


Donc je me mets en devoir de faire un dossier administratif dans l'ordi. date de naissance, sexe, race... "C'est un Bruno du jura ?"

Deux paires d'yeux un peu scandalisés me fixent par dessus le dos du chien qui tranquillement couché sur la table n'a quant à lui pas conscience de l'erreur à la limite de l'insulte que je viens de commettre : "Oh ! Docteur !" me réprimande l'un d'eux gentiment "C'est un Saint Hubert, voyons."

Sourire "Je ne le ferai plus, promis." Enfin, jusqu'à la prochaine fois où mon cerveau ne sera qu'à moitié connecté et où j'aurai oublié la tactique à suivre pour les cas où on n'est plus sûr de reconnaître la race.

 

globule2

 

 

Deux heures aprés, Globule dans sa cage regardait fixement la tubulure de perfusion qui sortait de sa patte et semblait en plein questionnement métaphysico-existentiel sur ce qui lui était arrivé.


Encore une heure aprés je le retrouvais derrière la porte-fenêtre du chenil, la cage ouverte, la perfusion trainant derrière lui à moitié arrachée, regardant mélancoliquement à l'extèrieur et je comprenais l'utilité des clips destinés à verrouiller les portes de cages que jusqu'ici je ne mettais pas.


" — Allo, monsieur Chasseur-que-je-ne-connais-ni-d'Ève-ni-d'Adam ? Est-ce que vous pourriez venir chercher Globule ? Il est parfaitement réveillé et je crois qu'il aimerait bien rentrer chez lui."


Ah oui mais non, ça l'arrangeait pas, monsieur Chasseur-que-je-ne-connais-ni-d'Ève-ni-d'Adam, il aurait bien aimé que je garde son chien pour la nuit, enfin, est-ce que ça allait lui coûter quelque chose en plus ?


 

Et là, j'avoue, je suis, j'ai été, je serai toujours sur ce genre de choses, faible. J'ai dit que non, ça ne lui coûterait rien de plus.

 


Pourquoi je dis que je suis faible ?

Parce que, non, ça ne coûte pas "rien" à la structure de garder une nuit  un chien qui pourrait sortir à 18 ou à 20 heures (en garde, on ou en tous cas moi se préoccupe assez peu des horaires classiques).

Ça coûte en disponibilité du véto de garde qui va devoir sortir le chien, le nourrir, essuyer pipi et caca le cas échéant, qui devra rendre le chien à un moment où ça ne sera plus calme du tout (dixit la loi de Murphy) et aura la cage sale à mettoyer-désinfecter au moment où il en a besoin propre.

Ça coûte en énergie vitale du dit véto qui va passer du temps à disputer le dit chien qui chougne, aboie, gémit, hurle, caquète, pleurniche, etc etc, ça dépend des chiens. À noter qu'il n'y a qu'à la télé que vous verrez un véto prendre un animal hospitalisé dans son lit. Ou p't'être que c'est moi qui suis un véto trop nulle et dénuée de coeur.


Éventuellement, ça va coûter une injection de Stresssssnail si vraiment le dit animal est trop stressé et que c'est compatible avec la clinique.

Mais tout ça c'est des petits trucs qu'on n'est pas habitués à compter, qui ne se comptent pas d'ailleurs, et puis souvent on n'y pense qu'aprés. Donc oui, c'est sûr, je pourrais certainement facturer wouatmille chouias d'euros plus ou moins symboliques. Sauf que non je ne le fais pas et au fond c'est certainement trés bien comme ça.


Parce que quand comme là, il s'agit d'un chien au comportement de  chiot adorable et pataud  qui vous fait craquer parce qu'il demande des calins, se roule sagement en boule quand vous ne vous occupez pas de lui, dévore avec appétit deux gamelles de croquette (une petite le soir, une normale le lendemain matin, moi ça me fait plaisir les chiens qui se jettent sur la nourriture et mangent en battant de a queue avec enthousiasme) et accueille tout content les deux mêmes messieurs venus le rechercher, ben ça, ça fait partie des cas où on se dit que, non, vraiment, c'était plutôt un plaisir qu'autre chose d'avoir ce toutou au chenil.

