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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 13:45

Bon avant les bonnes résolutions, une confidence.

Qui ne sert pas à grand chose vu qu'il n'y a pas grand monde à me lire mais c'est pas grave, c'est pas pire que de l'écrire dans mon cahier et je ne me sens pas d'en parler à qui que ce soit qui me connaisse en vrai.

Je suis retombée amoureuse (clic pour retrouver la première fois). Enfin, j'étais retombée amoureuse.

De mon collègue de travail (, et ...).

Parce qu'il est gentil, beau, et qu'il me fait rire. Pour le petit surnom tendre qu'il me donnait et ne me donne plus, il a senti je pense que mes sentiments pour lui n'étaient pas ce qu'il souhaitait.

Bon, je savais bien, hein, que ça n'était pas réciproque ou plutôt je m'en doutais.

Mais c'était pas si grave, parce que de toutes façons, j'étais pas trés sûre que ce soit un homme pour moi, entre maschisme affiché dont tu ne sais pas s'il est réel ou pas, difficultés à communiquer, impression qu'on n'avait jamais rien à échanger (beaucoup de timidité de ma part), impression que nos caractères étaient peut-être trop semblables pour réellement s'entendre.


Et puis aussi, je sais bien, depuis des années, que j'ai peur de m'engager, si peu que ce soit, peur d'aimer et d'être aimée, peur de me dévoiler et d'être repoussée, peur de perdre.

Donc voilà.


Lui il était célibataire.


Sauf qu'il a rencontré quelqu'un et qu'il a l'air amoureux, ça n'a pas l'air d'une partie de jambes en l'air pour une fois. J'en sais rien, t'tes façons ça ne me regarde pas.


Mais j'ai mal. J'ai mal de le voir soigner son apparence, j'ai mal de l'entendre raconter par devers moi mais j'ai quand même écouté entendu que la femme en question a un profil professionnel assez proche du mien (pourquoi elle et pas moi, bordel !).

J'ai mal de voir qu'il manque de sommeil -- inutile de se demander pourquoi, moi j'ai de nouveau perdu le mien, de sommeil, et l'appétit, ça avait commencé et puis je me suis reprise parce que déjà avec la fin de saison je compte mes côtes.

J'ai mal d'être tombée sur des mots qu'elle lui a écrit, honte de les avoir lus, mal de la douceur, de la joliesse, de la délicatesse qui s'en dégageait.

 

Des mots que j'aurais pu écrire, et lui écrire à lui.

 

Mal aussi de me dire sincèrement que j'espère qu'il ne la blessera pas, mais bon, ça c'est fugitif, aprés tout chacun ses problèmes.


Le mien à l'heure actuelle, c'est d'avoir mal. C'est de me demander pourquoi je reste toujours sur le côté de la route, pourquoi j'ai pas d'amis,  pourquoi c'est si long alors que quelque part, souvent j'aimerais disparaître par accident ou par maladie vite et bien et ne plus rester avec mes espoirs et mes incohérences, mes tentatives permanentes et un peu désespérées de m'accepter et de m'aimer telle que je suis et d'être en équilibre, mon incapacité à me réaliser au plan personnel.

Mon incapacité tant à construire quoi que ce soit qu'à y renoncer.


Sauf que là, quelque part, ça a un peu fait électrochoc et j'ai un peu (eu) peur de me perdre vraiment et de sombrer vraiment, quoi que ça puisse signifier.


Et autant souvent j'aimerais que tout s'arrête complètement, autant je ne suis pas capable de faire quoi que ce soit de délibéré et j'en ai assez de traîner mon mal de vivre.

 

Alors je me dis que, flute, il faut enfin que j'essaye de me construire une vie personnelle en dehors du travail, que je cesse d'attendre que les choses viennent à moi.

Problème, vu mon mode de vie décousu, pas facile de m'inscrire dans un club de danse ou d'échec ou de tarot ou de quoi que ce soit où je pourrais rencontrer des gens. Et puis de toutes façons, en théorie, moniteur de plongée, c'est un super plan, non ? Et ben non.

 

Alors je me suis dit que j'allais essayer de m'inscrire sur des sites de rencontre.

Que peut-être je trouverais des gens (des hommes, ne nous leurrons pas) avec qui échanger un peu par mail et ça me changerait les idées, et pourquoi pas boire un verre, avoir une aventure et plus si affinité.

Oui, je suis un peu tout ou rien, comme femme.


Et du coup je me demandais s'il y avait quelqu'un pour me conseiller un ou des sites en commentaire (qui ne sera pas publié car ce serait chercher les ennuis avec les sites en question) ou en MP ?