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 14:18

Je rentre d'une journée de formation, intéressante, mais...

(mais il va falloir que je passe mille coups de fil et renvoie des documents pour me faire payer dans wouatmille mois, et ça me fatigue d'avance...)

(mais est-ce que j'aurai jamais l'occasion de mettre tout cela en pratique ?)

(mais est-ce que que c'est vraiment bon pour moi de continuer à graviter en périphérie de cette société où j'aurais sans doutes tellement aimé rentrer mais c'est maintenant plus possible. Moi et mon esprit de corps, mon désir d'intégration, c'est parfois dur d'être la roue de secours.

Enfin de toutes façons, c'est là-bas comme partout, avec des problèmes spécifiques et ci et ça.


Reste que quelles que soient mes avancées, parfois je me prends de plein fouet l'impression d'être passé il y a longtemps à côté de moi-même et que quoi que je fasse tant de portes ouvertes il y a des années débouchaient sur des territoires aujourd'hui inaccessibles. Et où je (crois que jeme sentirais tellement mieux.

Ceci dit, regarder ailleurs et se dire qu'on y serait mieux est fondamentalement décourageant et contre-productif. Regretter ce qu'on a loupé, idem.

 

 

 


 

 


D'ailleurs, tout le monde, quelle que soit sa place sur terre / dans la société, a loupé des portes à un moment ou à un autre. S'appesantir là dessus, regretter, avoir des remords, est stérile.

Donc avancer.


Le bon Dr Docteur mon médecin traitant m'a récemment prescrit un bilan sanguin de cinq pages (de résultats, la demande d'analyse, elle, ne comportait "que" environ une vingtaine d'items) quand je suis passée le voir pour mon certificat d'aptitude médicale à la plouferie.

Je suis retournée le voir avec les résultats parce que je me questionnais un peu sur le taux de potassium qui sortait un peu de ses bornes des limites. Mais le dr Docteur ça l'a pas plus perturbé que ça, par contre il m'a fait remarquer que j'avais plus du tout de fer et que ça pouvait expliquer que je sois fatiguée.

—  "Mais vous en avez déjà  pris, du fer, non ?"

—  "Ben oui, y'a deux ans, vous m'en aviez prescrit..."

—  "Et vous ne le prenez pas ?" (Regard étincelant du médecin qui choppe son patient en flagrant délit d'inobservance et dont le capital patience, un vendredi soir à 18 H 30 avec encore 4 personnes dans la salle d'attente, est aussi bas que mon taux de fer.)

—  "Ben si, Docteur, je l'ai pris pendant trois mois comme vous aviez dit, et puis aprés, vous ne m'aviez pas donné d'instructions..."

 

Là, curieusement (stupéfié par tant de stupidité ? Se disant qu'aprés tout il avait sa part de responsabilité ?), il a préféré ne plus rien dire et m'a represcrit du fer pour trois mois.

Au délà de l'absolument inintéressant de cette anecdote, je rigole doucement et je m'énervouille un peu. À la Vieille Maison, on m'avait enseigné à TOUT écrire sur les ordonnances : à bien des égards,  ce qui est dit s'envole, les écrits restent.

Et puis je note que même quand le véto que je suis dis (aux propriétaires de mes) à mes patients qu'ils doivent me donner des nouvelles ou revenir à la fin du traitement, bien souvent, ils ne le font pas.

 

Et puis p't'être que je dois comprendre que je dois, soit modifier radicalement mon alimentation pour y chopper plus de fer, soit admettre que je suis chroniquement carencée en ledit élément donc que je "dois" me traiter de façon chronique ou récurrente, mais je suis censée comprendre ça toute seule ? C'est vrai que je suis véto, donc bien évidemment d'une intelligence supèrieure, (je plaisante of course) !