Je me suis déjà inscrite sur l'un de ces sites, qui fait de la pub à la télé, mais j'ai bien l'impression que si je veux avoir accés à des contacts personnalisés il va falloir que je paye et comment dire, c'est pas que ce soit exclu, mais bon, je ne vais pas non plus payer wouatmille inscriptions à wouatmille sites, quoi.

Donc si quelqu'un a des conseils, des avis, des expèriences à partager, promis, je répondrai même si je ne publie pas le comm.

Merci d'avance

16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:18

J'ai trois élèves en préparation pour le premier niveau de plongée autorisant de l'autonomie, c'est-à-dire de plonger sans encadrant.


A midi, quand on rangeait le matériel avec Dylane, Joline, la stagiaire pédagogique, m'avait parlé de deux d'entre elles qu'elle a eue ce matin, me confiant son découragement : les plongeuses en question n'ont que peu d'expérience en plongée, n'ont que pas plongé depuis des années, il est ridicule de les encourager  à passer le niveau supèrieur !

Je lui ai expliqué partager sa façon de voir (mais qu'en tant que salarié/stagiaire nous n'avons pas toujoyrs "la main"...), et que notre mission était simple en ce genre de circonstances : évaluer les élèves avec des critères précis nous permettant de leur prouver qu'ils ne sont pas au niveau, travailler avec eux pour se rapprocher du dit niveau même si on sait que dans le nombre de plongées prévues on n'y arrivera pas.

Ce aprés midi, j'ai donc les  trois, c'est-à-dire, ces deux-là plus celle que j'ai eue hier et qui a elle aussi un niveau technique plus que médiocre.

J'ai préparé une séance en fonction de ce que m'a raconté Joline et notamment prévu une remontée gilet.

C'est un exercice relativement simple dans l'absolu : on est sous l'eau à une certaine profondeur, on est stabilisé avec un certain volume d'air dans son gilet, on va initier une remontée en donnant deux coups de palme et en prenant une inspiration plus forte (poumon-ballast).

Quand on remonte la pression diminue donc les volumes d'air contenus dans le gilet et les poumons augmentent, ce qui a un effet "bouée" : il faut souffler plus que l'on n'inspire et purger son gilet pour contrôler sa vitesse de remontée.

Si un plongeur a été correctment formé et est à l'aise, une remontée individuelle se gère relativement facilement.

Là je me retrouve avec une plongeuse qui me suit à peu prés bien, une autre qui stagne trois mètres plus bas malgrés mes gestes, une autre à qui je fais signe de souffler et purger se retrouve en surface. L'instant d'aprés, l'une est au fond sur 15 mètres, la seconde trois mètres au dessus et la troisième tentant de redescendre me fait signe que ses oreilles lui font mal. Je vais l'assister en espérant éviter la rupture de tympan, essaie de faire remonter les autres qui me regardent et ne réagissent pas.

J'essaie d'enchaîner sur la suite du programme, mais on est dans l'eau depuis à peine un quart d'heure que l'une des plongeuses a séché sa bouteille d'air ou presque [c'est à dire qu'il ne lui reste plus que 70 bars d'air, ce qui nous laisserait quelques minutes de plus sous l'eau...] ; sauf qu'elle ne pense plus qu'à ça, inutile de tener un dermier pseudo exercice, je reviens au bateau dépitée, ça aurait pu être une plongée sympa et constructive .

Plus tard celle-ci vient me voir et m'explique qu'elle est stressée dans l'eau. Elle a l'habitude de plonger en mer chaude, sans combinaison, en eaux calmes. Là, la combinaison l'oppresse, elle ne paevient pas à gérer son lestage, son masque fuit ou est alternativement plein de buée.

Je ne dis pas grand chose, à quoi bon vouloir passer au niveau supèrieur quand on ne gère pas le niveau actuel ? Mais nous avons déjà eu cette conversation.

Et moi, tu crois que je ne suis pas stressée, quand j'ai simultanément à gérer trois accidents de plongée ambulants tels que vous ? [non, parce que, c'est vrai, je me sens capable de gérer pas mal de catastrophes si j'en ai une seule à la fois, mais trois c'est no possibility] J'oubliais, je suis moniteur, je ne connais pas le stress.

7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 08:11

Je n'ai pas replié mon canapé-lit depuis exactement dix jours puisque je n'ai pas eu de jour de congés depuis exactement dix jours.


Je fais toujours la vaisselle, recouvre le lit proprement de sa couette et range la salle de bain au quotidien, mais au bout de dix jours sans passer le balai (bouh, pas bien), hum hum, il serait temps d'y passer un bon coup de propre. Ce sera pour aujourd'hui puisque je suis OFF.

Ça, et puis des courses, et m'acheter mon cadeau d'anniversaire, du parfum, et puis j'aimerais m'acheter des livres, aussi.


Il y a des années, mon cousin m'avait offert un flacon de parfum qui initialement ne m'était pas du tout destiné.

Au départ, j'avais conservé le flacon simplement parce que c'était le seul cadeau que j'avais jamais eu de ce  cousin et peut-être aussi parce que je me moquais de moi-même, faut-il être cruche pour être reconnaissante d'un cadeau par défaut, mais je détestais la fragrance. Et puis un jour je me suis mise à l'aimer avec la même ardeur  et je me moque toujours de moi-même pour l'attachement que j'ai envers ce souvenir de ce cousin que je ne vois plus.

Et puis un jour il a cessé d'être en vente (le parfum, parce que le cousin n'a jamais été à vendre). Bien dépitée j'ai été.

Et puis récemment il a été réédité. Un vrai cadeau ce sera d'en racheter, mais je dois me dépêcher.


Envie d'écrire dans mon cahier, des petites choses, ces moments où je réalise combien j'ai progressé, ces moments de fierté intense, précieuse, un peu dérisoire souvent et fugitive, ces moments où je patauge, encore et toujours.

Des petites choses, mais comme le dit Stockholm, ce sont elles qui sont importantes.

Écrire pour débriefer, écrire pour garder la trace et ne pas reproduire, ou pouvoir, au contraire, refaire, écrire parce que je n'ai personne à qui raconter (et même si j'avais quelqu'un dans ma vie, je ne suis pas sûre que je lui raconterais toutes ces petites choses.)

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 12:06

Hier quelqu'un (Buriné pour ne pas le citer, un moniteur qui vient parfois nous donner un coup de main, bel homme au look roost, à la gentillesse non dissimulée et à la finesse d'esprit indubitable)  me demandait ce que représentait mon tampon de moniteur.

J'ai expliqué que j'étais partie d'une sillouhette d'hypocampe, auquel j'avais donné un look de dragon et ajouté une corne.

Il a souri et m'a demandé ce qu'en pensait ma psy ? J'ai rigolé et menti que je n'avais pas de psy.

C'était un mensonge partiel car j'avais vu un psy, y'a longtemps, quand le toutou était mort et que j'avais réalisé combien il était le seul être que j'aimais, avec lequel j'avais tissé des liens uniques et combien c'était [pas normal [mais qu'est-ce que la normalité ?] de n'avoir qu'un chien dans sa vie et que j'avais eu un peu  peur de sombrer à son décés.

Mais c'était  avant mon tampon de moniteur. Avant la plongée, aussi.

Il (Buriné) voyait bien à quoi renvoyait le dragon (je ne l'ai pas détrompé mais il n'était pas super proche de ce qu'évoque le dragon à mon imaginaire personnel) et la licorne, mais pourquoi le cheval ?

je lui ai dit, en deux mots, nous avons ri ensembles et nous avons convenu qu'avec un peu d'imagination, on pourrait recréer l'Atlantide.

31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 10:37

J'ai posé l'ancre de Fée des sept mers sur la face sud de l'île de toutes les plongées et nous avons fait ce que nous avions à faire, c'est à dire, plongé.


Je fais l'appel, toutes les palanquées sont remontées, alors on remonte l'ancre et puis on s'en va.

Harthur quant à lui est toujours mouillé sur la roche des barbus et ça fait un moment qu'en attendant mes plongeurs, je le regarde. Ça a l'air calme à son bord, et on n'entend rien à la VHF...

... Pour autant, il s'agissait pour eux d'une plongée profonde (qui dure toujours moins longtemps qu'une plongée dans la zone des 20 mètres) avec des plongeurs expérimentés qui mettent toujours moins de temps à se préparer que les débutants.

... Et puis eux, ils avaient le pilote-DP, Loup-Alpha, en sécurité surface, tandis que moi, j'ai dû assurer la sécu en attendant le retour d'un autre moniteur avant de partir moi-même plonger tandis que lui prenait le relai.


Bref, Harthur  aurait dû lever l'ancre et rentrer bien avant nous.


... en plus ces dernières semaines, les deux bateaux ont alternativement présenté des défaillances moteurs nous obligeant à remorquer alternativement l'un avec l'autre...

Loup-Alpha est expérimenté et fort capable de gérer toute situation, mais finalement, alors que j'ai quitté mon site depuis bien 500 mètres, je craque et l'appelle.