 

Mais en fait non : je suis moi-même un patient lambda, ni plus intelligente ni moins qu'un autre, d'autant que sur ce type de thème, je n'ai pas de "point de repère" issu de ma pratique, qui m'aurait permis de me méfier. Alors si mon médecin ne me donne ni ne m'inscris  d'instructions précises ?   Et là c'est pareil : le bon Dr Docteur, il m'a represcrit du fer pour trois mois, mais c'est à moi de comprendre que dans trois mois il faut que je repasse le voir. La communication, ça ne s'invente pas, et je suis bien consciente que chacun voit midi à sa porte. D'un autre côté, c'est lui le professionnel. M'enfin si je ne le fais pas, c'est bien moi qui au final en suis responsable et en "pâtit".

 

Mon médecin traitant, il est bien pour des tas de choses, moins bien pour d'autres, mais j'ai plus besoin de lui que lui de moi.


C'est vrai que maintenant qu'on en cause, je suis fatiguée.

 

Mais là, j'ai deux semaines de vacances (on se demande pourquoi je suis fatiguée, hein, à ne rien f... comme ça) et aprés je me remets à l'eau. Je ne suis pas sûre, la balance gémissant un peu actuellement, de rentrer dans ma combi, et l'eau va être froide, mais j'ai hâte.

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 22:28

C’est Fondant au chocolat le chat de la clinique qui est content : il a squatté ma couette  quasiment toute la nuit.

Je me suis couchée après la première consultation d’urgence et j’ai cherché le sommeil.  Fondantchoco1

La dernière fois, je croyais que c’était à cause de mon sac de couchage trop étroit que j’avais eu du mal à m’endormir.

 


Là j’ai pris ma grande couette douillette qui pliée en deux fait un sac de couchage de grand luxe, pourtant j’ai toujours du mal à dormir. Mon nez et mes yeux me piquent, il doit y avoir trop de poussière en suspens  dans la chambre de garde aménagée sous les combles de cette vieille bâtisse et j’ai du mal à respirer.

À 23 H 10 très exactement, au bout de trop peu de minutes de sommeil le téléphone de la clinique a sonné et j’ai écouté le silence. Le répondeur devait être en train de préciser « et en cas d’urgence seulement, vous pouvez contacter le vétérinaire de garde au ..  ..  ..  ..  .. »

Appelleront, appelleront pas ? Quelques minutes plus tard, je somnolais déjà quand le portable a sonné.

À mon retour suivant dans la chambre de garde, Fondant au chocolat était tranquillement étalé au beau milieu de la couette, la tête sur l’oreiller. Je l’ai poussé un peu  pour trouver une place. J’étais à peine couchée qu’il progressait délicatement vers mon oreiller et je me suis retrouvée avec un chat dans les bras et un véritable moteur dans les oreilles.

 

Fondantchoco2

 

Une torsion d’estomac sondage laparotomie splénectomie gastropexie plus tard (enfin, moi j’ai fait la splénectomie et recousu, mon patron a fait la pexie et le ménage tandis que je cousais), je retrouvais ma couette et mon Fondant au chocolat confortable comme à la maison et il s’est de nouveau lové contre moi en ronronnant comme une locomotive.

 

À 7 H 30 quand le portable a sonné, j’ai émergé comme d’un coma le cheveux de travers, le dos raide avec l’impression que je venais de m’endormirce qui n’était pas si faux tandis que mon european tabby  s’étirait tranquillement et descendait du pas souple du félin bien reposé les marches de l’escalier de bois.
« Surtout, ne dis pas merci pour la couette et l’oreiller… » (ça c’était avant d’apprendre que l’ironie ne sert à rien) mais si une partie de son anatomie m’a entendue, ce ne pouvait guère qu’être l’orifice de sortie situé sous son appendice caudal fièrement dressé…

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 15:00

Ah-heum.