—  "Tout va bien ?"

Sa voix est joyeusement ironique

— "Tout va trés bien, j'en ai juste deux qui sont en train de mourir au palier."

—  "....  hein ???"

—  "Non, laisse tomber, Dragon d'eau, je te raconterai, mais rien de grave, tu peux remonter ton ancre et t'en aller" me dit-il en riant, comme si je n'avais pas  déjà procédé à ces deux étapes et n'étais pas  déjà à mi chemin du port.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 13:26

Ce soir y'a plouf de nuit ; j'assiste à un embryon de discussion entre Lepatwon et Mischaël et comprend que celui-ci espérait un peu que Lepatwon sortirait les plongeurs et que ce dernier n'en a pas l'intention.

Je sais que Mischaël est fatigué là où je me sens certes pas au top mais en forme et puis ça m'exaspère (1) de penser qu'automatiquement ce soit lui qui doive trinquer puisque Trois-pommes a prévu de partir, lui qui est en congés demain.

Mischaël est en train de dresser le planning du lendemain, Patwon et moi le regardons faire (c'est ça la France : un qui bosse et au moins deux qui regardent ;-) ) et Mischaël plaisante qu'il échange je-ne-sais-plus-quelle-mission avec la plongée de nuit ; là, patwon fait remarquer que je peux aussi sortir les ploufeurs avec  Fée-des-sept-mer. Et puis il enchaîne sur autre chose, une autre plaisanterie mais c'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.

Un peu plus tard, je vais voir Mischaël, lui propose de prendre la plouferie de nuit, puisqu'il est fatigué, on ergotte un peu tous les deux mais puisque là ça passe sur Fée-des-sept-mers en terme de nombre de plongeurs, autant que je prenne, on ne sait pas s'il en sera de même une prochaine fois.

Il me dit, "OK, je prendrai la prochaine", et ajoute quelques conseils pratiques et sympas "ce soir tu peux laisser toutes les bouteilles dans le vestiaire et tu rentres chez toi direct (au lieu de les regonfler tout de suite aprés le retour de plongée NDLR), et puis si tu veux dormir un peu, tu peux  arriver un peu plus tard demain, y'aura pas de souci".

Il a terminé son planning, il va chercher ses affaires, me dit que j'ai une dernière chance de changer d'avis et le voyant prêt à partir, je souris : c'est gentil de sa part, mais je pense qu'il serait fort déçu que je lui dise autre chose que "non non, c'est bon, j'ai pris !"

 

Patwon quant à lui me précise quelles lampes je peux fournir aux plongeurs en cas de besoin, quoi leur facturer et me demande si je suis au point sur le briefing de sécurité et puis s'en va.

 

Par hasard, j'ai de quoi manger, alors je m'assois sur le muret qui donne sur la mer et mange tranquillement mon assiette sur les genoux.

 

Je vais rouvrir mon bateau que j'avais déjà préparé pour la nuit, installe dessus deux-trois trucs que le patwon m'a donné pour compléter l'équipement (car si Harthur est le bateau de Mischaël, Fée-des-seot-mers est plus ou moins mon bateau) et puis j'attends les clients, les fait payer, emmène leurs blocs au vestiaire.

Je suis toute seule et pour une fois je me sens vraiment opérationnelle.

 

Le site de plongée pratique pour les plongées de nuit est l'un de ceux où il existe un anneau de mouillage à 8 mètres et j'ai des amers précis pour trouver le dit anneau ; Patwon m'a conseillé d'envoyer Cireur pour amarrer sur l'anneau. Sauf qu'il fait nuit et que je ne vois pas mes amers.


Sur site, je cherche au sondeur ; le petit-flamand-rose me dit d'aller vers tribord mais je finis par lâcher le mouillage sur 10 mètres, ne trouvant pas mon anneau comme ça à l'aveugle.

J'immerge le scialume au dessus du mouillage, fait mon briefing, envoie mes ploufeurs sous l'eau et me retrouve seule sur mon bateau dans la baie, dans la nuit calme, le port, la ville et leurs lumières joyeuses pas trés loin.

Prés de moi, l'île de toutes les plongées, sur laquelle il y a beaucoup de moustiques : je me suis littéralement inondée de produit anti moustique avant et suis contente d'en sentir l'efficacité.

Un hélicoptère me survole à un moment, moi sur mon bateau dont les feux de nuit sont activés mais sur lequel j'ai éteint toutes autres sources lumineuses.

J'écoute de la musique en regardant les phares de mes plongeurs sous l'eau.

Je me fais un peu de souci, un moment, parce que Mischaël m'avait dit de me méfier du courant et de ne pas hésiter à changer de site si nécessaire et à regarder l'eau je me pose des questions, mais bon, ce qui est fait est fait.


Le couple de norvégiens a négocié une plongée d'une heure au lieu de 50 minutes préconisées par patwon, et arrive à 62 minutes mais je ne dis rien.

On rentre, je leur laisse rincer leurs affaires, je range les blocs dans le vestiaire, à 1 H 50 du matin je suis chez moi.

Quand j'émerge à 7 H, le cheveu et les neurones en vrac, je prends une bonne douche pour me réveiller.

Quand j'arrive, Mischaël a préparé mon bateau pour la journée et j'ai juste envie de l'embrasser pour cette gentillesse ; comme je ne suis pas sûre qu'il apprécierait, je me contente de le remercier.

10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 15:08

Lorsque je regarde mon cahier de l'an dernier, je suis surprise par la rancoeur et l'amertume que j'étalais dans tous mes écrits.


Pourtant  j'appréciais beaucoup Typhon (qu'au début j'avais pseudotté Vador) qui bossait avec nous dans l'équipe l'an dernier et qui a toujours été trés sympa, quant à Mischaël, je crois bien que c'est depuis la première année que j'ai envie de faire crac-boum-hue avec lui.


Mais l'an dernier, justement, y'avait Typhon, qui était sympa, travailleur, performant, et de plus un mec (comme quelqu'un me l'a fait remarquer récemment, la plongée est un milieu assez macho) et du coup Mischaël et lui s'entendaient bien ensembles, et moi j'étais la mascotte dont on plaisante gentiment et qu'on envoie à droite à gauche alors que j'aurais tellement voulu faire partie de l'équipe .


Je ne pilotais pas du tout Harthur  et même avec Fée des Sept mers, je n'étais pas à l'aise. S'agissant de choisir des sites de plongée, c'était la cata, et même en enseignement je n'étais pas expérimentée donc pas super performante.


Donc l'an dernier j'ai fait beaucoup de petits niveaux et me suis beaucoup morfondue en espérant faire autre chose, et ai développé beaucoup de rancoeur à ces sujets.


Cette année, dans l'équipe de moniteurs diplômés salariés, il y a Mischaël, Trois-pommes et moi. Trois-pommes est lent, a du mal à travailler au même rythme et de la même façon que les autres et ne fait pas réellement d'efforts à ce sujet, ce qui fait que des anticorps sont en train de se développer en Mischaël à son encontre, et en moi aussi.


Ce qui fait que du coup Mischaël compte plus sur moi et me manifeste plus d'attention et de gentillesse (en revanche s'il y a une chose que je me reproche c'est mon manque de maturité affective et mon impression d'avoir des côtés "je suis un petit chien en manque d'affection").

Par ailleurs, je suis devenue, par petites touches, et parce que l'expérience se met progressivement en place en moi, avec la confiance, plus performante, ce qui fait qu'il peut maintenant me confier plus facilement des plongées plus techniques et me faire confiance.


Et puis j'ai commencé à piloter Harthur, d'abord en pleine mer sous la direction de Mischaël puis pour sortir du port, puis parfois pour y rentrer ou une prise de coffre.


Ça peut paraître bizzare, mais je trouve Harthur, vedette accueillant 30 personnes, plus facile à piloter que fée des sept mers qui est un petit semi-rigide. Il est plus réactif, plus facile à faire changer de direction. Plus gros évidemment aussi, et la manoeuvre d'entrée dans la place est plus difficile. Mais l'un dans l'autre j'aime bien. [Et je suis mais carrément super fière de moi quand tout s'est bien passé et qu'en récapitulant je  réalise que j'ai bien positionné mon bateau, largué trois-pommes et ses plongeurs sur 25 mètres, attendu qu'ils se soient éloignés, posé mon mouillage, relevé mon mouillage, rentré Harthur au port... Sans stress, sans anicroches... pour moi qui ai rencontré la mer aussi tardivement dans ma vie, c'est une grande réussite, d'ailleurs trop peu fréquente mais encourageante].

 

Sauf que décidément je resterai toujours la même et aussi peu que la présence du patron sur le bateau m'intimide, autant celle de Mischaël m'inhibe et me porte à d'inconscientes manoeuvres d'auto-sabordage pitoyables qui font se demander quel âge j'ai dans la tête.

Nonobstant ceci, en tous cas, décidément, cette année, je me sens mieux, même si évidemment tout n'est pas tout rose tout le temps non plus.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 09:40

Je me lêve tôt, généralement je mets trois réveils dans l'idée de paresser entre les trois parce que je me rendors facilement le matin et que j'aime cette sensation de sommeil dilué, tranquille.