Aujourd'hui, chers lecteurs dont le nombre ne cesse d'augmenter m'est inconnu, j'ose même pas regarder mes statistiques, t'tes façons, si je cherchais à être célèbre, je crois qu'il faudrait que je m'y prenne différemment

 

Aujourd'hui, disais-je donc, un petit sondage vous est proposé.

Je raconte une histoire et vous cochez  la proposition qui correspond à votre réaction putative.

Si rien ne correspond, vous avez le droit d'inventer une case "C" et la réponse correspondante.


La plus drôle gagnera pas grand chose, une jolie carte de ma blanche griffe manucurée de frais peinturlurée n'importe comment. (Tu m'étonnes que j'ose pas lire mes statistiques si c'est tout ce qe je propose pour motiver les gens à répondre à mon malheureux sondage).

 

L'histoire :

Vous êtes une brave dame, à la voix, 40-45 ans au compteur (les messieurs ont le droit de jouer aussi, imaginez imaginez).

On est dimanche soir (pas lundi ou mardi ou samedi, hein), et il est minuit et demi (pas 18 heures ou 21 heures, hein.)

Vous avez un rat des villes (comprendre un chien de moins de 10 kg, non, non, je ne suis pas raciste) qui vous inquiète parce qu'il a, disons, de la diarrhée depuis quelques heures, il n'a plus rien à émettre mais il pousse et il a mal.


Vous appellez votre vétérinaire dont le répondeur vous dit en cas d'urgence et en cas d'urgence seulement de composer le "" "" "" "" "" "" pour avoir le vétérinaire de garde.


Au téléphone, une voix de femme qui dit peut-être "urgences vétérinaires bonsoir", ou peut-être seulement "allo, oui ?", vous commencez à raconter ce qui vous préoccuppe et au bout de plusieurs secondes, la véto de garde, puisque c'est bien elle dont il s'agit, vous interrompt "excusez moi madame, est-ce que vous pourriez recommencer depuis le début ?"

 

Donc vous reprenez l'histoire de  votre rat, et vous précisez que vous souhaitez savoir ce que vous pouvez administrer au rat pour le soulager (parce que vous ne le dites pas mais on est dimanche soir demain matin votre véto rouvre ses portes et vous ne voulez pas payer une consultation d'urgence, juste savoir comment soulager votre chien).


La véto vous pose deux-trois questions et vous dit qu'elle ne pratique pas la médecine par téléphone, si vous voulez qu'elle fasse quelque chose pour votre chien il faut lui amener en consultation.


Vous repartez tel un train sur ses rails à lui raconter les symptômes de votre chien et ce que vous lui avez déjà administré comme médicaments et la véto reprend sur ses rails à elle parce qu'elle ne le dit pas mais elle n'en a pas grand chose à foutre de ce que vous lui racontez puisque tout ce qu'elle peut faire de constructif c'est examiner le chien et lui administrer elle-même des médicaments.

 

Vous finissez par lui dire "Bon, je vais voir comment ça évolue et si j'ai besoin, je vous rappellerai dans un moment."

Blanc au téléphone et puis la véto dit vivement "Mais je vous en prie, madame, surtout n'hésitez-pas à me réveiller une deuxième fois, je suis là pour ça !!"

 

Alors, là, vous répondez quoi, vous ?

 

—  Pas grand chose,

                   je raccroche et retourne au chevet de mon rat,

et je n'hésiterai effectivement pas à rappeller la véto,

                    parce qu'elle est effectivement là pour ça, t'tes façons, les vétos se font des couilles en or déjà en semaine, alors le WE à plus forte raison, ils peuvent bien répondre au téléphone

et j'en ai rien à f.... qu'elle travaille le lendemain, que le cas de mon rat ne soit pas une urgence à proprement parler et que ça ne fasse pas partie de son travail de pratiquer la télémédecine !

 

—  Je comprends le message à demi mot et m'excuse  ;

 

—  Je remercie chaleureusement cette véto vraiment trop sympa et serviable, lui assure que je n'hésiterai effectivement pas et raccroche d'un air ravi.

—  ...

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