Sauf que généralement je saute du lit dés la première sonnerie en m'encourageant d'un "lève-toi, et brille", parce que j'ai envie d'aller aux toilettes / besoin de me réveiller sous la douche (quitte, en cette saison, à me rendormir sous la couette aprés, cherchez l'erreur) / super faim / besoin de me préparer à manger pour la journée avant de partir / besoin de partir plus tôt que d'habitude / besoin de m'épiler avant de partir.


Je ne fais même pas mon lit, à peine si je tire la couette mais inutile de replier le canapé lit, quand bien même déplié il occupe 80 % de l'espace vital, puisque je ne reviendrait pas d'ici le soir et que pour le peu de temps que je vais passer ici, j'ai juste besoin de pouvoir m'asseoir avec mon assiette sur les genoux.


Je pars tôt, mais pas toujours aussi tôt que je voudrais.

Arrivée à Ys, je cherche une place gratuite et la trouve généralement.

Si j'ai travaillé la veille, je sais quelle est mon affectation du matin et des fois je tire une gueule pas possible tout en me disant "mais arrête de faire la gueule, un peu de maturité que diable", préparer fée-des-sept-mers pour la journée, monter la voiture qui sert à transbahuter toutes les bouteilles de plongée. Des fois je m'occupe aussi de Harthur, quand j'ai besoin d'y prendre mes affaires de plongée ou quand Mischaël n'a pas bossé la veille et que je veux lui rendre service mais s'il y a un truc que j'ai appris à son contact et que je commence à savoir un peu appliquer, c'est de faire mon taf avant d'aider les autres dans le leur.

J'aime ce moment où je suis toute seule avec le bateau, comme j'aime le fait de travailler dans un club de plongée, sur un bateau, en mer.


J'ai le sentiment d'être en permanence dans le concret, dans le brut, dans l'essence de la vie. Les seules illustrations que je puisse donner à ce sujet étant des contre-exemples, comme ces moments où on écoute attentivement à la VHF, l'opératrice du CROSS gérant un accident (parfois accident de plongée) et demandant si le coeur circule, s'il il y a prés de la victime un secouriste en train de pratiquer le massage cardiaque et où on réalise que c'est un club de plongée voisin, qu'à quelques km d'ici il y a quelqu'un qui l'instant d'avant remontait de plongée et se trouve maintenant entre la vie et la mort, comme ces moments où on commence à regarder sa montre parce qu'on attend des plongeurs, qu'il y a de la houle et du courant et qu'on se dit que d'ici dix minutes, il faudra lever le mouillage, partir dans le sens du courant les chercher, peut-être déclencher les secours.

Être vétérinaire, pourtant c'est tout aussi voire beaucoup plus (???) concret, mais je n'ai jamais ressenti la même chose. C'est peut-être parce que, encore et toujours, j'ai le sentiment que si j'avais été la même personne, alors, je serais devenue tout autre chose que vétérinaire.

 


La journée file souvent trés vite et arrive le moment de partir, faire quelques courses avant de rentrer, manger, manger manger (la triple répétition soulignant l'urgence limite hypoglycémique) et puis me coucher télé allumée que j'éteindrai dans la nuit sans avoir, lorsque tout va bien, rien vu des séries du soir.


Je me dis souvent que j'aimerais  sortir un peu plus, voir des gens, profiter de ma vie, et en même temps je n'ai pas le sentiment de ne pas en profiter.


Je suis routine parce que je sais que je vais bientot changer de vie de nouveau. J'angoisse d'ailleurs un peu à ce sujet : que ferai-je passée cette saison ? Que ferai-je l'an prochain ?

Mais je commence à réellement comprendre que c'est ma vie, elle est comme ça parce que je suis comme ça et il me faut apprendre à vivre l'instant présent, à profiter du bon en sachant que sur le long terme le moins bon s'écarte de toute façon de ma mémoire.

À quoi bon se morfondre à l'avance, je trouverai un autre point de chute, un autre lit, d'autres routines.

5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:33

J'émerge de l'eau aprés mon troisième baptême et compte tenu de la balance "moniteurs — baptêmes d'adolescents de cette colonie de vacances", c'est bon pour moi, je peux sortir de l'eau.

Et ça m'arrangerait bien parce que je suis fatiguée et que ma tendinte au talon d'achille s'est réveillée.

Mais le Petit-flamand-rose qui nous envoie les baptêmes me désigne une ado assise sur le boudin de Fée-des-sept-mers  en me disant que c'était pour moi, qu'elle a demandé à plonger avec moi, oui, moi personnellement, moi-même.

Et flute...

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, je fais connaissance avec la petite demoiselle qui s'appelle Éllinëlle et me dit avoir  la frousse.

Prendre le temps de discuter avec elle en surface, de la mettre en confiance, de la faire ballader en surface avant de s'immerger.


Nous  remontons une fois parce que ses oreilles ne passent pas et puis ensuite nous nous  balladons un moment sous l'eau.

Elle tient son détendeur d'une main et répond avec appliquation à mes signes et me fait OK d'un air "ah oui, c'est génial" quand je lui montre un joli poisson.

Quand nous  sortons elle est toute contente, me remercie joyeusement, me dit que c'était génial et qu'elle avait tellement peur avant d'y aller.

L'une de ses copines arrive et me dit qu'elle doit me faire la bise, que c'était tellement génial de faire son baptême avec moi, et puis elles échangent joyeusement leurs impressions.

C'est bon, je sais maintenant pourquoi Ellinëlle a demandé à passer avec moi personnellement.

Je ne sais pas ce que j'ai fait de si spécial (sans doute rien de plus que mes collègues masculins) mais ça fait plaisir de voir ces petites contentes de leur baptême.

27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 10:25

Alors, oui, bon, du titre à la conclusion, y'a surtout un long déballage probablement pas trés intéressant.

À moins que le titre ne soit "comment j'ai testé les urgences pour la seconde fois de ma vie et comment j'ai besoin d'en parler parce que même si au final c'était rien ben pour moi dans ma petite vie ça n'a pas été si simple que ça".

Bref.

Il y a deux mois, à l'étranger, j'ai attrapé un rhume, et puis au bout d'une semaine, comme ça passait pas, que j'étais pas en forme, avec du mal à respirer par mon nez pris, j'ai été consulter, et le médecin m'a mise sous antibios en me disant que c'était une belle sinusite.

On s'en fout un peu, hein ? Oui, la suite aussi, en fait.

Et puis j'ai repris froid récemment, parce que l'eau était froide, froide, froide, et un aprés midi, j'ai carrément pas pu plonger, les sinus bouchés ne passaient pas.


Le lendemain j'étais dégagée en congés avec mission de me soigner et j'allais chez le médecin à qui j'ai demandé un traitement de cheval puissant parce que je ne peux pas ne pas plonger, vous comprenez, docteur,  mais il était un peu dubitatif mon docteur et il m'a bien demandé de le tenir au courant.

 

La semaine ça a été à peu prés même si mes sinus craquaient et que je saignais du nez en sortant de l'eau, et puis en fin de semaine, ma plongée du matin s'est bien passée, mais le soir en remontant, du palier de principe à la surface, j'ai eu l'impression que tout explosait dans ma tête, mon crâne, ma face, ma nuque, je ne savais même pas dire d'où venait la douleur mais comme j'étais pilote du bateau et responsable, j'ai serré les dents.


Le lendemain matin, mon collègue de travail m'a à peine jeté un coup d'oeil avant de me dire devant le patron que j'avais l'air mal en point mais le patron à qui j'avais déjà signalé la veille au soir que je ml'étais sentie pas bien en sortant de l'eau s'en foutait apparemment complètement    ; ce matin là j'ai pu rester en surface mais j'ai dû plonger l'aprés midi avec ces douleurs assez affreuses et le soir j'étais aux urgences.


En bord de mer, contrairement à ce qui m'était arrivé il y a maintenant quelque 5 ans, dés que j'ai dit que j'étais plongeuse, j'ai été emmenée en salle de déchoquage.

 

J'ai tenté de protester, j'étais pas en train d'agoniser, et puis je me suis dit OK, laisse les gérer, c'est leur taff et ils ont autre chose à f... que discutailler avec leurs patients.

J'ai été examinée puis j'ai vu un jeune médecin qui m'a faite passer dans un boxe classique en disant aux infirmières ou AS de reconditionner le déchoquage puis m'a demandé pourquoi j'étais là aux urgences.

Question qui tue.

Y'avait mille réponses.

(1) Parce que je me sens super mal et je vous en prie faites moi une injection une anesthésie coupez moi ce qui fait mal (la tête) mais faites cesser ça.


Parce qu'on est le soir tard et que je ne sais pas où et comment consulter un médecin généraliste d'astreinte ni où et qu'en plus je préfère vraiment être dans un centre hospitalier..

Parce que même si objectivement je ne pense pas que ce soit le cas, je me demande quand même si il n'y a pas un risque d'accident de décompression (ADD) ou de quelque chose d'autre de pas net et que c'est pas dans un cabinet  médical qu'on peut diagnostiquer ça alors que vous vous avez toute la technologie nécessaire pour tout faire comme examens et soins et vous êtes aussi à côté du caisson de décompression en cas de besoin.


Mais j'avais devant moi ce  jeune médecin et son air poliment fermé et j'avais l'impression qu'"il" estimait que je le dérangeais pour quelque chose qui ne le méritais pas.

Et moi aussi j'estimais un peu que c'était le cas, et j'avais aussi un peu honte parce que la veille au soir, si je m'étais super dépêchée et que je n'avais pas eu peur d'arriver juste à la fermeture et de le déranger et puis j'espérais que ça passerait, j'aurais pu passer chez mon médecin en sortant du boulot mais je l'avais pas fait et du coup je me retrouvais à engorger un service d'urgences le soir tard mais en même temps j'avais tellement mal et  je ne pouvais pas savoir si il n'y avait pas réellement quelque chose qui nécessitait des examens et des soins intensifs.


Alors j'ai pas su m'expliquer. De toutes façons, va t'expliquer quand tu te sens minable, vrillé par la douleur, que tout ce dont tu as envie c'est t'effondrer en larmes et supplier (voir paragraphe (1)) mais tu as encore trop de fierté en toi pour le faire ?


Aprés le premier médecin en a fait venir un autre qui m'a longuement interrogée sur mon protocole de plongée et de décompression du jour et m'a dit que pour lui c'était cohérent et que l'ADD paraissait à exclure et ce second médecin m'a laissée entre les mains du premier.

Qui m'a prescrit un anti-douleur, trois comprimés par jour.


Et là de nouveau, j'ai eu envie de m'effondrer et de supplier. Parce que cet anti-douleur, j'en ai déjà pris, je trouve qu'il ne me fait pas d'effet, moins en tous cas que ceux que j'avais pris depuis la veille.


Parce qu'il me semblait que même si on estimait qu'il n'y avait "rien", la douleur venait certainement au moins d'un phénomène inflammatoire et puisque les anti-douleurs ne faisaient pas effet, est-ce que je ne pouvais pas au moins me voir prescrir un anti-inflammatoire ? Mais je ne suis pas médecin, moi, qui je suis pour discuter les prescriptions d'un médecin d'hôpital ?


Mais j'ai pas voulu, ni supplier, ni pleurer ; dans le couloir, le médecin m'a dit gentiment que ces médicaments étaient plus forts que ceux que j'avais déjà pris et je n'ai rien répondu.


Je me suis retrouvée dans la rue à chercher la pharmacie de garde en larmes parce que j'avais toujours mal et je savais que ça n'allait pas s'arranger.

Le lendemain était férié et je l'ai passé au lit à attendre : même en doublant les doses d'anti-douleurs (ce qui était possible compte tenu de la notice et de mon poids), la douleur était bien logée dans mon crâne, ma nuque, ma face, bref... et n'avait pas l'intention de céder.


Le surlendemain, j'étais à la première heure chez mon médecin qui me prescrivait un scanner, des antibiotiques, des inhalations ; dés les premières prises je me suis sentie mieux et ai noté dans ma tête avec ironie que soit y'avait un effet placebo du tonnerre de Dieu lié à mon médecin mais je ne crois pas soit  je m'étais bien plantée en allant aux urgences plutôt que chez, donc, mon médecin.

 

Mais ça, je ne pouvais pas le savoir à l'avance et même si moi j'ai eu l'impression (et je parle bien d'impression) que ce médecin des urgences m'a rapidement catégorisée comme quelqu'un qui encombrait son service et qu'il fallait dégager au plus vite avec un service minimal, et bien, chacun, médecin, véto, etc, fait de son mieux.

[Je tiens à dire que mon idée n'est pas de déprécier le travail de ce médecin qui l'a fait comme il/elle estimait qu'il devait être fait et effectivement mon état ne nécessitait ni soins intensifs ni examens urgents au sens d'urgence vitale en tous cas.]


Et donc, pour conclure, aprés quinze jours d'arrêt maladie [15 jours loin de l'eau, 15 jours loin du bateau, 15 jours loin de mes collègues, 15 jours à m'emmerder à la maison, 15 jours à me soigner avec sans cesse l'angoisse que ça ne devienne chronique et que je doive changer de métier, 15 jours où mes collègues ont galéré et moi je me tournais les pouces], en reprenant contact avec l'eau toujours froide, j'ai décidé de m'acheter une combinaison étanche.


Comprenne qui voudra.



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